X-Men Elsewhen : John Byrne pour Happy Few

Juste quelques mots (et là je vais tenir parole) pour annoncer l'arrivée du volume 1 de la continuité alternative Elsewhen des X-Men par John Byrne himself. Elle ne concerne que les Happy Few qui comprennent ce dont je vais parler et à qui ce genre d'information s'adresse. Avec la mort de Gwen Stacy , celle de Jean Grey , après la saga du Phénix Noir, est l'un des pires traumatismes de l'univers Marvel (pour les personnages comme pour les lecteurs) . En se sacrifiant pour sauver l'univers, à une époque où Marvel ne passait pas encore son temps à ressusciter les héros, Jean Grey brise l'équilibre de l'équipe originale ainsi que le cœur des lecteurs. John Byrne, qui dessinait, quitte peu après les X-Men, laissant pinceaux et idées à son partenaire Chris Claremont. Et l'événement réorienta complètement l'univers des X-Men, l'amenant progressivement dans un style de plus en plus character-driven sous la plume de Chris Claremont et les pinceaux...

Jusqu'ici tout allait bien - Ersin Karabulut


Bon, parfois il faut prendre des décisions des décisions radicales, comme par exemple de faire une brève revue de BD, parce qu'on vient d'en lire trois (avec une quatrième à suivre pour demain) et qu'on n'a pas vraiment le temps de faire de tout ça une recension détaillée (restent plein de fraises à cueillir, Sibeth comprendra).

Continuons avec "Jusqu'ici tout allait bien...", le second volume des Contes ordinaires d'une société résignée du bédéaste turc Ersin Karabulut. C'est encore une vraie réussite, même si l'effet de sidération provoqué par le premier opus n'est halas plus présent.

En neuf contes fantastiques Karabulut entraîne le lecteur dans une sarabande macabre qui dit les maux du monde et le malheur des hommes.
Du poids de la religion et du mal qu'elle fait dans les vies à celui du conservatisme conformiste, Karabulut passe en revue les maux du monde en général et de la Turquie en particulier, entre relations familiales dysfonctionnelles (dont une glaçante histoire de substitution père/fils), regrets éternels, mensonge à soi-même, dénonciation du consumérisme porté par des multinationales qui dépossèdent l'individu de ses choix jusqu'aux choix « démocratiques » eux-mêmes, et privatisation des services de base pour un dernier conte déchirant de désespoir.
C'est bien fait, joliment dessiné dans un style réaliste naïf très adapté, aussi intelligent que déstabilisant.
A lire sans hésitation.

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