Phantom Road t3 - Lemire - Walta - Bellaire

Nouvel article court, consacré cette fois au TPB 3 du Phantom Road de Lemire, Walta et Bellaire. Contrairement au TPB 6 de Department of Truth qui ne faisait que bien peu avancer l’intrigue, ce volume 3 de la série fantastique de Lemire laisse son lecteur bien plus au fait de ce qui se passe dans le très étrange monde de la Phantom Road . Ambiance Twin Peaks toujours, avec ce que ça comporte de zones d’ombre et d’étrangeté, mais, enfin, on commence à y voir un peu plus clair sur les enjeux du récit, sur les rapports entre les personnages, sur l’historicité de l’objet que doivent transporter vers un mystérieux Golgotha les héros malheureux de la série, à savoir Dom et Birdie. On comprend, en lisant ce tome 3, comment l’agente Weaver est liée familialement à la Phantom Road . On découvre quel est le rôle des relais routiers Billy Bear . On apprend que le père de l’agente Weaver fut le deuxième à enquêter sur les mystères de la Phantom Road et qu’il eut un prédécesseur, l’homme en che...

Frantz - Douay et Hayez - Retour de Bifrost 99


"Frantz" est l'un des premiers volumes de la nouvelle collection « Bibliothèque dessinée » des Moutons électriques. Il est l’œuvre commune de Dominique Douay pour le texte et de Sébastien Hayez pour le graphisme en bichromie. Texte et graphisme se répondent, les audaces graphiques (entre images conceptuelles, changement de tonalité, et variations du sens de lecture) faisant écho aux étrangetés du texte. Car, en effet, le soutien graphique apporte une dimension supplémentaire à l'expérience de lecture (il dévoile en partie sans jamais montrer vraiment), et, qu'en effet, le texte est d'une grande étrangeté, sinon dans son sens du moins dans son intention.


Trois astronautes, trois repris de justice à qui on a promis la liberté en échange de leur participation, arrivent sur une planète anciennement colonisée et terraformée avant d'être oubliée. Pourquoi ? Par qui ? Mystère.

Sur la planète désolée, dont ne reste pas grand chose de la terraformation, les explorateurs terriens entrent en contact – à leur corps défendant – avec un « être multiple » qui semble radicalement étranger et dont on peut se demander s'il a un rapport avec l'humanité. Des trois explorateurs naufragés, posés sur un monde apparemment vide et loin d'une Terre qui a fini par régresser vers des âges sombres, l'un disparaît, puis deux, puis les trois.

L'être et l'un des humains parlent, plusieurs fois, à tour de rôle. Progressivement on comprend de quoi il retourne, on comprend ce qu'est cet « être multiple », on comprend ce que deviennent les disparus et pourquoi, on comprend ce qui est arrivé à la colonie. Et on envisage ce qui pourrait advenir, après, à la Terre et à l'humanité.


Mais que le tout est étrange, que le ton goguenard et dépassionné de l'Etre est déstabilisant, qu'il est difficile de comprendre pourquoi il n'aurait pas été possible de raconter cette histoire de « shoggoth » triste s'extrayant de l'indifférence en devenant une matrice vivante sans passer par le détour de la colonie spatiale, qu'il est frustrant de constater que l’intention derrière le texte ne se laisse pas appréhender.

"Frantz" est donc un bel objet-livre pour lecteur qui supporte la frustration.


Frantz, Douay et Hayez

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