Cauchon - Dorison - Delahaye - Parnotte

Le 23 mai 1430, après un an de campagne militaire victorieuse, Jeanne d’Arc est capturée par les Bourguignons, alliés des Anglais, lors d’une sortie hasardeuse au siège de Compiègne. Vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg pour la somme de 10000 livres tournois, elle est conduite à Rouen afin d’y être jugée pour hérésie, entre autres chefs d’accusation dont le très scandaleux « port d’habits d’homme ». C’est l’évêque Pierre Cauchon qui a négocié cet achat pour le compte des Anglais, contre l’Inquisition qui voulait la juger elle-même. C’est Pierre Cauchon aussi qui présidera son procès, à Rouen, entre février et mai 1431 ; il s’agira, lors de ces audiences, de démontrer que l’inspiration de celle qu’on nommait « La pucelle » ne venait pas de Dieu et des saints mais bien plutôt du diable. C’est cette histoire que racontent Xavier Dorison, Louis-David Delahaye et Joël Parnotte dans l’imposant album Cauchon… ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc . A la lecture du mag...

Le Molosse - Tanabe d'après Lovecraft


Sortie du neuvième volume des adaptations de Lovecraft par Gou Tanabe. "Le Molosse" est le premier recueil réalisé par le mangaka japonais, il réunit trois nouvelles : Le Temple, écrite en 1920, Le Molosse, écrite en 1922, et La Cité sans nom, écrite en 1921.


Le Temple est la plus longue et la plus réussie imho. Dans les coursives d'un U-boat allemand en perdition durant la première guerre mondiale, on plonge vers une cité engloutie alors que la folie gagne peu à peu tout l'équipage. Dure, claustrophobique, Le Temple, dans une ambiance éprouvante à la Das Boot, met l'homme face à des terreurs et des anciennetés sans nom. Un très bon récit joliment adapté.


Le Molosse est plus (trop) classique. Deux amis occultistes, l'un des deux est le narrateur, première mention lovecraftienne du Nécronomicon, créature hostile invoquée involontairement par une amulette magique, on est ici dans du trop classique, encore trop proche de l'horreur traditionnelle en dépit de la date d'écriture, postérieure à celle du Temple.


La Cité sans nom, même si elle est très linéaire et guère excitante une fois adaptée (et donc largement dépourvue de texte) sert néanmoins à bâtir la géographie et la paléoarchéologie mythologiques de Lovecraft. Ruines perdues, civilisation pré-humaine, témoignages historiques gravés dans des fresques lithiques, souvenirs de contacts terrifiants entre humains primitifs et premiers occupants des lieux (oserais-je peuples premiers ?), rares vestiges « vivants » d'espèce pré-humaine interagissant avec les rares humains assez fous ou téméraires pour s'aventurer en des lieux auxquels ils n'appartiennent pas et où ils rencontreront le maheur, La Cité sans nom contient les éléments qui feront, plus et mieux développés, le succès d'autres récits de Lovecraft, à commencer par l'immense Les Montagnes hallucinées ou l'excellent Dans l'abîme du temps.


Deux dernières remarques :

Faut-il acheter ce recueil ? Oui, bien sûr, la collection ne serait pas complète sans, et au moins pour Le Temple.

Les mangas proposés ici, réalisés en 2014, n'ont pas encore la qualité graphique des volumes suivants (qui furent publiés avant). Ce sont des juvenilia que nous offre ici Gou Tanabe.


Le Molosse, Gou Tanabe d'après Lovecraft

Commentaires

chéradénine a dit…
Je n'ai pas encore lu ce recueil mais ça viendra (sans doute). La Cité sans nom, bien que sans doute classique dans son déroulé, est une de mes nouvelles fétiches car m'ayant initié à Lovecraft et j'espère que Tanabe s'est montré inspiré. Le Temple m'a ravi alors que j'avais du mal à lire les nouvelles du second tome de l'Intégrale: le cadre absolument inattendu et le final "délectable" m'ont donné l'impression d'une petite gemme méconnue. Aucun souvenir du Molosse, hélas (c'est là qu'est l'os). Les Montagnes hallucinées reste mon adaptation préférée avec peut-être Le Cauchemar d'Insmouth. Dans l'abime du temps s'est peut-être montré trop explicite, même si Lovecraft décrit sans doute les choses: le côté SF enchanteur de la nouvelle (enfin, je me comprends) perd de son aura, mais c'était inévitable.
Gromovar a dit…
Assez d'accord avec tes préférences.
Anonyme a dit…
On est d’accord que la croix gammée dans un uboot de la 1ere guerre mondiale est complètement anachronique ?
Gromovar a dit…
Tout à fait.
Je crois que les Japonais ont un rapport bizarre à ce genre de choses.