Moreno - Rebelka - Et lorsque ma vengeance s'abattra sur vous

Ici et maintenant. Le père Stygian (sic!) est un exorciste officiel du Vatican, un praticien néanmoins dont les méthodes ne sont pas celles de l’officiel De Exorcismis et Supplicationibus Quibusdam . Non, le père Stygian, lui, utilise un rituel datant d’avant même la fondation de l’Église Catholique. Mais, si motivé et déterminé soit-il, le religieux est vieux, fatigué, son temps est compté. Il est donc plus qu’urgent pour lui de former un successeur. C’est du moins ce à quoi l’incite fortement la hiérarchie vaticane, car lui-même n’est guère enclin à exposer un nouveau novice aux horreurs des entités démoniaques. Nolens volens , le vieil exorciste voit donc débarquer dans son presbytère de Puerto Cristina, la ville la plus méridionale du monde, un prêtre bien plus jeune que lui, le père Barrera. En disgrâce depuis un accident mortel ayant impliqué un nourrisson, rongé par la culpabilité et en quête d’une peut-être impossible rédemption, le père Barrera devient l’apprenti de Stygian. I...

Quelque chose de froid - Pelaez et Labiano


1936. Ethan Hedgeway, juif américain en dépit de son nom anglicisé, était l’un des hommes du parrain de la pègre de Cleveland Frank Milano. Il y a quelques années il l’a trahi et a donc été obligé d’aller faire profil bas à Bangor, dans le Maine, loin de la grande ville de l’Ohio dont tout ce petit monde est originaire.
Mais voici qu’Hedgeway est de retour en ville à la grande surprise de la police locale. Car même si Milano, à cause de la trahison qu’on a dite, est réfugié au Mexique depuis des années, ses tueurs sont toujours en ville, renseignés par les policiers corrompus qu’il paie pour l’informer.
Sous la surveillance lâche d’un des rares policiers locaux clean, Hedgeway semble accomplir une mystérieuse mission connue de lui seul, entre un hôtel qui ressemble à une Cour des miracles, les rues sordides et mal éclairées de la ville, et un Kingsbury Run où échouent les laissés pour compte de la crise de 29 et où sévit un tueur en série qui démembre ses victimes.

Quelque chose de froid est un bien joli album qui raconte une intéressante histoire. Dans le style assumé des films noirs (auquel est consacré un cahier final qui rappelle ces articles qu’on trouvait dans les publications pour la jeunesse ;-), Pelaez et Labiano offrent au lecteur une histoire prenante et sordide à souhait dans laquelle on se plonge bien vite.
Vengeance, vengeance, vengeance à tant de niveaux, solitude, regrets, femme fatale, faune interlope, épaves humaines, et même la folie qui peut saisir celui qui laisse la bride sur le cou à sa part d’ombres, l’amateur de films noirs trouvera tout ce qu’il aime dans cet album. L’hommage est clairement réussi – il y a même un clin d’œil final (et enfin explicatif) à la martyre Elizabeth Short. Scénaristiquement, c’est bien construit. Graphiquement, aussi, avec ces ombres structurantes caractéristiques du genre qui évoquent autant la ville du Faucon Maltais ou de Gilda que la Hell’s Kitchen de Daredevil.

C’est donc un très agréable album que ce Quelque chose de froid, premier one-shot d’une trilogie qui prévoit de revenir dans cet univers ailleurs et avec d’autres protagonistes, comme c’est le cas dans les séries anthologies. Je compte bien l’y accompagner.

Quelque chose de froid, Pelaez, Labiano

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