Women in Chains 2026 - Thomas Day

En 2012, je chroniquai positivement le recueil Women in Chains, de Thomas Day, qui venait de sortir chez ActuSF . Voilà qu’il revient aujourd’hui au Bélial, dans une édition revue et corrigée avec couv' et illustrations intérieures d'Anouck Faure. Exit la préface, bienvenue à un amuse-gueule (qui évoque sans le dire l’affaire French Bukkake ) et à une coda. Exit aussi la nouvelle Poings de suture . Arrivée de l’inédite El Fantasma et réécriture de Tu ne laisseras point vivre , retitrée Toute la vérité sur la sorcière de l’est . Brève revue. Eros-Center , La ville féminicide et Nous sommes les violeurs restent identiques à la version originale. Trois textes forts et percutants. Deux mots donc sur ce qui bouge. Un mot bref d’abord sur Toute la vérité sur la sorcière de l’est . Réécrite, cette histoire de femme affligée d’une malédiction qui lui fait voir la grande mort dans la petite est devenue plus efficace, plus cohérente que dans sa version précédente. Un mot plus long en...

The Black Monday Murders TPB 2 - Hickman - Coker


Sortie du tome 2 du très bon The Black Monday Murders, toujours par Hickman et sa bande. Il est intitulé sobrement "The Scales", comme la balance qui dit l'équilibre du marché ou ses déséquilibres récurrents, la balance aussi qui sera l'indicateur fiable de son rétablissement après que les sacrifices nécessaires aient été accomplis.

L'histoire entamée dans le TPB 1 se poursuit au mieux. Le volume précédent ouvrait les fils, posait les questions, et, intrigant, livrait seulement quelques réponses ; ce tome-ci répond à bien des interrogations légitimes du lecteur et fait avancer de manière résolue les intrigues en cours, il fait clairement le job.

On pénètre dans les secrets enfouis de la Fed (ce lieu où le voile entre deux mondes est fin), on en apprend plus sur la guerre froide en cours entre les maisons et à l'intérieur de Caina-Kankrin même, on comprend mieux les dessous de la mise à l'écart de Grigoria Rotschild et de la prise de contrôle par Daniel au milieu des années 80.

On découvre au fil des pages que les personnages principaux – Grigoria et son défunt frère Daniel, leur chef de la sécurité Thomas Dane, le détective Dumas – sont bien plus complexes qu'il n'y paraissait, et que certains sont engagés dans un changement radical de paradigme.

Sur le fond, au gré des dialogues, on est ramené à la réalité du pouvoir – dont la monnaie n'est qu'une forme matérielle, comme cristallisée.
On se rappelle le lien – dans une approche quasi marxienne encore – entre changement technologique (l'infrastructure), changement social, et changement idéologique (la superstructure). Dans cet ordre.
On comprend, je le disais déjà précédemment, que le surplus des uns ne peut venir que du rationnement des autres, et que, de ce fait, la lutte des lasses est inextinguible – There's no such thing as a free lunch, Fourastié ne disait pas autre chose dans son classique Pourquoi nous travaillons.
On mesure enfin avec effroi l'envergure planétaire de la coterie occulte qui gouverne en sous-main le monde, car le pouvoir n'a ni nation, ni idéologie, ni religion. Le pouvoir se suffit à lui-même comme but à atteindre et patrimoine à protéger, quel qu'en soit le prix.

A la fin de l'album, sous l'impulsion de Grigoria, la guerre froide est devenue très chaude. La lutte pour la suprématie et le contrôle de l'historicité mondiale fait rage ; elle a sans doute commencé avant le krach de 1987, le seul qui n'ait pas été causé par un réveil de Mammon mais bien par les actions – encore à découvrir – de ses adorateurs. C'est toujours aussi bon. Vivement le tome 3.

Black Monday Murders t2, The Scales, Hickmann et al.

Commentaires

midnighter a dit…
c'est la version originale ? la version française ne sort bien que ce mois de mai ?
Gromovar a dit…
VO oui. La VF du tome 1 sort est prévue pour le 22 juin (pas en mai).