Something is Killing the Children t1, Tynion IV, Dell’Edera, Muerto

Juste quelques mots (et cette fois vraiment pas plus) sur le TPB 1 du Something is Killing the Children de l’énorme James Tynion IV, illustré par Dell’Edera et Muerto. Commençons par donner le résumé éditeur : Lorsque les enfants de la petite ville d'Archer's Peak se mettent à disparaître les uns après les autres - certains sans laisser la moindre trace, d'autres dans des circonstances extrêmement violentes - la peur, la colère et la suspicion envahissent l'entourage des victimes et laissent la police locale dans le plus grand désarroi. Aussi, quand le jeune James, seul témoin oculaire du massacre de ses trois camarades, sort de son mutisme pour parler de créatures terrifiantes vivant dans la pénombre, le coupable semble tout trouvé. Son seul espoir viendra d'une étrange inconnue, Erica Slaughter, tueuse de monstres capable de voir l'impensable, ce que l'inconscient des adultes a depuis longtemps préférer occulter. Something is Killing the Children est l’

Notre part de nuit de Mariana Enriquez, Prix Planète-SF des blogueurs 2022


Né en 1973 à Buenos Aires, Mariana Enriquez est une journaliste, romancière et novelliste.

En français on peut lire d'elle le recueil de nouvelles Ce que nous avons perdu dans le feu et, depuis l'an dernier, le gros roman Notre part de nuit.

Après une délibération animée, Notre part de nuit, traduit par Anne Plantagenet et édité aux Editions du Sous-Sol, a obtenu le Prix Planète-SF des Blogueurs 2022.

Notre part de nuit est un roman-fleuve qui est autant une histoire fantastique d'une grande cruauté qu'une évocation du passé troublé de l'Argentine - le pays d'origine de l'autrice. C'est aussi la mise en lumière noire de rapports père-fils, avec tout ce que ces rapports comportent d'ambiguïté entre amour et exigence, ou encore de relations familiales dysfonctionnelles jusqu'à l'inimaginable.

Récit émietté, récit développé sur des décennies, récit éparpillé entre les lieux et les époques, récit kaléidoscopique mais toujours limpide, Notre part de nuit donne la parole à tous - même à ceux dont on sait qu'ils sont déjà morts -, ou lance à son lecteur quantité de références comme autant d'easter eggs à savourer. Un lecteur qui s'émerveille donc, avant de s'horrifier de ce dont il est témoin.

Colossal et convoluté comme une cathédrale baroque, Notre part de nuit est un récit larger than life, avec un fantastique larger than life, des personnages larger than life, la folie larger than life d'une grand-mère malfaisante, l'amour larger than life d'un père pour son fils, le délire larger than life d'une dictature criminelle, le tout lié par une structure proprement stupéfiante par la manière avec laquelle elle parvient à faire tenir le tout ensemble.

Notre part de nuit a déjà gagné les prix Imaginales, GPI, et Herralde en Espagne. On dira alors peut-être que nous ne sommes pas originaux. Mais pourquoi vouloir être original quand cela signifie passer à côté d'un roman d'une telle qualité ?

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