A Forest Darkly - Angela Slatter

Monde de Sourdough , encore. Dans la Grande Forêt Sombre que tout monde de conte noir se doit de posséder. Mehrab est une sorcière. Elle vit dans une petite cabane au cœur de la forêt, non loin du minuscule village de Berhta’s Forge. Difficile de faire plus à l’écart du fracas du monde : de Lodellan jusqu’au bord de la Grande Forêt, le voyage prend plusieurs mois de route, et ensuite, une fois arrivé à la lisière de la forêt, il faut encore environ six semaines pour rejoindre Berhta’s Forge, qui se trouve assez profondément dans la forêt, non loin de son cœur selon les cartes – bien que celles-ci restent très imprécises. C’est pourtant sur le pas de sa porte, au fin fond de cette retraite, que le monde va s’inviter sous la forme d’une jeune fille en fuite, Rhea. Rhea est une très jeune sorcière. Prise en charge par les Visiting Sisters après un acte assez grave pour mettre sa vie en danger (si sa nature même de sorcière n’engendrait pas déjà un risque suffisant) , Rhea est passée de ma...

The Black Monday Murders TPB 2 - Hickman - Coker


Sortie du tome 2 du très bon The Black Monday Murders, toujours par Hickman et sa bande. Il est intitulé sobrement "The Scales", comme la balance qui dit l'équilibre du marché ou ses déséquilibres récurrents, la balance aussi qui sera l'indicateur fiable de son rétablissement après que les sacrifices nécessaires aient été accomplis.

L'histoire entamée dans le TPB 1 se poursuit au mieux. Le volume précédent ouvrait les fils, posait les questions, et, intrigant, livrait seulement quelques réponses ; ce tome-ci répond à bien des interrogations légitimes du lecteur et fait avancer de manière résolue les intrigues en cours, il fait clairement le job.

On pénètre dans les secrets enfouis de la Fed (ce lieu où le voile entre deux mondes est fin), on en apprend plus sur la guerre froide en cours entre les maisons et à l'intérieur de Caina-Kankrin même, on comprend mieux les dessous de la mise à l'écart de Grigoria Rotschild et de la prise de contrôle par Daniel au milieu des années 80.

On découvre au fil des pages que les personnages principaux – Grigoria et son défunt frère Daniel, leur chef de la sécurité Thomas Dane, le détective Dumas – sont bien plus complexes qu'il n'y paraissait, et que certains sont engagés dans un changement radical de paradigme.

Sur le fond, au gré des dialogues, on est ramené à la réalité du pouvoir – dont la monnaie n'est qu'une forme matérielle, comme cristallisée.
On se rappelle le lien – dans une approche quasi marxienne encore – entre changement technologique (l'infrastructure), changement social, et changement idéologique (la superstructure). Dans cet ordre.
On comprend, je le disais déjà précédemment, que le surplus des uns ne peut venir que du rationnement des autres, et que, de ce fait, la lutte des lasses est inextinguible – There's no such thing as a free lunch, Fourastié ne disait pas autre chose dans son classique Pourquoi nous travaillons.
On mesure enfin avec effroi l'envergure planétaire de la coterie occulte qui gouverne en sous-main le monde, car le pouvoir n'a ni nation, ni idéologie, ni religion. Le pouvoir se suffit à lui-même comme but à atteindre et patrimoine à protéger, quel qu'en soit le prix.

A la fin de l'album, sous l'impulsion de Grigoria, la guerre froide est devenue très chaude. La lutte pour la suprématie et le contrôle de l'historicité mondiale fait rage ; elle a sans doute commencé avant le krach de 1987, le seul qui n'ait pas été causé par un réveil de Mammon mais bien par les actions – encore à découvrir – de ses adorateurs. C'est toujours aussi bon. Vivement le tome 3.

Black Monday Murders t2, The Scales, Hickmann et al.

Commentaires

midnighter a dit…
c'est la version originale ? la version française ne sort bien que ce mois de mai ?
Gromovar a dit…
VO oui. La VF du tome 1 sort est prévue pour le 22 juin (pas en mai).