Un léger bruit dans le moteur - Gaet's - Munoz

Un léger bruit dans le moteur , de Gaet’s et Jonathan Munoz, est un album one-shot, adaptation du roman éponyme de Jean-Luc Luciani. Il a obtenu le Prix SNCF du Polar en 2013 . Il ressort aujourd’hui chez Petit à petit . Un léger bruit dans le moteur se passe intégralement dans un minuscule village complètement coupé de l’extérieur. Personne ne s’y arrête jamais, personne n’y vit qui n’y était pas déjà depuis longtemps. Les seuls contacts du lieu avec le reste du monde sont assurés par le facteur qui apporte à intervalles réguliers les pensions qui permettent à la plupart des quelques habitants de survivre, et par l’épicière qui achète à l’extérieur les produits qu’elle « revend ensuite trois fois plus cher » , dixit. Dans ce village sans nom, guère plus qu’un hameau, il y a un enfant, sans nom lui aussi. Il a une dizaine d’années. C’est lui qui raconte, ou plutôt qui se raconte. L’enfant sans nom est orphelin de mère, morte en couches, il a un père qui vit des aides sociale,...

The Empress of Salt and Fortune - Nghi Vo


Juste deux mots (et cette fois je vais faire vraiment court) pour signaler deux novellas de Nghi Vo, "The Empress of Salt and Fortune" et "When the Tiger Came Down the Mountain".


Les deux textes narrent les aventures du clerc Chih, membre d'un ordre dont la mission sacrée est la mise à jour puis la préservation de l’histoire.

Note : dans les deux récits Chih est pronomisé They, soit un pronom non genré. Si ça n'enlève rien au texte, ça ne lui apporte rien non plus. J'ai choisi par simplicité de me référer à Chih comme « elle », m'évitant ainsi toute accusation de primauté mâle, mieux vaut être prudent.

Accompagnée de l'oiseau magique Almost Brilliant – qui parle et mémorise pour elle – Chih parcourt le pays afin d'observer et d'interroger, toujours dans le but d'alimenter la chronique historique encyclopédique du monde que tient à jour son monastère. Une tâche noble et sans fin, parfois même commencée par un clerc puis terminée seulement des décennies ou des siècles plus tard par un autre qui complètera ou corrigera.


Le monde de Chih s'apparente à une Chine médiévale mythique, dans laquelle nobles et sujets de l'empire cohabitent avec des créatures mythologiques. On y croise donc, au fil de la lecture, des fantômes (affamés), des goules, le fameux oiseau parleur, des mammouths bien futés, des renards magiques, et, last but not least, des tigres femelles métamorphes.


"The Empress of Salt and Fortune" est une jolie histoire de mariage impérial, de solitude, de trahison, et d'effondrement d'empire. Racontée à Chih par une très vieille servante, élégante dans son écriture, elle rappelle par sa tristesse calme le très beau Raise the Red Lantern de Zhang Yimou et bénéficie d'une belle chute qu'on ne voit venir que lorsqu'elle est presque là.


"When the Tiger Came Down the Mountain" est moins émouvante. Elle rappelle cette fois les Mille et une Nuits car elle est de ces histoires dans lesquelles un personnage raconte longuement pour éviter d'être tué par celui qui l'écoute. Il s'agit ici de survivre à trois tigresses magiques affamées en rappelant pour leur plaisir (et leurs corrections éventuelles) l'histoire d'amour paradoxale entre une lettrée en route pour les examens impériaux et une puissante tigresse des temps anciens.


Les deux novellas se lisent vite et sont l'une comme l'autre de lecture plaisante. Le style y est charmant et les personnages attachants. Beaucoup de critiques se sont pâmés sur l'aspect queer des textes ; il m'a laissé froid, peu de choses doivent être assez queer pour m’impressionner.


The Empress of Salt and Fortune, Nghi Vo

When the Tiger Came Down the Mountain, Nghi Vo

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