Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Trees : Three Fates - Ellis - Howard


S’il y a toujours des Arbres, c’est un changement complet de perspective que propose le tome 3 de la série Trees.

Toska, Russie.
Une petite ville rurale tout au bout de la ligne de chemin de fer. L’électricité dépend du stock de fuel, le téléphone de l’état des pilonnes relais.
Il a y sept ans un Arbre s’est abattu non loin de Toska. Depuis, la population est tombée de 600 personnes à une soixantaine, et la ville, loin de tout, comme endormie, porte mieux que jamais son nom qui en russe signifie quelque chose entre ‘mélancolie’ et ‘ennui’.
Il y a sept ans, quand l’Arbre s’est abattu, il a écrasé Sasha, l’amant de Klara, la sergent de police locale. Klara est restée, seule. Elle n'a guère de travail mais elle le fait par devoir envers la communauté.

Aujourd’hui, on vient chercher Klara pour lui signaler un cadavre, poignardé et mutilé, tout à côté de l’Arbre. Premier meurtre depuis toujours peut-être, sûrement en tout cas depuis l’atterrissage. Le mort est un inconnu. Qui était-il ? Qui l’a tué ? Et pourquoi ? Répondre à ces questions est la tâche de Klara.

Une enquête simple à priori. La ville étant isolée dans la cambrousse et reliée au reste du pays par une seule ligne de chemin de fer, un seul train venant y « mourir » chaque jour, il ne devrait pas être trop difficile de savoir qui est descendu du train et ce qu’il a fait ensuite. C’est là que les choses se corsent pour Klara, car si Nina, la chef de gare, affirme n’avoir vu aucun inconnu au train de la veille, il s’avère dès la planche suivante qu’elle ment.

L’album devient alors un thriller nerveux et violent, une course poursuite entre Klara et ceux qui veulent empêcher son enquête, quitte à laisser une trainée de cadavres derrière eux.
Fil rouge du récit, une méditation initiée par Sasha, qui, de son vivant, s’interrogeait sur ce que nous apprenait l’existentialisme de Sartre, sur la responsabilité qu’a l’individu libre tant envers l’avenir vers lequel se projeter qu’envers le passé que la conscience se donne comme existence. Et si les Arbres servaient à contenir ou à ramener le passé ? La question restera ouverte.

A la fin, alors que Klara quitte la ville, on voit y pousser les premiers lotus noirs. Les humains gigotent. Ils s’entredéchirent. Le tout sous l’absence implacable de regard des Arbres.
Tout a une fin. La vie, la communauté, le pouvoir. Tout. Restent les Arbres. Et leur agenda.

C’est encore une album très bien écrit que propose Warren Ellis ici. Rythmé, nerveux, glauque, servi par un graphisme qui plonge le lecteur dans la pénombre d’une ville à l’agonie. Un page turner qui est en même temps un ouvrage mélancolique.
Que les fanatiques d’Arbres qui voudraient voir plus et savoir plus sachent néanmoins que le monstre extra-terrestre ici est plus inerte et silencieux que jamais. Sachez-le pour éviter d’aller au devant d’une déception possible.

Trees, t3, Three Fates, Ellis, Howard

Commentaires