No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

Night of the Mannequins - Stephen Graham Jones


Sawyer, Shanna, JR, Danielle, and Tim sont cinq amis d'enfance d'une petite ville américaine. Ils se connaissent depuis toujours, ont vécu ensemble tous les jeux et toutes les bêtises, ont grandi du jardin d'enfant au lycée. Et maintenant ceci va se terminer car arrive l'heure de la séparation, monde du travail ou départ pour l'université.

Shanna vient de trouver un emploi dans le cinéma du coin. Et ici, je laisse la parole à Sawyer :
« So Shanna got a new job at the movie theater, we thought we’d play a fun prank on her, and now most of us are dead, and I’m really starting to feel kind of guilty about it all. ».

Cet incipit est le preuve qu'un bon incipit ne fait pas un bon texte.

J'ai lu cette novella de Stephen Graham Jones après le très bon The Only Good Indians. Comme dans le roman, une bande d'amis d'enfance y est confrontée à une adversité surnaturelle fatale. Ou pas.
Car ce qui provoque ici la peur panique de Sawyer, ce qui le pousse à des actes aussi horribles qu’irrémédiables, est la certitude que le mannequin trouvé un jour par la bande, et qui a été leur compagnon de jeux involontaire durant toute leur préadolescence, a pris vie lors de la blague faite à Shanna et a décidé de se venger de ces « ex-amis » qui, l'âge adulte approchant, l'ont oublié et s'apprêtent à l'abandonner définitivement.

C'est pour Sawyer l'occasion de réfléchir au temps qui passe et aux amitiés que la vie délite, l’occasion aussi de se comporter en « héros », d'une façon que nul ne pourrait cautionner, guidé par une folie dont on ne comprend pas vraiment l'origine.
Évoquant explicitement Frankenstein et l'incompréhension agressive que peut ressentir le monstre, "Night of the Mannequins" est raté en ceci qu'il n'est pas une seule fois stressant ou effrayant. Tout est désespérément plat : faits, style, narration. Au point même qu'un angle de lecture qui aurait pu être intéressant, celui de l'observation du développement d'une paranoïa, est trop traité par dessus la jambe pour intéresser ou apprendre quoi que ce soit. N'est pas Stephen King qui veut.

A éviter donc.

Night of the Mannequins, Stephen Graham Jones

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