le nain de Whitechapel - Cyril Anton

Londres, fin du XIXe siècle. Plus ou moins. Oscar est le fils cadet d’une famille de la bourgeoisie anglaise. Excellent pianiste, il a un aîné moins brillant que lui mais que ses parents préfèrent. Lui est le souffre-douleur. Il faut dire qu’Oscar est nain, objet de honte et d’opprobre dans un monde où la difformité est perçue comme le signe objectif d’une défaillance morale. Après des années de brimades et d’humiliations, Oscar est foutu à la porte, littéralement jeté aux chiens. Il est alors recueilli par Freddy, un noir veuf et pianiste qui l’emmène chez lui à Whitechapel et l’initie au jazz et à la blue note. Mais voilà qu’en ces temps un gang nommé Tabula Rasa assassine d’horribles manières ceux qu’il considère comme des indésirables, pauvres, handicapés, marginaux… Oscar, qui change alors d’identité, se lance dans la traque des membres du gang. Il initie aussi la construction d’une boule de neige géante destinée à protéger le quartier et ses habitants des agressions extérieures.

JLA : Crise d'identité - Meltzer - Morales

Tu sais sans doute, lecteur, que si j'ai lu les comics Marvel passionnément pendant des années, j'ai toujours été beaucoup plus circonspects sur les productions DC. Question de goût. Ce qui ne m'empêche pas d'y jeter de temps en temps un œil (et un gros si on pense à la saga Sandman). Nouvelle preuve ici avec la lecture de Justice League : Crise d'identité.


Sue Dibny, la femme de Ralph Dibny – le super-héros plus connu sous le nom d'Extensiman – a été assassinée. Pas le super-héros le plus puissant de la team, Extensiman est réserviste de la JLA. Il est aussi l'un des premiers supes DC a avoir révélé son identité secrète.

Ralph et Sue forment un petit couple simple et plaisant, aimés de tous tant à la JLA que dans leur entourage normal. Pas des monstres du calibre de Superman ou Batman, pas des stars telles que Flash ou Green Lantern. Ils sont simplement un super-héros de deuxième division et sa femme, unis à la vie à la mort et fidèles à leurs amis de la JLA qui le leur rendent bien. Et Ralph aime passionnément l'aimante Sue. Alors quand l'impensable se produit, tous les supes se lancent à la chasse au meurtrier. Une traque sans beaucoup d'indices sauf un suspect évident, une enquête terriblement difficile qui verra mourir d'autres de ses protagonistes et mettra à jour un secret très déstabilisant.


Crise d'identité est une série passionnante et vraiment réussie.

D'abord, c'est l'équivalent casting en comics du Jour le plus long. Une distribution impressionnante qui réunit entre les mêmes pages les membres de la JLA actuelle – c'est à dire les avatars actuels des archétypes héroïques, sans oublier dans le texte ceux qui portèrent les capes et tombèrent avant d'être remplacés par d'autres, on pensera ici par exemple à Hal Jordan ou Barry Allen –, ceux de l'Âge d'or avec la SDJ, ou encore d'autres groupes qui prennent moins la lumière tels que les Titans ou de nombreux réservistes et alliés. Il ne manque pas grand monde. Sous leurs projecteurs et leurs poings une grande partie aussi de leurs ennemis, membres des différentes leagues de villains qui peuplent l'univers DC ou agents indépendants. Un casting joliment utilisé qui fait plaisir à voir.


Ensuite, la série présente à chaque nouvelle apparition de personnages, les liens qui les unissent. Elle rappelle ainsi, ce qui est le point ici, que ces héros sont aussi des amis, des enfants, des parents, des conjoints, des amants, etc. Sous la cape il y a souvent un humain et toujours un être conscient, et donc un nœud de relations familiales, amicales, amoureuses. Le travail des héros a de l'impact sur d'autres qu'eux-mêmes, que ces derniers s'inquiètent pour eux ou qu'ils risquent de subir la vengeance d'un de leurs ennemis. Lors de la Crise d'identité, les héros se rapprocheront tous de leurs proches afin de les avoir à l’œil bien plus qu'ils ne le font d'habitude, on ne sait jamais qui pourrait les menacer en dépit même de toutes les mesures de sécurité prises par la JLA. C'est l’occasion pour eux de renouer des liens parfois trop négligés au profit du devoir, et même pour un villain de retrouver un fils délaissé.


Enfin, arrachée par les nécessités de l'enquête, une très choquante révélation est faite, qui déstabilise autant ceux à qui elle est énoncée que les lecteurs de la série. Un grand secret du même type que celui que cachait le monde de Terra Ignota : la perpétration secrète d'actes pas jolis jolis dans le but de préserver le bien commun au prix d'un lourd sacrifice éthique (il faudra lire, lecteur, pour le savoir). Cette brillante révélation rend l'univers DC à la fois plus riche et plus cohérent.


Et l'enquête dans tout ça ? On trouvera, on saura. Et là encore, la réponse sera aussi déstabilisante que choquante. Bouleversantes pour les personnes directement impliquées.


Très joliment dessinée par Rags Morales, Crise d'identité est une excellente série de Brad Meltzer, racontée par Green Arrow, que je ne peux que conseiller à tous ceux qui connaissent un peu l'univers DC. Urban Comics le propose à 7,90 dans sa collection de poche Nomad. Lecteur, tu ne risques pas grand chose à essayer.

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