Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

Continent perdu - Norman Spinrad


La maison d’édition indépendante Le passager clandestin est une toute petite maison radicale, engagée et militante contre une certaine forme insatisfaisante du monde. Au milieu des non fictions, on y trouve la collection Dyschroniques qui remet à l’honneur des textes anciens de grands noms de la SF.

Nouvelles ou novellas posant en leur temps les questions environnementales, politiques, sociales, ou économiques, ces 18 textes livrent la perception du monde qu’avaient ces auteurs d’un temps aujourd’hui révolu. Et si certaines questions semblent moins d’actualité, d’autres, en revanche, sont devenues brûlantes et illustrent, hélas, la pertinence des craintes exprimées par les auteurs de SF.

On notera que chaque ouvrage à fait l’objet d’un joli travail d’édition, chaque texte étant suivi d’une biographie/bibliographie de l’auteur, d’un bref historique des parutions VO/VF, d’éléments de contexte, ainsi que de suggestions de lectures ou visionnages connexes. Une bien jolie collection donc.


"Continent perdu" est une novella de Norman Spinrad publiée pour la première fois en 1970.

On y voit un groupe de touriste africains visiter, dans deux siècles environ, les USA ou ce qu'il en reste. Un « pays » qui a « renvoyé » ses afro-américains vers la terre de leurs ancêtres. Un « pays » si pollué que l'espérance de vie y est courte, en dépit même du port constant d’équipements de protection. Un pays qui s'est effondré sur lui-même pour avoir trop négligé ces facteurs, environnementaux notamment - dont Jared Diamond parlait dans Effondrement -, et qui n'est plus que l'ombre ruinée de ce qu'il fut, alors que l'Afrique a connu un développement conséquent.


Inspiré à Spinrad par une visite en Grèce, "Continent perdu" tente d'imaginer ce que ressentent les visiteurs d'un monde en croissance qui, en dépit de ses progrès, n'a pas encore atteint le niveau technologique qui fut celui de l'Empire à son apogée, ainsi que les sentiments qui peuvent habiter les descendants déchus de ce qui fut le centre de l'économie-monde.


Spinrad pense à la Grèce antique, on peut bien sûr penser à Rome aussi, devenu un cloaque où on élevait des porcs dans le Colisée alors que montaient autour d'elle de nouvelles civilisations qui, si elles étaient supérieures à ce qu'elle était devenue étaient encore loin d'être supérieures à ce qu'elle fut. Que pensaient-ils ces Romains ? Et leurs visiteurs ? Entre Schadenfreude, intérêt, admiration, ressentiment, racisme latent ou explicite, quels sentiments ambivalents peuvent habiter deux civilisations qui se rencontrent quand l'une a cédé la place à l'autre ?


Joliment écrit, "Continent perdu" est plein des préoccupations tant de Spinrad que de son époque. Peut-être qu'un jour viendra où un autre auteur américain écrira le voyage de Chinois dans une Washington en ruine.


Continent perdu, Norman Spinrad

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