Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Les Attracteurs de Rose Street - Lucius Shepard


Londres, fin XIXème. Samuel Prothero est un jeune aliéniste ambitieux. Sa position est encore mal assurée, mais il espère vivement que les relations qu'il se fait au sein du prestigieux Club des Inventeurs lui assureront carrière, fortune, et ascension sociale.
Quand le controversé Jeffrey Richmond lui propose de réaliser une double analyse très bien payée, Prothero accepte d'aller s'installer dans la maison de l'inventeur, au cœur du quartier déliquescent de Saint Nichol. Là, dans la demeure – un ancien bordel – qui appartint à Christine, la sœur défunte de Richmond, il découvre que la machine à purifier l'air londonien inventée par l'homme attire en fait les fantômes présents dans l'atmosphère et, singulièrement, la malheureuse Christine.

Trouver la vérité sur la mort de Christine, libérer son âme, régler la question des fantômes, autant de tâches imprévues qui tombent sur un Prothero qui ne peut guère compter sur un Richmond de plus en plus lointain, et qui s'amourache par ailleurs de Jane, l'une des deux bonnes de la maison.

Avec "Les Attracteurs de Rose Street", Lucius Shepard plonge dans le Londres brumeux et sordide du XIXème siècle. Quartier mal famé, ancien lupanar, puissants qui vont au bordel pour s'encanailler, stratification sociale forte, poids des conventions, on est un peu ici chez Dorian Gray.

Mais l'essentiel est ailleurs. C'est un texte gothique, ou néogothique pour les puristes, que propose Shepard (Fuck steampunk !). Certes, ici, pas de transport dans un Moyen-Âge fantasmé ni de monastère hanté, mais on trouve dans "Les Attracteurs de Rose Street" de longues phrases descriptives très évocatrices, une centration sur le surnaturel et l'effroi, une tension sexuelle constante cohabitant avec un romantisme plein d'emportements. Et puis, l'ambiance amène à l'esprit quantité de références plus ou moins volontaires. Prothero, invité dans une demeure dans laquelle il s'installe à long terme, rappelle Jonathan Harker dans le château de Dracula. Richmond et sa machine évoquent plus le docteur Frankenstein que les protagonistes du cataclysmique La fin de Londres de Robert Barr, en dépit du rôle que joue le fog londonien dans les deux récits. Les faux-semblants et les sautes d'humeur de Richmond rappellent ceux du Docteur Jekyll. Et surtout, il est impossible de ne pas penser à La chute de la maison Usher en lisant cette histoire de passion et de fureur entre un frère et sa sœur.

Science expérimentale, fantômes, sexe, passion, mort violente et remords, "Les Attracteurs de Rose Street" – traduit par un J.D. Brèque qui fait ici d'une pierre deux coups entre savanturiers et Shepard – est donc un pastiche très réussi de la littérature néogothique qui rend hommage à un genre d'une rare élégance et en fait une sorte de résumé conclusif.

Les Attracteurs de Rose Street, Lucius Shepard

Commentaires

celindanae a dit…
J'attends le 6 septembre et l'opération spéciale du Bélial pour le commander. Il me tarde de le lire, j'aime beaucoup ce style.
Gromovar a dit…
Alors tu y prendras plaisir :)
shaya a dit…
Ca a l'air très sympathique en tout cas (et comme d'autres j'attends l'opération du Bélial pour le commander avec les UHL qui me manquent ^^)
Gromovar a dit…
Oui. Et commander en papier car je ne sais pas si l'HS existera en numérique. J'en doute.
Vert a dit…
Moi aussi j'attends l'opération spéciale pour le commander, ravie de savoir que ça ne sera pas juste pour le hors-série ^^
Gromovar a dit…
Non, non, très sympa cette histoire.