Gromovar, coach lecture de l'été

L’été approche (je sais, ce n’est pas évident à l’œil nu) . Que lire cet été quand tu auras un peu plus de temps que d’habitude, lecteur ? Tu as plus de temps, c’est le moment alors de lire ce  Guerre et Paix que tu gardes toujours pour quand tu seras moins pris. Dans le cas improbable où tu aurais déjà lu Guerre et Paix , je peux te donner quelques conseils de secours, quelques lectures d’urgence pour tenir le temps d’aller à la bibliothèque chercher l’ Ulysse de James Joyce. First things first , si tu n’as que peu de temps et veux lire une bien belle histoire SF, une de celles avec lesquelles, normalement, on entre en SF comme en religion pour ne plus jamais en sortir, je te conseille La Marche funèbre des marionnettes d’Adam-Troy Castro. Tu as peut-être un peu plus de temps. Penche-toi alors sur Délivrez-nous du bien , un révoltant thriller de Joan Samson qui enflammera ton sens de l’injustice. Assez court encore mais plus propice à assombrir un été qui s’annonce radieux entre tr

La Battue - Rohan Wilson

BLOG EN MODE DÉGRADÉ

ON REFERA MIEUX QUAND ON POURRA MIEUX.

JUSQUE LÀ, LECTEUR, POUR ENCORE QUELQUES MOMENTS, IL TE FAUDRA ACCEPTER DE ME FAIRE CONFIANCE SUR JUSTE DEUX OU TROIS LIGNES.


Australie, Tasmanie, 1829. La colonisation du continent est loin d'être achevée. Bien plus qu'ailleurs, c'est ici la lie de l'Europe qui l'accomplit, bagnards et geôliers mêlés, des gibiers de potence sans foi ni loi convaincus seulement de deux choses : la supériorité de leur sang et leur droit naturel à occuper une terre qui n'est pas la leur, fut-ce au prix de l'extermination. Le terre ici était, d'une certaine façon, gratuite, et, dans des économies agricoles, ce fait équivalait à la découverte de la caverne d'Ali Baba.

C'est là, en pleine Black War, que John Batman, un des hommes forts du cru, part, mandaté par un criminel gouverneur, chasser l'Aborigène à la tête d'un motley crew de bagnards sous promesse (comme les Wagner aujourd'hui) et d'autochtones retournés parmi lesquels Black Bill, une redoutable machine à tuer passé aux Blancs.


Il faut tuer, beaucoup, éliminer le peuple premier. Les cadavres restent sur place. Juste penser à ramener quelques spécimens pour prouver qu'on a fait le travail. Sans état d'âme. Avec la certitude qu'on ne fait que chasser des nuisibles (les Australiens s'y emploieront plusieurs fois dans leur histoire).

C'est dur, rude, révoltant vu d'ici (là-bas, le complexe culturel suffit à justifier la chose), superbement décrit, plein d'une nature agressive qui ne parait que peu faite pour accueillir la vie humaine.

Et ça parle comme à l'époque (une époque où les rares fusils sont à poudre), peu, et surtout dans une langue imparfaite, sûrement périlleuse à traduire, qui est propre au peuple des fonds et rappelle celle que parlait les poilus dans Le Feu de Barbusse.

De la littérature à estomac pour lecteurs à estomac.

A lire.

La Battue, Rohan Wiilson

Commentaires