Alex Landragin : l'homme des passages

Alex Landragin vient de recevoir le Prix Planète-SF 2026 à l'unanimité du jury pour son roman fantastique Le Livre des passages . Il a gentiment accepté de répondre à quelques questions pour ce blog et le site du Prix. •  Un écrivain né en France, vivant en Australie, d’origine arménienne, et maîtrisant aussi bien l’anglais que le français : voilà qui n’est pas banal. Qui êtes-vous, monsieur Landragin ? L’histoire de ma famille est passionnante, mais trop longue pour être racontée ici. Je suis né en France, à Épernay, fils d’un vigneron issu d’une longue lignée de vignerons. Du côté de ma mère, d’origine arménienne, l’histoire est jalonnée de fuites successives face à divers cataclysmes, menant finalement en France via la Turquie et l’Union soviétique. C’est donc un héritage complexe. Nous avons fini par nous installer en Australie. Plus tard, ma famille a migré vers un autre pays, mais je suis resté seul en Australie ; si, au début, ce fut à contrecœur, aujourd’hui, je ne voudrai...

Elévation - Stephen King


Castle Rock, aujourd'hui (là, la moitié des lecteurs bavent déjà d'aise).
Scott Carey est un cinquantenaire divorcé, un web designer venant de signer un gros contrat, une grande et costaude force de la nature (du genre qui meurt à 55 ans d'un infarctus) qui colle assez bien à l'image qu'on se fait d'un insider US d'origine nord-européenne. Cet homme décent est installé dans la paisible – et, disons-le, plutôt upper class – petite ville du Maine entre amis et voisins.

Tout irait pour le mieux si, depuis quelques temps, une étrange perte de poids ne l'affectait. Où est le problème, direz-vous ? Il tient un une phrase : « perte de poids régulière sans régime ni modification de la silhouette ». Jusqu'où cela ira-t-il ?

Et si Carey est malade – faute d'un meilleur terme – la petite ville l'est aussi. D'une intolérance et d'une bigoterie qui se manifestent dans l'ostracisme qu'elle fait subir à un couple de « lesbines » mariées. « Lesbines », c'est déjà pas fameux, mais « lesbines » ostentatoires, là, c'est trop pour la petite ville bourgeoise nichée au cœur d'un Etat qui vote à 75% Républicain.

Carey peut-il soigner son corps ? Carey peut-il soigner la ville ? Il faudra lire pour le savoir.

"Elévation" est une novella inédite de Stephen King. Avec ce court texte très feelgood, King revient une fois encore à Castle Rock. Il raconte une histoire simple, à la conclusion joliment émouvante, qui pourrait être un épisode de Twilight Zone. Il dépose un ou deux petits Easter Eggs pour ses lecteurs à l'intérieur de l'énorme qu'est en soi Castle Rock. Il livre un message politique de tolérance dans une Amérique trumpienne plutôt consternante – d'une façon que je trouve trop explicite, mais justifiée ici par la brièveté et la volonté feelgood du texte – et montre que l'important est de faire plutôt que de juste regretter, de faire là où on est, d'agir sur sa communauté, de faire changer les mentalités par l'exemple (j'invoque ici les paroles du New Dress de Depeche Mode). Le temps qu'on a importe donc moins que l'usage qu'on en fait.
Enfin, il offre à ses lecteurs, le pendant lumineux du très sombre La peau sur les os, publié il y a 35 ans sous le nom de Richard Bachman.

Pas son meilleur texte, mais un petit truc bien sympa à lire un soir de blues. What else ?

Elévation, Stephen King

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