Mickey7 - Edward Ashton - Retour de Bifrost 119

Mickey7 est le roman SF de Edward Ashton qui a inspiré le film Mickey17 de Bong Joon-ho. Il raconte l'histoire de Mickey Barnes et de ses clones successifs lors d'une mission de colonisation sans retour de la planète Niflheim. Clones successifs car Mickey Barnes est un Consommable, volontaire pour effectuer les missions suicides exigées par les imprévus de la colonisation. Un drôle de job certes, mais un job rendu possible par la certitude qu'après sa(ses) mort(s) presque certaine(s) il sera reconstitué, souvenirs intacts ou presque, à partir du stock de protéines de la colonie ; et s'il a demandé ce misérable emploi c'est qu'il doit fuir d’urgence son monde d'origine à cause d'une énorme dette impayée. Outre le caractère douloureux et un peu dégradant de la fonction, Mickey a de nombreux autres problèmes : d'abord la planète Niflheim se révèle bien moins hospitalière que prévu, ensuite la mission comprend un pourcentage non négligeable de « natali...

Nicolas Martin dans l'Utopiales 2019


Comme chaque année, ActuSF a publié un recueil de nouvelles spécialement pour les Utopiales, regroupant des textes d'auteurs qui y étaient présents.
On en parlera ici au fil de l'eau, autant pour le plaisir de découvrir certaines des œuvres incluses que pour le bonheur de se souvenir des quelques jours passés en un lieu parfois aussi surpeuplé que la ligne 13 dans ses grands moments (c'est à dire tout le temps).

On commence par une mise en bouche du pétillant Ugo Bellagamba, qui offre, sur un ton amusant, quelques pincées d'érudition sur le thème du festival « Coder/Décoder ».

Nicolas 'Méthode scientifique' Martin propose avec Le cruciverbiste une petite pépite lovecraftienne.
Pas de Nouvelle-Angleterre ici, pas de vieil érudit myskatonien, non. Le personnage principal est un verbicruciste – en dépit du titre fallacieux – licencié de son journal et recueilli par un frère guère plus nanti que lui. Le littéraire désœuvré commence à entendre des sons, des mots, une mélopée qui devient absolument obsédante. Interpréter – décoder donc – le message transdimensionnel, le mettre en actes, jusqu'à l'horreur, voilà ce qui s'impose au has-been en déshérence.
Avec une montée en tension maîtrisée dans une ambiance étouffante qui rappellent autant le Whisperer in Darkness de Lovecraft que les éprouvants Bug de Friedkin ou Seul contre tous de Noé, un climax habile sans ponctuation, et une conclusion ligottiesque, Martin réussit son pari et livre une nouvelle interprétation d'HPL qui ajoute une petite pierre originale à un édifice connu. Bravo !

Le cruciverbiste, Nicolas Martin

Cya soon, buddies.

Commentaires