Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Frantz - Douay et Hayez - Retour de Bifrost 99


"Frantz" est l'un des premiers volumes de la nouvelle collection « Bibliothèque dessinée » des Moutons électriques. Il est l’œuvre commune de Dominique Douay pour le texte et de Sébastien Hayez pour le graphisme en bichromie. Texte et graphisme se répondent, les audaces graphiques (entre images conceptuelles, changement de tonalité, et variations du sens de lecture) faisant écho aux étrangetés du texte. Car, en effet, le soutien graphique apporte une dimension supplémentaire à l'expérience de lecture (il dévoile en partie sans jamais montrer vraiment), et, qu'en effet, le texte est d'une grande étrangeté, sinon dans son sens du moins dans son intention.


Trois astronautes, trois repris de justice à qui on a promis la liberté en échange de leur participation, arrivent sur une planète anciennement colonisée et terraformée avant d'être oubliée. Pourquoi ? Par qui ? Mystère.

Sur la planète désolée, dont ne reste pas grand chose de la terraformation, les explorateurs terriens entrent en contact – à leur corps défendant – avec un « être multiple » qui semble radicalement étranger et dont on peut se demander s'il a un rapport avec l'humanité. Des trois explorateurs naufragés, posés sur un monde apparemment vide et loin d'une Terre qui a fini par régresser vers des âges sombres, l'un disparaît, puis deux, puis les trois.

L'être et l'un des humains parlent, plusieurs fois, à tour de rôle. Progressivement on comprend de quoi il retourne, on comprend ce qu'est cet « être multiple », on comprend ce que deviennent les disparus et pourquoi, on comprend ce qui est arrivé à la colonie. Et on envisage ce qui pourrait advenir, après, à la Terre et à l'humanité.


Mais que le tout est étrange, que le ton goguenard et dépassionné de l'Etre est déstabilisant, qu'il est difficile de comprendre pourquoi il n'aurait pas été possible de raconter cette histoire de « shoggoth » triste s'extrayant de l'indifférence en devenant une matrice vivante sans passer par le détour de la colonie spatiale, qu'il est frustrant de constater que l’intention derrière le texte ne se laisse pas appréhender.

"Frantz" est donc un bel objet-livre pour lecteur qui supporte la frustration.


Frantz, Douay et Hayez

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