The Everlasting - Alix E. Harrow

Mais que diable suis-je allé faire dans cette galère ? C’est la question que je me pose en effet. Pris de folie, j’ai acheté le dernier Prix Hugo, The Everlasting d’Alix E. Harrow. Mal m’en a pris. Long story short, The Everlasting est l’histoire d’Owen Mallory, un jeune chercheur raté envoyé à son corps défendant 900 ans dans le passé pour documenter la vie d'Una, une orpheline devenue une chevalière légendaire, vainquant des périls sans nom avant de mourir pour sa reine et sa patrie. C’est une histoire de boucle temporelle dans laquelle il s’avère vite que l’Histoire est manipulée par une femme ambitieuse qui construit de toutes pièces sa grandeur en construisant celle de son pays. C’est aussi une histoire d’amour (hélas) entre Owen le moderne et Una l’historique. Voilà. Le monde de Dominion, la patrie du héros, ressemble beaucoup à l’Angleterre de l’après-Seconde Guerre mondiale. La légende dite dans le roman ressemble, par ses personnages, à la légende arthurienne. S’y ajout...

Loss of Signal - S.B. Divya


Futur proche. Toby Benson, 19 ans, est à quelques instants de reproduire la fondatrice mission Apollo 8 (c'est à dire première sortie habitée de l'orbite terrestre, première mise en orbite d'un vaisseau habité autour d'un autre corps céleste - la Lune - et première observation directe de la face cachée par des hommes). Ca c'est pour le point commun, la différence, elle, est de taille : Toby Benson (sauvé in extremis d'une maladie dégénérative mortelle) n'a plus de corps, il n'est plus qu'une conscience uploadée dans un vaisseau spatial. Et au moment de la satellisation, quand le contact radio va être perdu, Toby a peur, il a froid, il est assailli de sensations fantômes.

"Loss of Signal" est une nouvelle très courte de S.B. Divya, téléchargeable là. C'est un texte émouvant qui montre comment le courage d'une femme du lumpenprolétariat US, qui fait d'exténuants services de douze heures pour élever seule son fils, infuse et se transmet à celui-ci au moment où la peur de plonger dans l'inconnu le saisit.

Poussé par le souvenir du courage stoïque de sa mère, par sa présence constante à ses côtés même quand ce n'est plus possible que par radio, par la puissance de cet amour maternel sans limite qui a irradié, toute sa vie durant, d'elle vers lui, Toby y trouve la force de laisser derrière lui le regret d'un meatware perdu pour toujours et d'accepter enfin d’admettre que la fusée qui abrite sa conscience est aussi le corps qui la porte.

Dans Accelerando, Charles Stross envoyait des consciences de homards dans l'espace. Toby est bien plus proche de nous, et nous est bien plus sympathique lorsqu'il convoque son humanité pour parvenir à vaincre les monstres de la peur et de la solitude.

Loss of Signal, S.B. Divya

L'avis d'Apophis

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