The Apologists - Tade Thompson

The Apologists est une novella de Tade ‘Molly Southbourne’ Thompson, finaliste du BFSA Award 2025  (c’est mérité, ça mérite  même  mieux imho) . Elle est lisible là . Londres. Maintenant ? Bientôt ? Eve Stevens est une inspectrice de la police britannique. Elle vit avec Dane Russell, à l’évidence un artiste, peut-être un autiste. Alors que Dane travaille sur sa prochaine exposition, Eve est envoyée sur un double meurtre. La scène de crime est une maison. S'y trouvent une mère et sa fille. L’enquête commence. Eve s’y investit, au-delà même de son devoir. Phrases courtes au présent. Focalisation sur un point de vue. Primats des faits sur les sentiments. C’est le style qu’a choisi Thompson pour cette novella. Il est approprié. Dérangé d’abord par cette approche très minimaliste, le lecteur l’est encore plus quand il commence à réaliser que quelque chose ne va pas, que le monde d’Eve et Dane ne colle ni avec un maintenant connu ni avec un bientôt imaginable. Comme dans Les ...

Quelque chose de froid - Pelaez et Labiano


1936. Ethan Hedgeway, juif américain en dépit de son nom anglicisé, était l’un des hommes du parrain de la pègre de Cleveland Frank Milano. Il y a quelques années il l’a trahi et a donc été obligé d’aller faire profil bas à Bangor, dans le Maine, loin de la grande ville de l’Ohio dont tout ce petit monde est originaire.
Mais voici qu’Hedgeway est de retour en ville à la grande surprise de la police locale. Car même si Milano, à cause de la trahison qu’on a dite, est réfugié au Mexique depuis des années, ses tueurs sont toujours en ville, renseignés par les policiers corrompus qu’il paie pour l’informer.
Sous la surveillance lâche d’un des rares policiers locaux clean, Hedgeway semble accomplir une mystérieuse mission connue de lui seul, entre un hôtel qui ressemble à une Cour des miracles, les rues sordides et mal éclairées de la ville, et un Kingsbury Run où échouent les laissés pour compte de la crise de 29 et où sévit un tueur en série qui démembre ses victimes.

Quelque chose de froid est un bien joli album qui raconte une intéressante histoire. Dans le style assumé des films noirs (auquel est consacré un cahier final qui rappelle ces articles qu’on trouvait dans les publications pour la jeunesse ;-), Pelaez et Labiano offrent au lecteur une histoire prenante et sordide à souhait dans laquelle on se plonge bien vite.
Vengeance, vengeance, vengeance à tant de niveaux, solitude, regrets, femme fatale, faune interlope, épaves humaines, et même la folie qui peut saisir celui qui laisse la bride sur le cou à sa part d’ombres, l’amateur de films noirs trouvera tout ce qu’il aime dans cet album. L’hommage est clairement réussi – il y a même un clin d’œil final (et enfin explicatif) à la martyre Elizabeth Short. Scénaristiquement, c’est bien construit. Graphiquement, aussi, avec ces ombres structurantes caractéristiques du genre qui évoquent autant la ville du Faucon Maltais ou de Gilda que la Hell’s Kitchen de Daredevil.

C’est donc un très agréable album que ce Quelque chose de froid, premier one-shot d’une trilogie qui prévoit de revenir dans cet univers ailleurs et avec d’autres protagonistes, comme c’est le cas dans les séries anthologies. Je compte bien l’y accompagner.

Quelque chose de froid, Pelaez, Labiano

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