Vertèbres - Morgane Caussarieu

Avril 1997, Vieux-Boucau-les Bains, dans les Landes. Jonathan dit Jojo, un écolier de dix ans, est enlevé, emmené dans une camionnette par une « femme à barbe » si l'on en croit les témoignages de Sasha et Brahim, ses deux amis présents au moment des faits. Après une semaine d'inquiétude sourde pour la population de la petite station balnéaire – et singulièrement pour Sasha, Brahim, et Marylou, la mère de Jojo – l'enfant reparaît. Retrouvé par la gendarmerie sur une aire d'autoroute, Jojo est hagard, mutique, il a une vilaine blessure au flanc, et surtout, surtout, il a perdu toute la graisse qui faisait de lui un obèse morbide, diabétique entre autres pathologies. Réapparaître spontanément après un enlèvement est déjà étrange, mais réapparaître en ayant perdu 50 kilos en 7 jours, là, on dépasse l'entendement de quiconque. Qu'importe, dans l'immédiat, ce « détail ». La gendarmerie est contente d'avoir retrouvé un enfant vivant après 48 heures, ses amis s

Le Cimetière - Gerard Guix - Retour de Bifrost 97

 


Futur indéterminé. Espagne, peut-être. Montée des eaux, surpopulation, et retombées nucléaires (!) ont rendu les terres (arables sans doute) rares. Si rares qu'il est devenu interdit d'enterrer les défunts et que tous les cimetières ont été récupérés – à l'exception d'un cimetière-musée par district, conservé à titre historique. Mais quand la mère d'Isobel meurt, la jeune femme ne peut se résoudre à la condamner post-mortem à l'incinération et à l'intégration mémorielle dans l'un de ces cimetières virtuels que fournit l'Etat. Alors, sur les conseils d'un médecin ami, elle se rend dans un cimetière-musée rural pour tenter d'y inhumer sa mère. Clandestinement. Car la loi est claire, dure, et durement appliquée. Il faut dire que la société dans laquelle vit Isobel est une dictature, pas moins. Gestion autoritaire des morts, écrans d'informations omniprésents, culture sous le rideau, mise au ban des livres papiers, « vaporisation » des contrevenants. Il y eut même une Grande Purge. Et aujourd'hui il y a un XVIIIe Führer et une loi Lebensraum. Diantre !

Perpétuant par son acte une tradition familiale de résistance à l'oppression, Isobel se met en grand danger. Travis, le gardien du cimetière dans lequel elle prévoit d'inhumer sa mère, l'aidera-t-elle ou la dénoncera-t-elle ? Et surtout, que feront ces deux solitaires de la tension érotique qui naît entre eux dès le premier regard ?


Lisant cette dernière phrase, on a le cœur du problème de ce court roman catalan. Mix peu subtil de Farenheit 451, des Androïdes rêvent-ils de moutons électriques, et de 1984 mâtiné de surpopulation à la Soleil Vert, "Le Cimetière", stylistiquement assez imparfait – dans les dialogues notamment –, échoue à créer l'angoisse lorsqu'il tente de le faire et offre une présentation caricaturale du cinéma d'horreur indigne d'un auteur qui, ici, se réclame de l'Imaginaire ; le tout sans compter un twist qu'on voit venir de l'autre bout du livre. Mais surtout, surtout, "Le Cimetière" place le lecteur dans la situation d'un otage involontaire de roman Harlequin. Une litanie de phrases finalement hilarantes – mais était-ce le but ? – racontent les émois d'Isobel et la folie des sens qui s'empare des deux seuls protagonistes vivants du récit ; c'est si mièvre que j'ai dû aller vérifier l'âge de l'auteur. Impossible de retenir autre chose de ce texte, d'autant que les banalités résistantialistes qui y sont enfinlées comme des perles sur un collier ne sont guère transcendantes ; si les Catalans n'ont que cette bouillie indigente à se mettre sous la dent, craignons pour eux qu'ils ne succombent au crétinisme avant d'atteindre l'indépendance.


Le Cimetière, Gerard Guix

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