La sélection d'été 2026 de Gromovar

L'été est là et, apparemment, il va faire très chaud. Trop chaud. Trop chaud pour trainer dehors, pour aller à la plage, pour faire du sport. Reste la lecture. What else ? Que lire alors ? L'année écoulée a été une petite année (c'est comme les millésimes, tous ne se valent pas) mais voici néanmoins quelques idées de qualité. D'abord Demain les Origines , maitre-livre et somme de Christian Chavassieux, un must-read : Chef d'œuvre absolu, le Ithaque de Laurent Mantese, il faut le lire absolument : La Grande muraille de Mars , d'Alastair Reynolds, est un superbe recueil de SF larger than life : La Clémence des dieux , de S.A. Corey, début d'une grande saga de space opera par les créateurs de The Expanse : La Justice des rois , de Richard Swan, inaugure une belle trilogie de fantasy inspirée de l'Empire romain : La Vie secrète des robots , de Suzanne Palmer, est un recueil d'excellente SF : Presque last but not least, Le Livre des passages d'Ale...

Jusqu'ici tout allait bien - Ersin Karabulut


Bon, parfois il faut prendre des décisions des décisions radicales, comme par exemple de faire une brève revue de BD, parce qu'on vient d'en lire trois (avec une quatrième à suivre pour demain) et qu'on n'a pas vraiment le temps de faire de tout ça une recension détaillée (restent plein de fraises à cueillir, Sibeth comprendra).

Continuons avec "Jusqu'ici tout allait bien...", le second volume des Contes ordinaires d'une société résignée du bédéaste turc Ersin Karabulut. C'est encore une vraie réussite, même si l'effet de sidération provoqué par le premier opus n'est halas plus présent.

En neuf contes fantastiques Karabulut entraîne le lecteur dans une sarabande macabre qui dit les maux du monde et le malheur des hommes.
Du poids de la religion et du mal qu'elle fait dans les vies à celui du conservatisme conformiste, Karabulut passe en revue les maux du monde en général et de la Turquie en particulier, entre relations familiales dysfonctionnelles (dont une glaçante histoire de substitution père/fils), regrets éternels, mensonge à soi-même, dénonciation du consumérisme porté par des multinationales qui dépossèdent l'individu de ses choix jusqu'aux choix « démocratiques » eux-mêmes, et privatisation des services de base pour un dernier conte déchirant de désespoir.
C'est bien fait, joliment dessiné dans un style réaliste naïf très adapté, aussi intelligent que déstabilisant.
A lire sans hésitation.

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