Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

Métal Hurlant 2 - Hiver 2022


Après un premier volume, contemporain à tous les sens du terme, presque aussi mièvre qu'insignifiant, ce second opus de la « renaissance » de la mythique revue Métal Hurlant est, lui, très satisfaisant.

Rien de neuf ici, on me dira. Certes. Mais la réinterprétation ayant échoué à capter la substantifique moelle de ce qui faisait la revue, il fallait bien ce numéro héritage anthologique pour offrir à un lectorat qui n'a pas connu les années 70 un aperçu de ce qu'était Métal Hurlant et lui montrer pourquoi elle conserve, presque cinquante ans après, une aura prestigieuse.


Dans ce numéro, un édito, une intro par Jean-Pierre 'Métal Hurlant' Dionnet, trois historiques dont un par Claude Ecken, une présentation de chacun des auteurs collectés dans cette anthologie avec une description de leur collaboration avec la revue, les fac-similés de nombreuses couvertures, et surtout 22 histoires reproduites ici.

On y croise des pointures telles que Moebius, Druillet, Crumb ou Schuytten à côté d'auteurs moins grand public comme Lob ou Bodé.


L'ensemble – un best of – capte fort justement l'essence du Métal Hurlant originel.

C'est punk, foutraque, diablement créatif, incroyablement divers dans le fond et la forme. Seul point commun entre tout ce qui se trouva dans les pages de la revue : une énergie folle, une originalité formelle, une sexualité enfin libérée du carcan réglementaire, un tropisme science-fictif et, disons-le, souvent apocalyptique au point qu'il y eut même en 1978 un numéro Spécial Fin du monde. Et puis surtout la transgression, la recherche des limites des autres et du monde, le mauvais goût assumé, comme chez Voss et son Heilman par exemple. Il fallait accoucher d'un nouveau genre et d'une nouvelle forme, et c'est parce que le cocotier résistait qu'il fallait le secouer. C'était parfois raté mais jamais anodin.

Politique aussi, souvent, mais toujours en fond sonore pour une revue qui refusait toute affiliation et tout militantisme explicite – les années 70 étant gavées jusqu'à l’écœurement de proclamations et de déclamations, il aurait été inutile et peu urbain d'en rajouter (une délicatesse qu'on ne constate hélas plus guère aujourd'hui).


Métal Hurlant 2, Hiver 2022

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