A Forest Darkly - Angela Slatter

Monde de Sourdough , encore. Dans la Grande Forêt Sombre que tout monde de conte noir se doit de posséder. Mehrab est une sorcière. Elle vit dans une petite cabane au cœur de la forêt, non loin du minuscule village de Berhta’s Forge. Difficile de faire plus à l’écart du fracas du monde : de Lodellan jusqu’au bord de la Grande Forêt, le voyage prend plusieurs mois de route, et ensuite, une fois arrivé à la lisière de la forêt, il faut encore environ six semaines pour rejoindre Berhta’s Forge, qui se trouve assez profondément dans la forêt, non loin de son cœur selon les cartes – bien que celles-ci restent très imprécises. C’est pourtant sur le pas de sa porte, au fin fond de cette retraite, que le monde va s’inviter sous la forme d’une jeune fille en fuite, Rhea. Rhea est une très jeune sorcière. Prise en charge par les Visiting Sisters après un acte assez grave pour mettre sa vie en danger (si sa nature même de sorcière n’engendrait pas déjà un risque suffisant) , Rhea est passée de ma...

L'enfer des masques - Jacques Barbéri


Nora est une jeune fille qui vit à Nice avec sa mère Susan, psychanalyste. Elle ne connaît pas son père sur lequel sa mère ne lui a jamais rien dit, même pas son nom. Le connaît-elle d’ailleurs ?
Passionnée de cinéma, Nora rencontre Régis, cinéphile aussi, fils du richissime Paul qui a fait fortune dans les écrans souples – faut-il être barjo ! – entre autres.
Lors d'une soirée à laquelle Régis l'emmène, Nora – qui n'est pas encore sa petite amie – voit par hasard une photo bouleversante : sa mère, de vingt ans plus jeune, visiblement en terme amoureux avec un homme. Les deux, et un troisième aussi sur le cliché, ne sont autres que les trois inventeurs géniaux de Nirvana, une intelligence artificielle de très haut niveau.

Pourquoi Susan n'a-t-elle jamais parlé à sa fille de sa première carrière prestigieuse ? L'homme qui l'enlace est-il son père ? Et si c'est le cas, pourquoi avoir caché cette vérité simple à la jeune fille ?

Nora, suivi par un Régis qui l'aime et qu'elle apprend à aimer aussi, va traquer ce « père » potentiel jusqu'en Californie où il est devenu un magnat de l'informatique, aussi riche et puissant que profondément misanthrope et solitaire. Elle y découvrira une vérité bien plus complexe que celle qu'elle s'attendait à trouver.

A l'autre bout du monde, en Californie justement, une femme nommée Priscilla se réveille dans une luxueuse clinique privée. Amnésique, elle est prise en charge par une équipe médicale qui refuse – pour raisons thérapeutiques – de lui révéler ce qu'elle ne retrouve pas elle-même. La seule certitude, elle est mariée à Nick, qu'elle aime et qui l'aime et qui lui rend visite chaque soir en hélicoptère.

Bâti sur deux fils principaux dont on ne sait pendant longtemps s'ils partagent une même temporalité, "L'enfer des masques" est un thriller haletant, un vrai page-turner qui intrigue son lecteur et le transporte progressivement dans un monde qui relève autant de l'anticipation que du roman policier.

Dans un texte truffé de références, Barbéri clame son amour du cinéma, de l'opéra, de la littérature. Par les voix de Nora et Régis, il fait pénétrer le lecteur dans son univers artistique avec humour et, régulièrement, poésie. De Baudelaire à Sturgeon en passant par Lynch ou K. Dick sans négliger Paul Dukas, il organise un voyage dans un monde de correspondances dont les principales sont sans doute Barbe-Bleue (Faut-il utiliser la clef dorée, réelle ou métaphorique ? Faut-il ouvrir la porte cachée ? Faut-il savoir ? La tranquillité de l'ignorance n'est-elle pas préférable à la douleur de la connaissance ?), le Corbeau de Poe (avec son obsession névrotique) ou encore le Monsieur Valdemar du même.

"L'enfer des masques" se lit vite, bien, et avec plaisir. Au fil d'une enquête qui progresse à un rythme soutenue, on y croise des personnages étranges ou bouleversés ou les deux à la fois. On y rencontre un équivalent local du Doc Jacoby de Twin Peaks. On y assiste même à une assez répugnante cérémonie (ne pas cliquer si on ne veut pas savoir). C'est une belle balade en univers décalé.
Si on veut chouiner, on regrettera juste que l'histoire d'amour de Nora et Régis soit un peu too much.

L'enfer des masques, Jacques Barbéri

Commentaires

Erwannn a dit…
Ça donne envie !
Évidemment, je voulais savoir pour la cérémonie : évidemment, j'ai cliqué. Beurk.
Gromovar a dit…
Malheureux !!!

Sinon, c'est vraiment très sympa. Un peu leg' côté hard science-fictif mais ce n'était pas le point ici.
FeydRautha a dit…
POUAH!!! (j'ai cliqué)
Gromovar a dit…
J'avais prévenu pourtant.
Erwannn a dit…
Nan mais c'est à la limite du clickbait : "ne clique pas si tu ne veux pas savoir". C'est sûr que le curieux veut savoir, quand bien même devra-t-il perdre 1D6 de SAN au passage. (Bon, j'ai faim, moi, là, du coup.)
Gromovar a dit…
Syndrome de Barbe-Bleue.
FeydRautha a dit…
Le pire est que, comme Erwann, je me suis dit "Quelle horreur ! Tiens, je mangerais bien des sushis..." Le mal est en l'homme et réciproquement.
Gromovar a dit…
Je m'essaie à la suggestion ;)