Alastor de Sombregarde 1 - Dobbs - Morinière

Un champ de bataille enfin apaisé. Des corps à perte de vue. Les armées du Mal ont été vaincues. Les paladins du Bien et leurs alliés elfes viennent achever les blessés et neutraliser les cadavres enmagiqués. Au milieu du carnage, un nécromancien gobelin nommé Guulghar a survécu par pure chance. Discrètement, il s’extrait de la masse des macchabées moins chanceux que lui, récupère son bâton (qui porte le crâne animé de son frère Huulghar) , et parvient à ranimer un chevalier de la mort, Alastor de Sombregarde, que des mages elfes s’apprêtaient à bannir définitivement. Les deux (trois) , peut-être uniques « survivants » de la Sombre Garde, partent de conserve vers les terres du chevalier pour y retrouver l’épouse du paladin déchu. Une longue et lente chevauchée qui les amène à traverser maints territoires et à vivre maintes aventures. Disons-le tout de suite : dès sa splendide couverture, cet album est en tous points magnifique. La présentation éditeur évoque Don Quichotte...

Harlem Shuffle - Colson Whitehead

BLOG EN MODE DÉGRADÉ

ON REFERA MIEUX QUAND ON POURRA MIEUX.

JUSQUE LÀ, LECTEUR, POUR ENCORE QUELQUES MOMENTS, IL TE FAUDRA ACCEPTER DE ME FAIRE CONFIANCE SUR JUSTE DEUX OU TROIS LIGNES.


Du double Pulitzer Colson Whitehead j'avais énormément apprécié The Nickel Boys.

Autre ambiance pour Harlem Shuffle même si, au fond, c'est de la même chose qu'il s'agit : de la difficulté de vivre une vie aussi digne que possible quand les chances sont adverses et qu'on vit du mauvais côté d'une société ségréguée. Car Harlem Shuffle est le récit du live and thrive de Ray Carney, un family guy un peu commerçant un peu voyou dans le Harlem des années 60, comme The Nickel Boys racontait les tribulations tragiques du jeune Elwood dans l'Amérique de Jim Crow.

Harlem : un quartier où légal et illégal se côtoient et fraient ensemble, où aux inégalités structurelles de la société US s'ajoutent les problématiques raciales, où la corruption d'une police de garde-chiourmes plus que de représentants de l'ordre n'aide pas à la paix civile, où, comme l'écrivit Merton, l'innovation est l'un des moyens d'atteindre les objectifs sociaux légitimes.

Un quartier superbement décrit, vivant, éclatant littéralement de toute son énergie et à travers les yeux de Ray et sous les yeux du lecteur. Un quartier dont la déshérence commence aussi, hélas, avec l'arrivée de la drogue et des ravages qu'elle cause, entrainant dans son sillage délabrement urbain et rénovations à la hache profitant surtout aux compradores du quartier lui-même.

Le tout est dit par des personnages qui, s'ils peuvent sembler un peu cookie cutter aux afficionados du genre, vivent des vies crédibles qui empruntent la double dynamique du quartier. Ray n'est pas le Sidney Poitier de Devine qui vient diner... - cité dans le roman -, il a plus de chair.

Et ici, comme dans The Nickel Boys, l'émouvant moteur du récit est une belle histoire d'amitié indéfectible, de protection de l'un par l'autre, de sacrifice et de résistance commune à une adversité irrésistible matérialisée d'abord dans des regards méprisants qui, ici, viennent même de la néo-bourgeoisie noire à peau claire dont Michael Jackson sera la caricature et Barak Obama l'épitomé.

A lire.

Harlem Shuffle - Colson Whitehead

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