Batman Imposter - Tomlin - Sorrentino - Bellaire

Batman Imposter est une histoire complète de Mattson Tomlin (scénariste) et Andrea Sorrentino (dessinateur de la série Le Mythe de l’Ossuaire ) colorisée par Jordie Bellaire (une complice habituelle de James Tynion IV) . Une fois encore : ne pas se poser la question de la continuité. Bruce Wayne porte le costume de Batman depuis quelques années. Il a, depuis, lutté contre le crime à Gotham avec l’aide du commissaire Gordon. Leur principal fait d’armes a été la mise au jour de la corruption de certains juges par la mafia, ce qui a abouti à la libération de nombreux criminels en raison de l’illégalité des procédures qui les avaient concernés. Quand l’histoire commence, Gordon a été poussé à la démission, le procureur Dent est aux abonnés absents, et la ville comme le GCPD se méfient vivement d’un justicier masqué dont nul n’arrive à déterminer s’il est un paladin, un criminel ou un fou furieux. C’est là, page 1, que ledit justicier arrive, gravement blessé, chez Leslie Thompkins, sa t...

Métal Hurlant 2 - Hiver 2022


Après un premier volume, contemporain à tous les sens du terme, presque aussi mièvre qu'insignifiant, ce second opus de la « renaissance » de la mythique revue Métal Hurlant est, lui, très satisfaisant.

Rien de neuf ici, on me dira. Certes. Mais la réinterprétation ayant échoué à capter la substantifique moelle de ce qui faisait la revue, il fallait bien ce numéro héritage anthologique pour offrir à un lectorat qui n'a pas connu les années 70 un aperçu de ce qu'était Métal Hurlant et lui montrer pourquoi elle conserve, presque cinquante ans après, une aura prestigieuse.


Dans ce numéro, un édito, une intro par Jean-Pierre 'Métal Hurlant' Dionnet, trois historiques dont un par Claude Ecken, une présentation de chacun des auteurs collectés dans cette anthologie avec une description de leur collaboration avec la revue, les fac-similés de nombreuses couvertures, et surtout 22 histoires reproduites ici.

On y croise des pointures telles que Moebius, Druillet, Crumb ou Schuytten à côté d'auteurs moins grand public comme Lob ou Bodé.


L'ensemble – un best of – capte fort justement l'essence du Métal Hurlant originel.

C'est punk, foutraque, diablement créatif, incroyablement divers dans le fond et la forme. Seul point commun entre tout ce qui se trouva dans les pages de la revue : une énergie folle, une originalité formelle, une sexualité enfin libérée du carcan réglementaire, un tropisme science-fictif et, disons-le, souvent apocalyptique au point qu'il y eut même en 1978 un numéro Spécial Fin du monde. Et puis surtout la transgression, la recherche des limites des autres et du monde, le mauvais goût assumé, comme chez Voss et son Heilman par exemple. Il fallait accoucher d'un nouveau genre et d'une nouvelle forme, et c'est parce que le cocotier résistait qu'il fallait le secouer. C'était parfois raté mais jamais anodin.

Politique aussi, souvent, mais toujours en fond sonore pour une revue qui refusait toute affiliation et tout militantisme explicite – les années 70 étant gavées jusqu'à l’écœurement de proclamations et de déclamations, il aurait été inutile et peu urbain d'en rajouter (une délicatesse qu'on ne constate hélas plus guère aujourd'hui).


Métal Hurlant 2, Hiver 2022

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