Green City Wars - Adrian Tchaikovsky

Futur peut-être pas si lointain. Le désastre environnemental en cours a continué. En réaction, des firmes construisirent quelques Cités Vertes (Green Cities) , à savoir de grandes villes autonomes, environnementalement neutres, autosuffisantes en énergie et en nourriture (grâce à leurs fermes extérieures liées) . Neuwien est l’une de celles-ci, et c’est dans ses murs que se déroule l’action de Green City Wars . Pour comprendre le monde imaginé par Adrian Tchaikovsky, il faut savoir que les Villes vertes (et singulièrement Neuwien) ne sont pas juste des cités écoresponsables. Elles sont aussi des lieux d’où a été rendu invisible tout le travail de service qui permet à une ville de fonctionner et à ses habitants de vivre une vie agréable consacrée à des activités à forte valeur ajoutée. Une ville sans prolétariat donc, peuplée seulement de CSP+ vaquant à leurs occupations intellectuelles. Problème : ce prolétariat que les CSP+ ne veulent pas voir (comme en Grande-Bretagne au XIXe siècle...

Horror - Dario Argento - Retour de Bifrost 96


Dario Argentio, pour la portion pré-cacochyme du lectorat, c'est d'abord le giallo ; puis Phenomena (Donald Pleasance, Jennifer Connelly, BO par Iron Maiden) ; enfin la Trilogie des Mères, histoire de sorcières étalée sur 30 ans de production et inspirée par le Suspiria de Profundis de De Quincey.
Un maître de la lumière succombant trop souvent à son goût immodéré du grotesque. Une œuvre dont la légitimité artistique est de plus en plus régulièrement contestée.

Aujourd'hui, à 77 ans, Argento sort son premier recueil de nouvelles d'horreur, sobrement intitulé "Horror". Etait-ce bien nécessaire ?

"Horror" est constitué de six textes de longueurs variables.

Une nuit aux Offices se déroule dans le musée éponyme. Argento, à la première personne, y fait une visite nocturne de repérage et y est saisi par la violence trop longtemps contenue des femmes exposées, d'Artemisia 'Holopherne' Gentileschi à la Méduse du Caravage – un rappel en abyme de son propre Syndrome de Stendhal. Trop ou trop peu, au choix.

Rouge pourpre à la Biblioteca Angelica rappelle un peu L'oiseau au plumage de cristal. Voilà.

Villa Palagonia entraîne le lecteur sur les traces d'un visiteur peureux de la célèbre Villa palermitaine des Monstres pour une histoire d’adultère, de meurtre, et de fantômes. Convenue et prévisible.

Les oubliettes de Merano renoue avec l'ambiance de la Trilogie des Mères, quand un enfant citadin est placé chez une étrange nourrice. Peut-être la plus engageante par l’alternance froideur/moiteur qu'elle propose.

Alchimie macabre au château de Gilles, sur Gilles de Rais, les enfants, tout ça... Que peut-on écrire de neuf sur Gilles de Rais ? Une espèce de petit conte peu crédible à la Hansel et Gretel.

Enfin, bouquet final, Les démons de Singapour, resort, terroristes sanguinaires, varans (!) salvateurs. Absolument grotesque.

Par-delà le détail de chaque texte, l'ensemble – écrit en collaboration (jusqu'à quel point ?) avec Pamela Ferlin – est vraiment mauvais.
Textes poussifs et ennuyeux, vocabulaire limité ou répétitif (plus lu de 'cantilène' que durant toute ma vie), monologues internes naïfs et pénibles, personnages et situations peu crédibles ou atrocement datés. On pourrait juste dire, ce qui serait déjà rédhibitoire, que, non content d'être souvent inférieur à une rédaction de collège, le recueil "Horror" est sop-horrifique. On ajoutera pour la route que, décrivant de façon graphique un massacre terroriste sans oser, dans la nouvelle précédente, faire de même avec les nuits de Gilles de Rais, on est ici, en plus, dans de 'L'horreur sans estomac'.

Horror, Dario Argento

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