Phantom Road t3 - Lemire - Walta - Bellaire

Nouvel article court, consacré cette fois au TPB 3 du Phantom Road de Lemire, Walta et Bellaire. Contrairement au TPB 6 de Department of Truth qui ne faisait que bien peu avancer l’intrigue, ce volume 3 de la série fantastique de Lemire laisse son lecteur bien plus au fait de ce qui se passe dans le très étrange monde de la Phantom Road . Ambiance Twin Peaks toujours, avec ce que ça comporte de zones d’ombre et d’étrangeté, mais, enfin, on commence à y voir un peu plus clair sur les enjeux du récit, sur les rapports entre les personnages, sur l’historicité de l’objet que doivent transporter vers un mystérieux Golgotha les héros malheureux de la série, à savoir Dom et Birdie. On comprend, en lisant ce tome 3, comment l’agente Weaver est liée familialement à la Phantom Road . On découvre quel est le rôle des relais routiers Billy Bear . On apprend que le père de l’agente Weaver fut le deuxième à enquêter sur les mystères de la Phantom Road et qu’il eut un prédécesseur, l’homme en che...

Pornography - Philippe Gonin - It doesn't matter if we all die


Il y a quelques années, j'ai été juré invité à une présentation d’œuvre pour le Conservatoire. J'ai vécu un moment de solitude presque unique : je ne comprenais même pas les questions que les autres jurés posaient. L'analyse musicale, c'était plus fort que moi. Le Béotien suprême.

Aussi, c'est avec une de ces inquiétudes qui rend les mains moites que j'ouvrais, il y a peu, le "Pornography" du musicologue Philippe Gonin. J'avais tort.

Pornography, conclusion de la trilogie noire, chef d’œuvre du rock mondial, album aussi unique que difficile à pénétrer, entre inconnu dans lequel on plonge pour trouver du nouveau et abîme rendant son regard à l'observateur. Album conclusif aussi, à peu d'exceptions près, de la recherche musicale et personnelle de Robert Smith.

Soyons honnête. Je n'ai pas tout compris (je ne vais donc pas feindre une science inexistante et commenter l'ouvrage).
Mais pas rien non plus, loin de là :)
J'ai appris bien des choses tant sur le projet Pornogaphy, sur ses sources d'inspiration, sur ses conditions d'enregistrement, sur certains choix musicaux faits durant celui-ci, sur le travail énorme réalisé en studio par le producteur Phil Thornalley. Et j'ai profité du décorticage écrit de quelques morceaux, retrouvant par la lecture des choses sues mais jamais exprimées en mots.
J'y ai compris mieux comment furent créés les sons uniques d'instruments ou de voix aussi caractéristiques de l'album que profondément dérangeants. Cette étrangeté, cette retenue, ce regret, cette rage aussi, contenue ou hurlée, qu'on sent dans les sonorités de l'album et dans ses rythmes brisés le signent bien plus que ses paroles éprouvantes ou ses mélodies minimalistes et hypnotiques.

Moi qui voue pourtant un véritable culte à la version live de One Hundred Years jouée à Barcelone en 1985 écrit ces mots en réécoutant l'album original livre en main, en me replongeant dans l’œuvre telle qu'elle fut pensée sur des mois et construite sur huit semaines d'enregistrement et de mixage. Puis je réécouterai, au calme, sans lire ni écrire, en ne faisant que ça. Et plus éclairé que je ne l'étais hier. Car c'est à ça que sert la connaissance : à apprécier plus, mieux, et autrement, ce qu'on appréciait déjà intuitivement, en naïf.

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