Un léger bruit dans le moteur - Gaet's - Munoz

Un léger bruit dans le moteur , de Gaet’s et Jonathan Munoz, est un album one-shot, adaptation du roman éponyme de Jean-Luc Luciani. Il a obtenu le Prix SNCF du Polar en 2013 . Il ressort aujourd’hui chez Petit à petit . Un léger bruit dans le moteur se passe intégralement dans un minuscule village complètement coupé de l’extérieur. Personne ne s’y arrête jamais, personne n’y vit qui n’y était pas déjà depuis longtemps. Les seuls contacts du lieu avec le reste du monde sont assurés par le facteur qui apporte à intervalles réguliers les pensions qui permettent à la plupart des quelques habitants de survivre, et par l’épicière qui achète à l’extérieur les produits qu’elle « revend ensuite trois fois plus cher » , dixit. Dans ce village sans nom, guère plus qu’un hameau, il y a un enfant, sans nom lui aussi. Il a une dizaine d’années. C’est lui qui raconte, ou plutôt qui se raconte. L’enfant sans nom est orphelin de mère, morte en couches, il a un père qui vit des aides sociale,...

AfroSF v3 - Anthologie


Quelques mots sur le recueil "AfroSF v3".
Pourquoi avoir acheté le 3 ?
Pour le thème : L'espace (afin de voir en quoi l'AfroSF peut être singulière quand elle quitte le plancher des vaches). Et en négligeant le risque d'un troisième recueil avec ce que ça peut (ou pas) comporter de fonds de cuve.
A l'arrivée, l'impression est mitigée.

A contrario des deux premiers AfroSF qui comptaient de vrais grands noms dans ses pages, "AfroSF v3" est plus modeste dans son casting (du moins en terme de notoriété internationale).

On y trouve douze nouvelles de longueurs et de qualités variables.
On y voyage dans le système solaire, parfois au-delà, certaines fois FTL, d'autres fois dans des Cosmic Ark.
Les  textes baignent dans une ambiance africaine. Des noms, des lieux, certaines références à la tradition, des extraits de chansons. Mais, de fait, hormis l'ambiance, on ne trouve que peu de récits qui tirent partie de la culture africaine pour se différencier significativement. Le cadre spatial coupe les récits du topos africain et de ses particularités socio-historiques. Trop de ces histoires sont des histoires de SF assez classique avec des gens qui portent des noms d’origine africaine et dont les descriptions nous disent qu'ils sont noirs. Si cela permet à des auteurs africains d'être publiés et si cela permet à des lecteurs africains de se sentir représentés, alors, magnifique. Mais l'intérêt, hors identitaire, est limité. Rien de commun avec ce que des auteurs comme Nnedi Okorafor, Tade Thompson, Deji Bryce Olukotun, ou Marlon James entre autres font de ce matériau culturel.

Second problème, la qualité des textes est globalement moyenne. Ecriture ou narration déçoivent parfois, ceci sans même tenir compte d'une approche qui fait quelquefois involontairement Age d'Or. Quelques-uns se détachent néanmoins :

Njuzu, de TL Huchu, est un joli texte, touchant, sur un deuil douloureux à vivre alors qu'on est tiraillé entre la tradition intériorisée et la modernité objective dans laquelle on vit sur Céres.

The Girl who stared at Mars, de Cristy Zinn, est intéressante – sans être exceptionnelle – par les secrets et les non-dits qu'elle met à jour durant le trajet d'une petite équipe de colons vers Mars.

The Luminal Frontier, de Biram Mboob ramène l'esclavage sur le devant de la scène. Il laisse envisager un empire spatial futur fondé sur l’esclavage et dit la nécessité de témoigner pour lutter contre. Il pose, sans la citer ni la rendre explicite ce qui en limite l'impact, la question de l'utilité sociale globale. Problème 2 : la technologie mise en œuvre rend le texte à la fois confus et narrativement paresseux.

The Far Side, de Gabrielle Muwanga, est un très joli texte dans lequel un père risque tout pour permettre à sa fille, en dépit de son handicap de santé, de fuir une Terre en déliquescence pour s'installer dans une colonie lunaire.

Avec Drift-Flux, de Wole Talabi, on rejoue le conflit Edenistes/Adamistes dans l'espace avec l'ajout très temps-trumpien du sentiment de déclassement racial et de la rancune qui l'accompagne. Moyennement crédible mais sympa.

Enfin, le très original Ogotemmeli’s Song de Mame Bougouma Diene décrit un système solaire dominé par la Chine, une exploitation sans limite du continent africain par celle-ci, un ou des génocides, puis une revanche qui ramène les exilés, fait renaître le continent, et offre un espoir d’apaisement. Combats spatiaux, élémentaires, entités post-humaines, destruction de planètes, c'est très graphique et très prenant.

Le reste...
J'essaierai, si j'ai le temps, le tome 1, histoire de voir si les meilleurs textes ont été retenus en premier.

AfroSF v3, Anthologie AfroSF

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