Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Cinq bonnes nouvelles dans Bifrost 98


Dans le Bifrost 98, on trouvera un gros dossier A. E. Van Vogt, un imposant cahier critique de nouveautés, les rubriques habituelles sur la science ou les revues, un édito aussi inquiet que déterminé d'Olivier Girard, et cinq nouvelles de bonne tenue.



Le village enchanté est un récit classique de A. E. Van Vogt. On y voit Bill Jenner, seul survivant du premier vaisseau - crashé - d'exploration de Mars, tenter désespérément de survivre en traversant un désert hostile pour rejoindre une très lointaine étendue d'eau. Alors que ses provisions s’épuisent et qu'il s'achemine hélas vers une issue fatale, Bill tombe sur un village abandonné. Plus que deux ou trois jours d'eau, c'est le temps dont dispose Bill pour trouver comment tirer parti des infrastructures villageoises et espérer sauver sa vie. Un récit très old school, avec une fin digne de Twilight Zone qui répond par la surprise aux inquiétudes instillées chez le lecteur.


Thierry di Rollo, avec Plaine-guerre, et Vandana Singh, avec C'est vous Sannata3159 ?, proposent deux visions, noires comme des puits, du monde à venir. Deux mondes où l'homme est littéralement un loup pour l'homme.
La guerre éternelle de Di Rollo, qui rappelle autant la Grande Guerre que celles de Joe Haldeman ou de 1984, et la cité dystopique post dérèglement climatique de Singh sont deux images d'enfers futurs imaginables, deux images de mondes dans lesquels « There are worse thing than dying » comme le chantaient les Pogues. Petit avantage à Singh qui parvient à créer une vraie empathie pour son héros, Jhingur.
Le monde proposé par Franck Ferric, dans Le dernier verrou de Sveta Koslova n'est guère plus appétissant et on n'a pas plus envie d'y vivre. Montrant l'impact délétère de l'industrialisation, fut-elle numérique, elle rappelle, dans un genre très différent, les conséquences écologiques désastreuses de l'industrialisation à marche forcée qu'impose Saroumane à son domaine et interroge sur la trahison du monde réel qu'implique la fuite vers le virtuel.



Et puis il y a le A la recherche du Slan perdu de Michel Pagel, la meilleure des cinq.
Pastiche-hommage brillantissime, A la recherche du Slan perdu raconte une vraie histoire de Slan, en l'exprimant dans le style unique de l'auteur d'A la recherche du temps perdu, énorme, précieux, et trépidant, comme un fleuve majestueux et paisible qu'agitent de point en point des remous.
On y retrouve de fort belle manière non seulement les inquiétudes de Proust sur le passage du temps que le ton d'un auteur qui exprima mieux personne la culture bourgeoise comme culture de la maitrise de soi.
On remarque dans cette histoire, qui interroge la biographie et les origines du narrateur, une parenté lovecraftienne - en se rappelant que Lovecraft admirait Proust dont il disait que personne n'était capable de l'éclipser au XXè siècle.
Un texte délicieux. Grisant.

L'avis de Feyd Rautha

Commentaires

Soleil vert a dit…
Le pastiche de Proust très drôle : les lieux et la … madeleine transformés en personnages, le tout dans la langue casse-gueule pour qui ne la maitrise pas de l'auteur de Jean Santeuil. A noter que comme la nouvelle de Vandana SINGH, la bidoche tient le premier rôle
Gromovar a dit…
Oui, tout est très bien vu dans le pastiche.
Et oui, décidément un numéro très alimentaire en période de pénurie de farine.