Les Bonbons d'Halloween - Michael McDowell

Fidèle à sa politique de vulgarisation de l'œuvre de Michael 'Blackwater' McDowell, Monsieur Toussaint Louverture propose encore une nouvelle gratuite à télécharger jusqu'au 6 mai 2024. Alors, presse-toi lecteur ! Les Bonbons d'Halloween est un texte basé sur le scénario de l'épisode 28 de la série Tales from the Darkside , diffusé pour la première fois en 1985. On y lit un récit qui a le caractère self-contained de ces petits épisodes fantastiques qu'on aime regarder à la télévision, un récit qui se conclut sur une chute assez imprévue pour être excitante. Les Bonbons d'Halloween , c'est l'histoire d'un très désagréable Scrooge américain qui n'aime rien ni personne et prend un malin plaisir à ne pas satisfaire les enfants d'Halloween qui viennent frapper à sa porte pour obtenir des bonbons. Mais tout à son atrabile, Killup, le sale bonhomme au centre du récit, a oublié que les enfants d'Halloween n'expriment pas une simpl

Les Morts bizarres - Jean Richepin


Les Morts bizarres est un recueil de très courtes nouvelles de Jean Richepin, initialement publié en 1877 et réédité chez L'arbre vengeur amputé d'un texte – Une histoire de l'autre monde – jugé par l'éditeur trop long pour l'esprit du recueil.


Aventurier, franc-tireur, romancier, poète, dramaturge, Richepin conjugua naturalisme et provocation dans une œuvre amusante et très caractéristique d'une certaine pensée de la seconde moitié du XIXe siècle. A lui, Léon Bloy dit : « En réalité, vous vous foutez de tout, excepté de deux choses : jouir le plus possible et faire du bruit dans le monde. Vous êtes naturellement un cabotin, comme d'autres sont naturellement des magnanimes et des héros. Vous avez ça dans le sang. Votre rôle est d'épater le bourgeois. L'applaudissement, l'ignoble claque du public imbécile, voilà le pain quotidien qu'il faut à votre âme fière. ». De lui, il dit qu'il était « la chrysalide du bourgeois vertueux ». Son œuvre la plus connue est La Chanson des gueux, qui sortit censurée et lui valut amende et privation des droits civils et politiques.


Les Morts bizarres, recueil naturaliste sous loupe déformante, est à la fois un précurseur de la chanson réaliste qu'incarnèrent Fréhel et Berthe Sylva et une sorte prémonitoire de Félix Fénéon, si ce dernier avait écrit ses Nouvelles en trois lignes en version longue.

Dans le monde de Richepin il y a de bons et de mauvais pauvres, des travailleurs et des fainéants, des bourgeois et des petites bonnes. Dans ce monde, on connaît aussi, plus souvent qu'à son tour, la prison ou le bagne. Sans oublier une guerre qui conditionna bien des destins funestes ni la Commune qui surplombe certains récits. C'est enfin un monde de littérateurs et de penseurs, qui rêvent de célébrité et ne l’obtiennent que rarement ou à trop cher prix.

On croisera entre autres dans ces pages un égoïste malchanceux, un assassin maladroit, un chercheur d'absolu, un écrivain raté qui devient assassin réussi (l'inénarrable Oscar Lapissote), un orphelin choyé par des biffins, un homme de lettres fat et sot, un chercheur métaphysique qui torture son corps – dans une machine qui évoquera celle de La Colonie pénitentiaire de Kafka – jusqu'à revivre l'expérience de Pascal, un assoiffé d'imprévisibilité qui rappelle par anticipation L'homme-dé de Rhinehart, un orphelin si malchanceux que du bien qu'il faisait ne sortait que du mal, deux veuves françaises et allemandes unies par les méfaits de la guerre.


Plein de références tant aux figures de l'époque qu'à la culture classique, les récits sont rapides, rythmés, toujours ironiques et très souvent drôles. Richepin croque avec une délectation perceptible des personnages aux limites de la caricature. Il les place tous dans des situations où l'univers s'acharne contre eux, les punissant quand nécessaire de leur fallacieuse croyance en leur talent ou en leur invincibilité.

Faits pour choquer autant que pour amuser, ces courts textes seront lus à grande vitesse, chacun donnant envie de lire celui qui le suit afin de prolonger aux dépens de héros malheureux ce plaisir coupable que les Allemands nomment Schadenfreude.


Les Morts bizarres, Jean Richepin

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