Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

Le camp - Christophe Nicolas - Retour de Bifrost 83


"Le camp" est le troisième roman du toulousain Christophe Nicolas. Il est présenté par son éditeur comme « un thriller d’une efficacité redoutable, entre paranormal et science-fiction ». Mazette ! Hélas, on est bien loin du compte.

Ici (un bled non loin d’Alès) et maintenant. Flora  revient s’installer dans le hameau de son enfance, La Draille, voisin d’une base militaire. Avec elle, pour l’aider à déménager, Cyril, le compagnon de Marie, sa meilleure amie. Prise par son travail, cette dernière n’a pu les accompagner, elle les rejoindra demain, par le train. C’est le plan. Mais quand, à l’heure prévue, Marie arrive à la gare proche, personne n’est là pour l’accueillir. Prise en pitié par un aimable autochtone qui l’emmène à La Draille, elle ne peut qu’y constater l’incroyable : la disparition non seulement de Flora et Cyril mais aussi de la vingtaine d’habitants du hameau. Seuls restent deux vieillards décédés et un bébé abandonné.

De là, le récit se déroule sur plusieurs fils plus ou moins entrelacés. Marie, la recherche des disparus, et les évènements terribles des mois suivants. Cyril et la mystérieuse réalité vécue de la séquestration, puis de la traumatisante libération dans un monde devenu inconnu. Le passé (6 ans avant), avec un premier mystère mis à jour par un gendarme local lors d’une enquête, un gendarme que tous prennent depuis pour un fou. Quel est le fin mot de l’histoire ? Qui s’en sortira et comment ? Il faudra lire jusqu’aux dernières pages pour le savoir. Le suspense est donc là. Mais c’est tout.

Le roman n’est satisfaisant ni sur le fond ni sur la forme.
Sur le fond, l’histoire est complètement invraisemblable ; on dirait un mauvais scénario de jeu de rôle. Sans compter un parallèle aussi évident que maladroit avec l’Occupation et l’inévitable sanglot algérien de l’homme blanc français, épicés d’un bon nombre de clichés et de quelques affirmations définitives et presque puériles sur le mal que l’homme fait et les nécessités de résister. La Controverse de Valladolid est aussi régulièrement invoquée dans le texte ; pauvre controverse, on a oublié que ce n’est pas son sujet qui en fait la valeur mais son dispositif argumentatif. Les personnages non plus ne sauvent pas le récit, ils portent leur personnalité et leur « message » sans subtilité aucune dans un manichéisme désespérément adolescent.
Sur la forme, ensuite, car c’est d’abord de leur forme incantatoire que pâtissent les appels tout sauf subtils du roman, ce n’est vraiment pas bon. L’ensemble du texte est écrit dans un style très plat qui devient vraiment faiblard lorsqu’on remarque quelques concordances des temps qui ne semblent pas très heureuses, des tournures ou des images bancales, ou l’explicitation lourde d’éléments qui n’ont pas besoin de l’être.

Le camp, Christophe Nicolas

Commentaires