L'Enfant du Deptford - Nat Cassidy

L'Enfant du Deptford , de Nat Cassidy, un roman trop mou, trop fade, trop quelconque pour séduire. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 125, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : Et si votre enfant n'était plus vraiment… le vôtre ? Après la naissance très compliquée de leur fille Charlie, Ana et Reid ont désespérément besoin d'un nouveau départ. Tout semble enfin leur sourire lorsqu'ils ont l'occasion, pour un loyer modique, de vivre dans un appartement au Deptford, l'un des immeubles les plus prestigieux de Manhattan, avec vue sur Central Park. Mais très vite, une présence insidieuse se fait sentir. Bruits inexpliqués, couloirs secrets, voisins inquiétants… Puis le doute s'installe. Quelque chose cloche. Dans l'immeuble. Et avec le bébé. Un roman troublant, intense et profondément dérang...

Métal Hurlant 2 - Hiver 2022


Après un premier volume, contemporain à tous les sens du terme, presque aussi mièvre qu'insignifiant, ce second opus de la « renaissance » de la mythique revue Métal Hurlant est, lui, très satisfaisant.

Rien de neuf ici, on me dira. Certes. Mais la réinterprétation ayant échoué à capter la substantifique moelle de ce qui faisait la revue, il fallait bien ce numéro héritage anthologique pour offrir à un lectorat qui n'a pas connu les années 70 un aperçu de ce qu'était Métal Hurlant et lui montrer pourquoi elle conserve, presque cinquante ans après, une aura prestigieuse.


Dans ce numéro, un édito, une intro par Jean-Pierre 'Métal Hurlant' Dionnet, trois historiques dont un par Claude Ecken, une présentation de chacun des auteurs collectés dans cette anthologie avec une description de leur collaboration avec la revue, les fac-similés de nombreuses couvertures, et surtout 22 histoires reproduites ici.

On y croise des pointures telles que Moebius, Druillet, Crumb ou Schuytten à côté d'auteurs moins grand public comme Lob ou Bodé.


L'ensemble – un best of – capte fort justement l'essence du Métal Hurlant originel.

C'est punk, foutraque, diablement créatif, incroyablement divers dans le fond et la forme. Seul point commun entre tout ce qui se trouva dans les pages de la revue : une énergie folle, une originalité formelle, une sexualité enfin libérée du carcan réglementaire, un tropisme science-fictif et, disons-le, souvent apocalyptique au point qu'il y eut même en 1978 un numéro Spécial Fin du monde. Et puis surtout la transgression, la recherche des limites des autres et du monde, le mauvais goût assumé, comme chez Voss et son Heilman par exemple. Il fallait accoucher d'un nouveau genre et d'une nouvelle forme, et c'est parce que le cocotier résistait qu'il fallait le secouer. C'était parfois raté mais jamais anodin.

Politique aussi, souvent, mais toujours en fond sonore pour une revue qui refusait toute affiliation et tout militantisme explicite – les années 70 étant gavées jusqu'à l’écœurement de proclamations et de déclamations, il aurait été inutile et peu urbain d'en rajouter (une délicatesse qu'on ne constate hélas plus guère aujourd'hui).


Métal Hurlant 2, Hiver 2022

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