L'Homme invisible - Tynion IV - Dani

Après un premier album déjà consacré à ressusciter un Universal Monster, en l’occurrence Dracula , James Tynion IV revient à l’exercice avec cet Homme invisible , réalisé avec Dani aux pinceaux. Mais ici c’est une sorte de préquel au film de 1933 que propose Tynion, contrairement à ce qu’il avait fait pour son adaptation précédente. Début du XXe siècle. Jack Griffin est un obscur chimiste. Il travaille comme assistant dans le laboratoire du docteur Cranley où il mène aussi, secrètement, ses propres expériences. Grâce à une substance appelée monocaïne, Griffin parvient à transformer profondément la physiologie de ses cobayes, les rendant plus intelligents et plus agressifs qu’ils ne l’étaient auparavant, et surtout invisibles. Testant ses dosages sur des mammifères de plus en plus gros et proches de l’humain, Griffin avance à grands pas dans ses recherches, au prix d’arrangements de plus en plus grands avec la morale. Au début du film de 1933, Griffin est déjà devenu invisible. Le séru...

L'appel de Cthulhu - Tanabe d'après Lovecraft


Bon, parfois il faut prendre des décisions des décisions radicales, comme par exemple de faire une brève revue de BD, parce qu'on vient d'en lire trois (avec une quatrième à suivre pour demain) et qu'on n'a pas vraiment le temps de faire de tout ça une recension détaillée (restent plein de fraises à cueillir, Sibeth comprendra).

Commençons par l'adaptation manga de "L'appel de Cthulhu" par Gou Tanabe, cinquième opus du cycle qu'il consacre aux Chefs d’œuvre de Lovecraft.

Après une Couleur tombée du ciel décevante car incapable de rendre sur son média propre l'étrangeté fondamentale de la « couleur » lovecraftienne, "L'appel de Cthulhu" est imho une vraie réussite.
Le récit en enchâssement (résumé ici), fondateur du mythe bien qu'il n'en forme pas l'origine, est parfaitement adapté dans le manga. Et surtout, c'est une réussite graphique incontestable, tout le contraire du précédent volume.

Ici, le noir et blanc ne pose pas problème et Tanabe parvient à illustrer les horreurs lovecraftiennes sans les trivialiser. Superbes doubles pages cosmiques, maritimes, ou architecturales, magnifiques tablettes d'argile ou statuettes antédiluviennes, bâtiments résolument cyclopéens et angles aussi non-euclidiens que possible, tout est parfaitement rendu, jusqu'à Cthulhu lui-même, assez précis pour être vu et assez indistinct pour être de la matière dont on fait les songes ou les cauchemars, terrifiant de par son impossible matérialité, son implacable poursuite mutique qui en fait une force élémentaire plus qu'une volonté consciente, et son inintelligibilité radicale.

On pourra si on veut reprocher à Tanabe d'avoir allongé la sauce sur deux scènes de combat qui ne représentent que quelques lignes dans le texte original (petit plaisir de dessinateur sans doute et syndrome Jackson's The Hobbit sûrement), mais là où mon collègue et néanmoins estimé blogueur Feyd Rautha voit une magnification du racisme de Lovecraft qui fait de Noirs l'ennemi, je n'ai vu que lutte contre des cultistes dont les actes et peintures de guerre même les mettent en dehors de toute espèce humaine, alliés qu'ils sont des Grands Anciens, nos ennemis mortels et immémoriaux. Je crains qu'un filtre trop contemporain ne nuise ici à l'appréhension de l’œuvre.

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