The Faith of Beasts - James S.A. Corey

Juste quelques mots pour signaler la sortie de The Faith of Beasts , le tome 2 du Cycle de S.A. Corey intitulé The Captive’s War . Il succède à The Mercy of Gods (La Clémence des dieux en VF) , et conserve toutes les qualités du premier tome en gommant le léger défaut de lenteur que celui-ci présentait. Un bon millésime donc, meilleur même que le premier. Clique ici, lecteur, pour le background et une rapide remise à l’esprit du contexte . Maintenant, mémoire dûment rafraîchie, tu te souviens sans doute que toi et moi avions laissé les captifs humains des Carryx dans la position peu enviable d’être devenus – leur périlleuse évaluation passée – un groupe d’esclaves supplémentaire qui s’ajoute à tous ceux que les Carryx ont déjà réunis pour les servir – par la violence et contre leur gré – au fil de millénaires de pérégrinations spatiales. Des groupes d’esclaves sentients qui ne survivent en tant que groupes qu’aussi longtemps que leur utilité intrinsèque dépasse leur coût d’entretien. ...

Philip Roth et Brett Easton Ellis dans America 9


Dans le numéro 9 de la revue trimestrielle America, il y a, entre autres, un intéressant dossier sur l'Amérique Indienne.

Il y a aussi deux textes indispensables.


D'abord, "Jus ou sauce ? ", une nouvelle inédite de Philip Roth.
L'inoubliable auteur de La tache y raconte, en dix pages, le début, l'inspiration, et le déroulement de sa carrière d'écrivain.
Dans une illustration délicieuse d'un grand moment de sérendipité, il explique comment une trouvaille inattendue a lancé et orienté son travail d'écriture, faisant, au fil des ans, d'un jeune homme plein d'ambition littéraire l'écrivain mondialement connu qu'il devint.
J'ignore si cette histoire est vraie ou imaginaire. Comme elle est vraiment belle, je préfère ne jamais le savoir.


Puis une longue interview de Brett Easton Ellis, à l'occasion de la sortie de sa non-fiction non-essai non-bio "White".
L'auteur y raconte la distance qui s'est installée entre sa génération et celles qui l'ont suivie, entre temps long et temps court, linéarité et simultanéité.
Il parle de l'Amérique, de Trump, des Démocrates.
Du monde.

Surtout, il livre plusieurs vibrants plaidoyers.
En faveur de l'art pour l'art.
Pour la disjonction de l'auteur et de l’œuvre, ou plus généralement de la personne et de son travail.
Pour l'explication et pour l'analyse, artistiques comme politiques.
Contre le monde des clans et des communautés.
En un mot, pour la complexité de la création - et la volonté de s'y affronter - contre la binarité d'un monde devenant tribal, où tout est enjoint à signifier et où tous se divisent sur la signification - en deux clans, pour et contre ; un monde qui n'a rien à envier à ce Moyen-Âge dans lequel les passions gouvernaient et dans lequel tout anathème vociféré assez fort conduisait irrévocablement au bûcher. Vous avez dit La tache ?

Il m'a convaincu, je lirai "White".

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