Aurora Rising - Alastair Reynolds

Alastair Reynolds est un auteur britannique de SF de grand renom. Il a créé le célèbre cycle des Inhibiteurs dont la revue Bifrost disait en 2023 qu’il constituait la partie « la plus renommée, at assurément la plus volumineuse » de son œuvre. Aurora Rising (titre original : The Prefect) est un roman qui se passe au XXVe siècle, environ cent ans avant l’intrigue principale du cycle. Il peut se lire (comme ses deux suites) indépendamment du cycle principal, et montre aux lecteurs qui le connaîtraient un univers qui n’a pas encore sombré dans la déréliction liée au désastre de la Pourriture fondante. Yellowstone est le monde humain le plus avancé. Un cauchemar atmosphérique constellé de villes sous dôme. Autour de Yellowstone gravitent environ dix mille habitats orbitaux qui forment le Glitter Band . 100 millions de personnes vivent dans ces habitats qui sont tous strictement souverains. Seule condition pour faire partie de l’ensemble : accepter et respecter un système qui place le ...

Caruso - Kiernan - Harrow - Kloetzer - Jackson in Bifrost 99


Dans le Bifrost 99 il y a un dossier très complet sur la grande Shirley 'Haunting of Hill House' Jackson, coordonné de main de maître par Jean-Daniel Brèque.

Outre le dossier et les rubriques habituelles, on trouve aussi six nouvelles sous la couverture dessinée par Miles Hyman.

A tout seigneur tout honneur, on lira deux nouvelles de Shirley Jackson, La souris et Un jour comme les autres, avec des cacahuètes.
On y retrouve le goût de l'autrice pour l'horreur psychologique domestique presque casual, et les chutes surprenantes.

Noirs vaisseaux apparus au sud du Paradis est une nouvelle post-contact très noire de Caitlin R. Kiernan. Elle prend place dans le monde envahi par les Grands Anciens qu'on subodorait notamment dans Agents of Dreamland, que le Bélial publiera bientôt dans la collection Une Heure-Lumière et que votre serviteur avait chroniqué en VO, ou Black Helicopters.
Plus noir que Lovecraft, proche de Ligotti, le texte est annonciateur d'un avenir qui glace d'effroi. Il fallait bien qu'un jour les cultistes arrivent à leur fin et que l'humanité subissent tout le  poids d'une rencontre avec l'horreur cosmique.

Alix E. Harrow propose, avec Guide sorcier de l’évasion : atlas pratique des contrées réelles et imaginaires, une déclaration d'amour aux livres et à leur pouvoir quasi-magique de permettre l'évasion, de mettre le monde à portée, et  d'aider à se définir (le pouvoir des mots de Maïakovski). C'est aussi un cri d'amour lancé aux bibliothèques qui mettent les livres à la portée de tous et aux merveilleuses bibliothécaires qui, telles des marieuses juives, trouvent le livre qui donnera un sens à la vie de l'emprunteur. Merci aux bibliothécaires (de la part de quelqu'un qui a fait sa première bibliothèque de FNA en chourant à la biblio - stop ! il y a prescription).
Un texte qui parle du pouvoir des livres, de l'amitié qu'on peut éprouver pour eux, et qui rappellera sans doute le Morwenna de Jo Walton (Prix Hugo, comme l'est ce texte-ci, et pour les mêmes raisons).

L. L. Kloetzer offre, avec Ourobouros, une nouvelle trépidante dans le monde de Anamnèse de Lady Star. Il nous donne à voir Celephaïs, un habitat spatial. Géographie, technologie, organisation et dissension sociales, jeux de pouvoir et intrigues politiques. Tout y est, tout ceci sans avoir l'air d'y toucher, à travers une course contre ghost dont on sort ébouriffé tant on en ressent la vitesse. De la belle ouvrage.
Un monde, jusqu'ici seulement entr'aperçu, dans lequel se déploiera peut-être un jour un nouveau récit. Espérons-le.

Et enfin, le choc. Par les visages, d'Olivier Caruso, est une nouvelle science-fictive. On y voit une maladie inédite et dévastatrice se déployer dans Paris alors que la sœur jumelle de l'héroïne tourne dans l'ISS. Pendant qu'en bas tout s'effondre rapidement, en haut on fait une découverte stupéfiante.
D'une situation normale, et presque jacksonienne, Caruso fait basculer son monde dans un merdier rigolard et délirant qui rappelle les meilleures pages de Vian avant de montrer que la rigolade est finie et de lorgner vers Vandermeer ou Kiernan. Le texte, par sa progression maîtrisée, par l'inexorable montée aux extrêmes qui rencontre puis dépasse la phase de déni jusqu'à la laisser si loin derrière qu'elle pourrait n'avoir jamais existé, est véritablement bluffant.
Il est question d'une novella à suivre. YES !
PS : Un texte où on envoie chier le Spritz ne peut pas être foncièrement mauvais.

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