Aurora Rising - Alastair Reynolds

Alastair Reynolds est un auteur britannique de SF de grand renom. Il a créé le célèbre cycle des Inhibiteurs dont la revue Bifrost disait en 2023 qu’il constituait la partie « la plus renommée, at assurément la plus volumineuse » de son œuvre. Aurora Rising (titre original : The Prefect) est un roman qui se passe au XXVe siècle, environ cent ans avant l’intrigue principale du cycle. Il peut se lire (comme ses deux suites) indépendamment du cycle principal, et montre aux lecteurs qui le connaîtraient un univers qui n’a pas encore sombré dans la déréliction liée au désastre de la Pourriture fondante. Yellowstone est le monde humain le plus avancé. Un cauchemar atmosphérique constellé de villes sous dôme. Autour de Yellowstone gravitent environ dix mille habitats orbitaux qui forment le Glitter Band . 100 millions de personnes vivent dans ces habitats qui sont tous strictement souverains. Seule condition pour faire partie de l’ensemble : accepter et respecter un système qui place le ...

Au-delà de Sherlock Holmes - Retour de Bifrost 90


Les quatre textes qui composent "Au-delà de Sherlock Holmes" sont extraits du Big Book of Sherlock Holmes Stories d'Otto Penzler.
Tous ont en commun de placer le plus grand détective du monde face à l'Imaginaire au sens large.
Chaque texte est précédé d'une courte notice bio présentant son auteur.

L'ouvrage s'ouvre, hélas, sur la plus faible des quatre nouvelles.

L'aventure du loup fantôme, d'Anthony Boucher, ne présente guère d'intérêt. On voit Holmes y trouver par inadvertance le sens caché derrière le conte du Petit Chaperon Rouge et en tirer une vérité première sur la préférence humaine pour les croyances admises contre les vérités nouvelles. Même le ton n'est pas vraiment le bon.

L'affaire des patriarches disparus, de Logan Clendening, est très courte (2 pages). Amusant exercice de style, elle donne l'occasion à Holmes d'éprouver ses talents hors pair d'observation déductive pour retrouver au Paradis les parents disparus de l'humanité en mobilisant le paradoxe de l'omnipotence.

Vient ensuite Les joyaux de la couronne martienne de Poul Anderson. L'auteur SF s'y amuse à faire d'Holmes un martien, aussi aviaire qu'étonnamment proche de l'original. Il joue aussi à réutiliser le nom de John Carter, à transcrire Baker Street à la mode martienne, ou à mettre en scène un probable descendant de l'Inspecteur Gregson ; mais il néglige d'inclure un Watson martien. Mystère en chambre close dans l'espace interplanétaire, la nouvelle, fort sympathique par l'Holmes qu'elle donne à voir, lorgne du côté du Diadème de Béryls, de Doyle.

L'anthologie se clôt sur Le diable et Sherlock Holmes, de Loren D. Estleman. Texte plutôt fin et parfaitement dans le ton des nouvelles originales, la nouvelle confronte Holmes et Watson à un aliéné qui dit être le diable. L'assurance et la patience de Holmes sont bien présentes, sa faiblesse face à l'ennui aussi, ainsi que quelques autres références. Mais ce qui brille ici c'est l'amitié indéfectible que Holmes éprouve pour son partenaire, au point que sa légendaire rationalité est ébranlée quand s’y soumettre risquerait de mettre Watson en danger. Un texte riche de compréhension de l’œuvre originale.

Inégal mais rapide à lire, le recueil vaut un coup d’œil, au moins pour les deux derniers textes. Et si on apprécie la confrontation de Holmes au surnaturel, on lira avec grand profit Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell, chroniqué ci-dessous.

Au-delà de Sherlock Holmes, Anthologie

Commentaires