Gotham Central t4 - Brubaker - Rucka et al.

Quelques derniers mots pour signaler la sortie du tome 4 conclusif de la série Gotham Central . J'ai déjà dit tout le bien qu'on pouvait penser de la série . C’est absolument excellent, l’un des meilleurs comics policiers qu’on puisse lire, avec un Batman presque absent, ombre tutélaire qui protège la ville, surtout contre elle-même, et des policiers profondément humains qui tentent d’accomplir leur mission au milieu de la corruption et des destructions périodiques occasionnées par les guerres des super-héros. A Gotham, il faut encore plus de courage que dans le reste du monde pour sortir dans les rues avec un badge. Dans ce dernier numéro, on trouve réunies quatre histoires (+ en petit bonus la suite et fin des aventures de Josie McDonald avant son affectation à Gotham Central) . Loi naturelle montre la ville du point de vue d’un de ses innombrables flics ripous, devenu ici meurtrier. En voix off, il raconte sa misérable vie quotidienne, son manque d’empathie et son absence t...

Fables 5 - Willingham, Buckingham


Juste quelques mots pour signaler la sortie du tome 5 de l’Intégrale Fables en petit format chez Urban Nomad.


Après les préparatifs et les menaces du tome précédent, les Fables de Fableville décident de lancer la guerre sur le territoire de l’Adversaire afin de mettre un terme à un règne de terreur qui n’a que trop duré. C’est alors au bas mot 200 pages de conflit scénarisées par Bill Willingham et dessinées par Mark Buckingham qui sont offertes au lecteur.


On y voit tous les Fables sans exception (humains et non-humains) participer à l’effort de guerre, entre bombardements des portails transdimensionnels, combats au sol, protection d’un haricot magique changé en issue de secours et Fort Alamo à la fois. Alors que les combats font rage partout et que tous les acteurs importants des Fables sont à la manœuvre sur le terrain, Blue, assisté de sa cape magique de téléportation, sert de messager plénipotentiaire en faisant des centaines d’allers-retours entre les lieux et les protagonistes du conflit, chargeant, transportant, informant – un atout capital. Et donc peu à peu, pour la première fois depuis des siècles, l’espoir change de camp pour des Fables qui ont ajouté à leur magie la technologie découverte dans le monde des Communs et dont les Royaumes sont dépourvus.


Je ne veux spas spoiler plus mais disons que les stratégies mises en œuvre sont innovantes, que la victoire est amère à plus d’un titre, qu’à l’instar de GRRM Willingham n’hésite pas à sacrifier des personnages, que les vieux tyrans ne s’amendent pas plus facilement que les haines revanchardes ne s’éteignent, et qu’on y voit hélas que les effondrements politiques ont toujours des répliques nombreuses et parfois gravissimes.


Si on oublie les deux premières histoires du recueil qui n’ont guère d’intérêt narratif (même si une info importante est transmise de personnages à personnages dans la deuxième), le reste est passionnant, de la guerre totale à ses inattendues conséquences néfastes, de la Mission Impossible de Cendrillon aux problématiques exigences d’un transfuge, de la joie de la victoire à la tristesse du deuil.

On appréciera des images de guerre qui rappellent beaucoup Jack Kirby.

On verra l’inconstante Rose Rouge mise rudement face à ses problèmes et à sa responsabilité, et aussi – incroyable – Frau Totenkinder mise pour la première fois en difficulté.

On croisera – Willingham fait dans tout le recueil quantité de petites références amusantes – un tigre mécanique résister seul aux forces de l’Empire dans l’Inde magique de Mowgli ; un tigre appelé Lord Mountbatten citant le discours de Churchill pour exalter sa maigre troupe.

En guest, comme il y en a dans les séries télé, on rencontrera les invités Fafhrd et le Souricier Gris dont les malheurs navreront le plus endurci des lecteurs.


C’est lumineux, c’est vif, c’est toujours autant à lire pour ceux qui n’ont pas encore eu cette chance.

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