Nowhere Burning - Catriona Ward

Aujourd’hui, dans le Colorado. Riley et Oliver sont frères et sœurs. Orphelins de parents, ils vivent sous la garde de Cousin, qui, sous prétexte de fanatisme religieux, les martyrise. De punition en privation finit par arriver un jour où la situation n’est plus tenable – d’autant qu’une mystérieuse visiteuse nocturne nommée Dawn propose à Riley, l’aînée, une voie de sortie possible. Frère et sœur vont fuir vers Nowhere, une propriété abandonnée, isolée dans les montagnes, dans laquelle, croit-on, vivent libres des enfants en fuite. Mais Nowhere a aussi mauvaise réputation. Un incendie, des meurtres, le ranch a un passé sombre. Voilà pourquoi Marc et Kimble, deux documentaristes, sont en train de travailler dessus. D’autant que, semble-t-il, des enlèvements ont lieu, qui seraient commis par les résidents de ce lieu si éloigné qu’il a fini par se retrouver noyé dans une brume d’inconnaissance. Et puis il y a Adam, un menuisier, futur père, qui fuit son couple en difficulté dans un chant...

Pornography - Philippe Gonin - It doesn't matter if we all die


Il y a quelques années, j'ai été juré invité à une présentation d’œuvre pour le Conservatoire. J'ai vécu un moment de solitude presque unique : je ne comprenais même pas les questions que les autres jurés posaient. L'analyse musicale, c'était plus fort que moi. Le Béotien suprême.

Aussi, c'est avec une de ces inquiétudes qui rend les mains moites que j'ouvrais, il y a peu, le "Pornography" du musicologue Philippe Gonin. J'avais tort.

Pornography, conclusion de la trilogie noire, chef d’œuvre du rock mondial, album aussi unique que difficile à pénétrer, entre inconnu dans lequel on plonge pour trouver du nouveau et abîme rendant son regard à l'observateur. Album conclusif aussi, à peu d'exceptions près, de la recherche musicale et personnelle de Robert Smith.

Soyons honnête. Je n'ai pas tout compris (je ne vais donc pas feindre une science inexistante et commenter l'ouvrage).
Mais pas rien non plus, loin de là :)
J'ai appris bien des choses tant sur le projet Pornogaphy, sur ses sources d'inspiration, sur ses conditions d'enregistrement, sur certains choix musicaux faits durant celui-ci, sur le travail énorme réalisé en studio par le producteur Phil Thornalley. Et j'ai profité du décorticage écrit de quelques morceaux, retrouvant par la lecture des choses sues mais jamais exprimées en mots.
J'y ai compris mieux comment furent créés les sons uniques d'instruments ou de voix aussi caractéristiques de l'album que profondément dérangeants. Cette étrangeté, cette retenue, ce regret, cette rage aussi, contenue ou hurlée, qu'on sent dans les sonorités de l'album et dans ses rythmes brisés le signent bien plus que ses paroles éprouvantes ou ses mélodies minimalistes et hypnotiques.

Moi qui voue pourtant un véritable culte à la version live de One Hundred Years jouée à Barcelone en 1985 écrit ces mots en réécoutant l'album original livre en main, en me replongeant dans l’œuvre telle qu'elle fut pensée sur des mois et construite sur huit semaines d'enregistrement et de mixage. Puis je réécouterai, au calme, sans lire ni écrire, en ne faisant que ça. Et plus éclairé que je ne l'étais hier. Car c'est à ça que sert la connaissance : à apprécier plus, mieux, et autrement, ce qu'on appréciait déjà intuitivement, en naïf.

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