Something is Killing the Children t1, Tynion IV, Dell’Edera, Muerto

Juste quelques mots (et cette fois vraiment pas plus) sur le TPB 1 du Something is Killing the Children de l’énorme James Tynion IV, illustré par Dell’Edera et Muerto. Commençons par donner le résumé éditeur : Lorsque les enfants de la petite ville d'Archer's Peak se mettent à disparaître les uns après les autres - certains sans laisser la moindre trace, d'autres dans des circonstances extrêmement violentes - la peur, la colère et la suspicion envahissent l'entourage des victimes et laissent la police locale dans le plus grand désarroi. Aussi, quand le jeune James, seul témoin oculaire du massacre de ses trois camarades, sort de son mutisme pour parler de créatures terrifiantes vivant dans la pénombre, le coupable semble tout trouvé. Son seul espoir viendra d'une étrange inconnue, Erica Slaughter, tueuse de monstres capable de voir l'impensable, ce que l'inconscient des adultes a depuis longtemps préférer occulter. Something is Killing the Children est l’

Le Cimetière - Gerard Guix - Retour de Bifrost 97

 


Futur indéterminé. Espagne, peut-être. Montée des eaux, surpopulation, et retombées nucléaires (!) ont rendu les terres (arables sans doute) rares. Si rares qu'il est devenu interdit d'enterrer les défunts et que tous les cimetières ont été récupérés – à l'exception d'un cimetière-musée par district, conservé à titre historique. Mais quand la mère d'Isobel meurt, la jeune femme ne peut se résoudre à la condamner post-mortem à l'incinération et à l'intégration mémorielle dans l'un de ces cimetières virtuels que fournit l'Etat. Alors, sur les conseils d'un médecin ami, elle se rend dans un cimetière-musée rural pour tenter d'y inhumer sa mère. Clandestinement. Car la loi est claire, dure, et durement appliquée. Il faut dire que la société dans laquelle vit Isobel est une dictature, pas moins. Gestion autoritaire des morts, écrans d'informations omniprésents, culture sous le rideau, mise au ban des livres papiers, « vaporisation » des contrevenants. Il y eut même une Grande Purge. Et aujourd'hui il y a un XVIIIe Führer et une loi Lebensraum. Diantre !

Perpétuant par son acte une tradition familiale de résistance à l'oppression, Isobel se met en grand danger. Travis, le gardien du cimetière dans lequel elle prévoit d'inhumer sa mère, l'aidera-t-elle ou la dénoncera-t-elle ? Et surtout, que feront ces deux solitaires de la tension érotique qui naît entre eux dès le premier regard ?


Lisant cette dernière phrase, on a le cœur du problème de ce court roman catalan. Mix peu subtil de Farenheit 451, des Androïdes rêvent-ils de moutons électriques, et de 1984 mâtiné de surpopulation à la Soleil Vert, "Le Cimetière", stylistiquement assez imparfait – dans les dialogues notamment –, échoue à créer l'angoisse lorsqu'il tente de le faire et offre une présentation caricaturale du cinéma d'horreur indigne d'un auteur qui, ici, se réclame de l'Imaginaire ; le tout sans compter un twist qu'on voit venir de l'autre bout du livre. Mais surtout, surtout, "Le Cimetière" place le lecteur dans la situation d'un otage involontaire de roman Harlequin. Une litanie de phrases finalement hilarantes – mais était-ce le but ? – racontent les émois d'Isobel et la folie des sens qui s'empare des deux seuls protagonistes vivants du récit ; c'est si mièvre que j'ai dû aller vérifier l'âge de l'auteur. Impossible de retenir autre chose de ce texte, d'autant que les banalités résistantialistes qui y sont enfinlées comme des perles sur un collier ne sont guère transcendantes ; si les Catalans n'ont que cette bouillie indigente à se mettre sous la dent, craignons pour eux qu'ils ne succombent au crétinisme avant d'atteindre l'indépendance.


Le Cimetière, Gerard Guix

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