Mignola - Nixey - Batman La Malédiction qui s'abattit sur Gotham

Sous une couverture aux couleurs passées qui évoque un pulp trop souvent manipulé se trouve La Malédiction qui s'abattit sur Gotham , un petit bijou de Mike Mignola, Richard Pace et Troy Nixey publié en français chez Urban Nomad dans une traduction d'Alex Nikolavitch. 1928. Antarctique. L'Argo, un navire commandé par le jeune milliardaire Bruce Wayne, aborde les côtes de la terre Victoria. Il y retrouve les restes de l'expédition du professeur Cobblepot, de l'université de Gotham. Pris par les glaces, le navire scientifique de Cobblepot est immobilisé. Cela n'a rien d'étonnant. Ce qui l'est, en revanche, c'est l'état de l'équipage. Tous les hommes sont retrouvés morts par Wayne et ses associés (Dick Grayson et Tim Drake notamment) , sauf le professeur Cobblepot, disparu, et un dénommé Grendon, qui a l'air plus mort que vif. Recherches terminées, malgré une issue peu satisfaisante, l'Argo retourne à Gotham. Il ramène Grendon, sauvé in ...

Nicolas Martin dans l'Utopiales 2019


Comme chaque année, ActuSF a publié un recueil de nouvelles spécialement pour les Utopiales, regroupant des textes d'auteurs qui y étaient présents.
On en parlera ici au fil de l'eau, autant pour le plaisir de découvrir certaines des œuvres incluses que pour le bonheur de se souvenir des quelques jours passés en un lieu parfois aussi surpeuplé que la ligne 13 dans ses grands moments (c'est à dire tout le temps).

On commence par une mise en bouche du pétillant Ugo Bellagamba, qui offre, sur un ton amusant, quelques pincées d'érudition sur le thème du festival « Coder/Décoder ».

Nicolas 'Méthode scientifique' Martin propose avec Le cruciverbiste une petite pépite lovecraftienne.
Pas de Nouvelle-Angleterre ici, pas de vieil érudit myskatonien, non. Le personnage principal est un verbicruciste – en dépit du titre fallacieux – licencié de son journal et recueilli par un frère guère plus nanti que lui. Le littéraire désœuvré commence à entendre des sons, des mots, une mélopée qui devient absolument obsédante. Interpréter – décoder donc – le message transdimensionnel, le mettre en actes, jusqu'à l'horreur, voilà ce qui s'impose au has-been en déshérence.
Avec une montée en tension maîtrisée dans une ambiance étouffante qui rappellent autant le Whisperer in Darkness de Lovecraft que les éprouvants Bug de Friedkin ou Seul contre tous de Noé, un climax habile sans ponctuation, et une conclusion ligottiesque, Martin réussit son pari et livre une nouvelle interprétation d'HPL qui ajoute une petite pierre originale à un édifice connu. Bravo !

Le cruciverbiste, Nicolas Martin

Cya soon, buddies.

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