Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Le regard - Ken Liu


"Le regard", de Ken Liu, est le 9ème opus de la collection Une heure-lumière. C'est un mashup thriller noir cyberpunk.

Futur proche, Chinatown. Ruth Law est une détective privée de haut vol. Engagée par la mère d'une prostituée assassinée et mutilée pour relancer une enquête qui n'intéresse guère la police, Ruth y trouve l'occasion de se confronter à un passé douloureux. Elle pourra peut-être faire la paix avec certains de ses démons et apaiser un peu une culpabilité lancinante.

Rendant clairement hommage à certains genres, Liu offre ici une histoire courte (sans doute un peu trop) et linéaire (sans doute un peu trop), mais pas inintéressante néanmoins.
En peu de mots, Liu crée un monde futur crédible dans lequel il est possible d'améliorer son corps physique grâce à des prothèses internes et de stabiliser sa psyché grâce à un Régulateur d'émotions ; il est intéressant de noter que le Régulateur est notamment utilisé par les forces de police pour mettre sous l'éteignoir leurs affects et leurs préjugés dans le cadre de leurs interventions : Black lives matter.
Il installe un serial killer qui détourne des pratiques de crowdsourcing pour des motifs purement crapuleux, et une détective conforme aux personnages cassés typiques du roman noir.
Il invente une enquête qui, si elle est rapide, progresse de façon logique.

Interrogeant le rapport des humains à leurs émotions, en particulier les plus négatives, Liu met au centre de son récit un système - Le Régulateur - dont son héroïne abuse au point de mettre sa santé mentale en danger. L'équipement rappelle le Penfield Mood Organ de Blade Runner, avec les mêmes effets délétères. L'utilisation addictive de l'équipement est justifiée par le drame personnel qu'a vécu Ruth Law, faisant ainsi du passé tragique de la détective plus qu'un simple gimmick hardboiled, d'autant que son usage est au centre de deux des moments clés du récit.

Si la cyborgisation de l'homme ou l'usage des technologies informatiques n'est pas aussi centrale que dans le cyberpunk de Gibson, il n'en reste pas moins que les augmentations corporelles font partie intégrante et nécessaire de l'histoire. Mais, chez Liu, le niveau scientifique est moindre, donc plus réaliste ou proche du notre, faisant de ces équipements des avantages moins décisifs et qui se paient à la longue. There is no such thing as a free lunch, c'est ce que Liu semble impliquer.

Liu profite enfin du récit pour tangenter en passant les thèmes du traitement des immigrés clandestins, des douloureuses différences éducatives entre Chine et USA, ou de l'indispensable rationalisation de l’action des forces de police - surtout aux USA où la peur de l'Homme noir en colère est la cause de tant de morts injustes chaque année.

Un récit, donc, facile et rapide à lire, dans lequel Ken Liu met à sa sauce quelques approches stylistiques connues. Pas son texte le plus important mais une lecture agréable dans laquelle on retrouve Liu, en fractale.

Le regard, Ken Liu

Commentaires

Vert a dit…
Chic, vivement que je le lise celui-là !
Gromovar a dit…
Prévois une soirée.
Samuel Ziterman a dit…
Effectivement, ça se lit vite. Des thèmes engagés et humanistes. C'est son point fort, pour Liu et pour ce texte.
Gromovar a dit…
Oui, petite lecture d'été tranquilou.
shaya a dit…
Si la fin n'était pas aussi brutale, j'aurais pu apprécier vraiment cette novella, c'est frustrant !
Gromovar a dit…
Oui, il y manque quelques pages.