L'Homme sans tête - Gene Wolfe

Dans le Bifrost 124 , il y a les rubriques habituelles. Critiques des nouveautés, scientifiction (dans laquelle Roland Lehoucq décortique le film Projet Dernière Chance ) , etc. Il y a un édito d'Olivier Girard qui parle de confiance dans le monde du livre, confiance entre les petites mains, par-delà la valse des généraux, confiance qui permet de travailler et de continuer à le faire en dépit des vicissitudes capitalistiques. Chroniquant le Trois Oboles pour Charon de Frank Ferric, j’écrivais « L’absurdité du conflit des hommes est le seul spectacle que l’éternité lui offre » . Je m’y tiens. Dans le Bifrost 124 , il y a un volumineux dossier sur le très prolifique et insaisissable Antoine Volodine. L’homme a ses fans, je n’en suis pas, je n’ai donc pas grand-chose à en dire si ce n’est que le dossier semble vraiment très complet, comprenant notamment une longue interview réalisée par Hugues Robert. Il y a aussi dans le Bifrost 124 , une très courte nouvelle de Gene Wolfe. L’H...

Longer - Michael Blumlein


"Longer" est une novella SF de Michael Blumlein, récemment publiée chez Tor.

Futur. Gunjita et Cav sont deux grands scientifiques, des génies. En résidence temporaire sur la station Gleem One, ils doivent trouver une solution médicamenteuse à la limite de deux réjuvénations par personne. Car si la médecine de leur temps offre trois « vies » à chaque humain capable de payer, une troisième réjuvénation individuelle serait dangereuse au point d'être inenvisageable.

Gunjita et Cav sont mariés depuis une vie. Gunjita vient de faire sa seconde réjuv', la dernière, Cav, qui en a tout autant besoin, attend, traîne, trop pour que ce soit innocent.

Dans le même temps, une sonde ramène sur Gleem One un solide étrange trouvé collé à un astéroïde. La chose ressemble à du vomi solidifié. Elle est inerte mais les mesures auxquelles on la soumet renvoie des résultats étranges. Vivante (sous quelque forme étrange), morte, ou simplement minérale – le plus probable. Cav se passionne pour cette question, qui pourrait redonner un sens à sa vie et n'a pas de réponse simple, jusqu'à se convaincre que la chose est vivante sous une forme quelconque et qu'il doit le prouver, alors même qu'il s'éloigne d'une Gunjita qui, elle, voudrait tant mettre au point le signal d'alerte biologique à même de prévenir d'une mort imminente. L'un veut toucher une vie étrangère quand l'autre cherche comment préserver encore plus longtemps la vie humaine.

"Longer" aborde quantité de sujets passionnants :

Que faire de plusieurs « vies » ? Comment se motiver, trouver un sens à ce surcroît de temps ?
Que retenir ? Qu'oublier au fil de l'eau ? Combien de temps pour pardonner ?
Avons-nous le droit de modifier nos organismes ? Et quelle humanité après ?
Avons-nous le droit de créer des organismes quasi humains ad hoc ? Quels droits pour eux ?
Est-il éthique de supporter l'inégalité intrinsèque de la médecine régénérative ?
Sommes-nous seuls dans l'univers ? Saurions-nous reconnaître la vie extra-terrestre si on nous la mettait sous le nez ? Et qu'est ce que la vie, d’ailleurs ?

Mais : Trop de sujets trop divers en trop peu de pages, une écriture régulièrement pompeuse, de longs passages qui ressemblent à des dialogues de théâtre ; la novella ne choisit jamais de quoi elle parle en priorité et donne l'impression d'être le babillage parfois grandiloquent d'un enfant qui a trop d'idées et pas les moyens de les exprimer de manière convaincante.

Certaines personnes ont le don de rendre chiant n'importe quel sujet intéressant, simplement par leur manière de les aborder, les auditeurs de Bourmeau en savent quelque chose. Ici, Michael Blumlein réussit le même tour de force.

Longer, Michael Blumlein

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