Cauchon - Dorison - Delahaye - Parnotte

Le 23 mai 1430, après un an de campagne militaire victorieuse, Jeanne d’Arc est capturée par les Bourguignons, alliés des Anglais, lors d’une sortie hasardeuse au siège de Compiègne. Vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg pour la somme de 10000 livres tournois, elle est conduite à Rouen afin d’y être jugée pour hérésie, entre autres chefs d’accusation dont le très scandaleux « port d’habits d’homme ». C’est l’évêque Pierre Cauchon qui a négocié cet achat pour le compte des Anglais, contre l’Inquisition qui voulait la juger elle-même. C’est Pierre Cauchon aussi qui présidera son procès, à Rouen, entre février et mai 1431 ; il s’agira, lors de ces audiences, de démontrer que l’inspiration de celle qu’on nommait « La pucelle » ne venait pas de Dieu et des saints mais bien plutôt du diable. C’est cette histoire que racontent Xavier Dorison, Louis-David Delahaye et Joël Parnotte dans l’imposant album Cauchon… ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc . A la lecture du mag...

After the Animal Flesh Beings - Brian Evenson


After the Animal Flesh Beings est une nouvelle de Brian Evenson, téléchargeable sur le site de Tor. Et c'est un véritable bijou.


Loin, loin, loin dans l'avenir. La biodiversité est tombée à zéro ou, pour le dire autrement, il n'y a plus d'être vivant sur Terre. Crap ! Mais il y a encore des êtres sentients, concrètement une communauté (au sens de Tönnies) de robots qui sont nos seuls descendants, abandonnés comme des enfants orphelins.

Ces enfants, dont la psyché ressemblent fortement à celle d'humains des temps proto-historiques, peuplent leur monde de légendes, de contes, de récits qui aident à comprendre le monde autant qu'à se souvenir de ce qui fut.

Ils forgent des mythes, une forme de cosmogonie, et, contrairement aux nietzschéens, assistent effectivement à la mort de Dieu.

Ils sont une forme de nous, encore habités par la naïveté de ceux qui veulent comprendre le monde sans avoir les outils pour le faire et que nous avons perdue dans la désenchantement du monde.


Ces robots se disent en cinq histoires qui ne s'adressent pas à nous mais à eux-mêmes :

L'une raconte comment « naissent » leurs « enfants » et interroge sur le la filiation qui existe entre ces robots et nous.

Une autre la difficulté à élever un « enfant » handicapé. Elle renseigne sur les limites de la communauté robotique.

Un troisième récit est une légende des temps d'avant. Elle montre comment la non-vie peut-être une vie. Ca peut s'appliquer au robot.

La suivante parle de manque, de perversion, d'horreurs. Elle crée dans l'imaginaire le croquemitaine que toute société propose à ses enfants.

La dernière enfin informe sur la mort de Dieu. Et l'espoir d'un retour voire d'une résurrection, cyclique comme le rythme des saisons.


Écrit dans une langue cristalline et émouvante, sur un ton qui dit la découverte du monde et la simplicité des sentiments et des questionnements, After the Animal Flesh Beings est un véritable bijou qui touche aussi fort avec des robots que le faisait, dans un tout autre genre, le Lifecycle of Software Objects de Ted Chiang.

A lire absolument. Et imho une revue au nom de pont-arc-en ciel devrait s'y intéresser.

L'avis de Feyd Rautha

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