Sandman Nightmare Country 1 - Tynion IV - Estherren

BLOG EN MODE DÉGRADÉ ON REFERA MIEUX QUAND ON POURRA MIEUX. JUSQUE LÀ, LECTEUR, POUR ENCORE QUELQUES MOMENTS, IL TE FAUDRA ACCEPTER DE ME FAIRE CONFIANCE SUR JUSTE DEUX OU TROIS LIGNES. Sortie chez Urban du tome 1 du cycle Sandman Nightmare Country , traduit par l'incontournable Patrick Marcel. L'infâme Corinthien y est de retour dans le monde, à la recherche d'un autre cauchemar mortel, celui-ci non créé par Dream. Aidé de deux monstres sadiques à mi-chemin entre des Cénobites de Hellraiser et le couple Travolta/Jackson de Pulp Fiction , le mystérieux nouveau cauchemar, à l'origine inconnue, assassine tous ceux qui peuvent le repérer ; il traque ici notamment une jeune artiste qui a le malheur de le voir quand les autres ne le peuvent pas, et dont l'entourage est la tragique victime collatérale de ce don. Comme dans le brillant The Nice House on the Lake (qui sort d'ailleurs en VF chez Urban et que je conseille très vivement) , J. Tynion IV plonge le lecteur

Ecarlate - Philippe Auribeau


1931, Providence, Rhode Island.
Un triple meurtre très spectaculaire (peut-être rituel) et un viol ont lieu dans un théâtre de la ville. La police locale reçoit, dès le début de l'histoire, le renfort non désiré de Thomas Jefferson (un descendant de l'illustre président du même nom, par ailleurs agent de BOI, l'ancêtre du FBI). L'homme est accompagné de Caleb Beaufort, un Noir (à l'époque !), chauffeur, ami, et compagnon d'armes de la guerre de 14, et de Diane Crane, une femme badass au tempérament volcanique.
Sur place, le trio prend contact avec une police entre incompétence et corruption. C'est donc sur eux et eux seuls qu'ils devront compter pour résoudre une affaire qui, non contente d'être aussi graphique qu’écœurante et de mettre en cause certaines personnalités éminentes du cru, finit par s'orienter vers de vieilles légendes entre Homme noir, et Lettre écarlate jusqu'à mettre leur vie sévèrement en péril.

"Ecarlate" est un roman fantastique de Philippe Auribeau. Plus proche d'une histoire de private eye gone rogue que d'un police procedural, "Ecarlate" développe un récit complexe (sans doute trop, au moins pour tout ce qui conduit au rebondissement du viol, plutôt invraisemblable, sans parler du fin mot de l'histoire, bien emberlificoté). Il lorgne vers le fantastique et fait intervenir, en guest star seulement, le reclus de providence, Lovecraft lui-même.

Et cette apparition presque incongrue est imho le symptôme du problème qu'a ce roman.
Amateur de Lovecraft et baignant de longue date dans le milieu du jeu de rôle (nos bios sont un peu similaires de ce point de vue), l'auteur a des tics de rôlistes qui se voient trop je trouve.


  • L'équipe d'abord, qui rappelle une équipe de jdr avec sa répartition des compétences et des personnalités.
  • La raison de l'intervention du petit groupe, un peu tirée par les cheveux comme le sont souvent, hélas, les motivations initiales dans les jdr.
  • Le petit gimmick, complètement inutile narrativement parlant, de l'enquêteur qui a le même nom qu'un président illustre.
  • L'intervention de Lovecraft, clin d’œil sans conséquence certes, mais clin d’œil inutile ici.
  • La complexité de l'affaire, tirée par des fausses pistes comme celle du viol dont la fonction est d'allonger la sauce en multipliant les pelures d'oignon pour qu la résolution ne soit pas linéaire.
  • L’intervention de henchmen quand la puissance de feu devient insuffisante.
  • Le peu d’intérêt accordé aux NPC, de leur traitement careless jusqu'à leur mort objectivement insignifiante (ex : l’altercation entre Crane et le policier, entre autres).
  • Le côté très « organisé » de la progression dans l'histoire. D'indice en interrogatoire en nouvel indice en nouvel interrogatoire, le tout entrelardé de quelques scènes de combat (parfois si évidemment overkill qu'elles en paraissent inutiles et ont l'air de ces petites rencontres de milieu de niveau qui sont là pour rythmer et dont on sait qu'on sortira sans grand dommage, ex : les anarchistes), on a l’impression d'entendre rouler les jets de Bibliothèqe, de Psychologie, ou de Toucher.
  • Le tout conduisant à un climax en feu d'artifice - le combat final - dans lequel les enjeux sont les plus élevés possible.


L'histoire n'est pas désagréable à lire, je l'ai d'ailleurs lue vite et sans déplaisir. Mais entre ces tics (que je reconnais vite) et de nombreuses imperfections qui touchent tant le style que le ton ou les métaphores, je dois à la vérité de dire que l'ensemble ne m'a guère convaincu.

Ecarlate, Philippe Auribeau

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