L'Homme sans tête - Gene Wolfe

Dans le Bifrost 124 , il y a les rubriques habituelles. Critiques des nouveautés, scientifiction (dans laquelle Roland Lehoucq décortique le film Projet Dernière Chance ) , etc. Il y a un édito d'Olivier Girard qui parle de confiance dans le monde du livre, confiance entre les petites mains, par-delà la valse des généraux, confiance qui permet de travailler et de continuer à le faire en dépit des vicissitudes capitalistiques. Chroniquant le Trois Oboles pour Charon de Frank Ferric, j’écrivais « L’absurdité du conflit des hommes est le seul spectacle que l’éternité lui offre » . Je m’y tiens. Dans le Bifrost 124 , il y a un volumineux dossier sur le très prolifique et insaisissable Antoine Volodine. L’homme a ses fans, je n’en suis pas, je n’ai donc pas grand-chose à en dire si ce n’est que le dossier semble vraiment très complet, comprenant notamment une longue interview réalisée par Hugues Robert. Il y a aussi dans le Bifrost 124 , une très courte nouvelle de Gene Wolfe. L’H...

Gagner la guerre t1 Cuidala - Genet - Jaworski


Lecteur, je ne te présente pas "Gagner la guerre" (Prix Imaginales 2009), l'immense roman low fantasy de JP Jaworski. Il met en vedette le spadassin Benvenuto Gesufal, un bretteur talentueux, roublard, gouailleur, et irrésistible, enfoncé jusqu'au cou dans l’embrouillamini des arcanes politiques de Ciudala, une cité Renaissance aussi belle que dangereuse pour ceux qui veulent la dominer, une capitale, un port, le centre du monde.

Chouchou des lecteurs de Jaworski, Benvenuto est un de ces rares grands filous qui peuplent la fantasy. Oserai-je dire de Benvenuto qu'il est un Souricier Gris en mieux ? J'ose.
Si l'on ne me croit pas, écoutons celui qui le connaît le mieux, son créateur : « Un homme infréquentable. Un enfoiré de première ! J'insiste sur cet aspect-là car il est aussi très séduisant. Un de ses pires méfaits est sans doute d'essayer en permanence d’enjôler le lecteur, pour l'amener ensuite à adhérer à des choses absolument inacceptables ». Voilà, tout est dit, je suis enjôlé.

A un tel personnage il faut un écrin idoine. Jaworski lui a offert, pour s'ébattre, une cité (Ciudala) et un royaume (le Vieux Royaume) aussi dangereux qu’envoûtants. Et point de paix pour l'assassin, il se trouve plongé au cœur de tant de machinations qu'il lui faut tout son talent et toute sa chance pour espérer seulement en sortir vivant.

Adapté en BD par Frédéric Genet, "Gagner la guerre" s'offre aujourd'hui aux regards après avoir fait les délices de l'imagination. Disons-le sans détour, c'est une réussite. De Cuidala la renaissante à Kaellsbruck la médiévale, tout est beau, lumineux, grandiose. Les personnages non plus ne déçoivent pas, avec une mention spéciale pour le maître assassin Don Mascarina et sa bonne tête de capo napolitain.

Précision importante : ce tome 1, disponible, adapte la nouvelle Mauvaise donne qui se trouvait dans le recueil Janua Vera et introduisait au monde le personnage de Benvenuto. L'action de ce tome se situe donc juste avant celle du roman. Le roman lui-même n'arrivera qu'avec le tome 2.

Ici, dans ce tome, Benvenuto se trouve au centre d'une machination politique qui prend ses racines dans le passé et lui coûtera la vie sous peu s'il ne parvient pas à user de son intelligence pour convaincre de son utilité. Gageons qu'il y réussira. Sinon, comment pourrait-il, après, gagner la guerre et tenter de survivre à la paix ?

A noter, un sympathique avant-propos de JP Jaworski ouvre l'album.
Et, enfin, une carte ;-)

Gagner la guerre, t1, Genet, Jaworski

Commentaires

Baroona a dit…
J'ai toujours du mal, à titre tout à fait personnel, avec les adaptations d'oeuvres sur d'autres supports, mais je suis tout de même ravi que celle-ci soit de qualité, c'est mérité.
Je croyais par contre me souvenir que Jaworski était "contre" les cartes, je fais erreur ?
Gromovar a dit…
Contre non mais désintéressé au minimum.

Mais là, pour la BD, il a cédé.