Palaces of the Crow - Ray Nayler

Lituanie. 1941. L’opération Barbarossa . Toi et moi, lecteur, savons ce qui arrive. Les protagonistes du roman, assurément pas. Ces protagonistes dont je parle sont quatre jeunes personnes, entre l’enfance et l’adolescence, que le vent de la guerre emportera, transformera, cassera jusqu’à ce que ne restent que les vestiges de ce qu’ils furent ou auraient pu être. Qui sont-ils quand le roman commence ? D’abord (pas d’inquiétude, je ne spoile rien qui ne soit lisible dès l’abord du roman) Neriya, une brillante jeune fille juive de quatorze ans, qui perd sa famille quand le shtetl dans lequel ils passaient l’été est attaqué. Seule, elle fuit. Czeslaw, un très jeune soldat de l’Armée Rouge, d’origine polonaise (il a menti sur son âge pour pouvoir s’engager et soulager ainsi sa mère seule) . Czeslaw a perdu son unité et ses camarades. Déserteur, seul, il fuit. Kezia, une jeune Rom dont la famille est tuée sans motif aucun. Seule, elle fuit. Et Le Garçon, qui ne parle pas ou plus, que Kezia...

Petit traité de hasardologie - Krivine contre la bétise


Un court post pour parler du très excellent "Petit traité de hasardologie" de Hubert Krivine. En des temps où le complotisme se nourrit autant de la malveillance de certains que de la méconnaissance mathématique des autres, ce type d'ouvrage de vulgarisation me parait extrêmement utile, de ceux qu'il faudrait mettre entre toutes les mains, ce qui serait bien plus efficace que tous les cours d'EMC infligés à corps perdu à des élèves confits dans l'huile des réseaux sociaux, de leurs approximations, et de leurs contre-vérités.

En 160 pages accessibles (pour peu qu'on fasse un tout petit effort de concentration), Krivine explique ce qu'on peut faire dire et surtout ce qu'on ne doit pas faire dire - car c'est tout simplement faux - aux probabilités. Très illustré d'exemples concrets, renvoyant en annexe pour les calculs mathématiques, Krivine éclaire sans aveugler. On en sort plus sage.

Pourquoi certaines choses sont-elles inconnaissables à part sous la forme - inévitablement insatisfaisante - de probabilités ?
Pourquoi ne faut-il pas confondre causalité et corrélation ?
Pourquoi est-il raisonnable d'aller à l’hôpital même si, objectivement, on y meurt beaucoup plus souvent que dans son lit ?
Pourquoi n'est-on pas sûr d'avoir 50 piles en tirant 100 fois à pile ou face ?
Pourquoi le manque d’informations suffisantes empêche-t-il de "prédire" ce qui va survenir ?
Que ne peut-on pas faire dire à une moyenne ?
Qu'est ce que la loi des grands nombres, ou une loi gaussienne, et que permettent-elles de "prédire" ? Pourquoi la régression à la moyenne explique-t-elle certaines réussites miraculeuses ?
Pourquoi la loi des séries est-elle une vue de l'esprit ?
Pourquoi est-il indispensable (en Bourse on aurait dû s'en souvenir) de savoir si des évènements distincts sont indépendants ou pas ?
Pourquoi, dans le cas d'évènements rares, faut-il se méfier comme de la peste des faux positifs ?
Pourquoi, enfin, certains évènements sont-ils chaotiques par nature et défient donc toute tentative de prévision ?

Utile, très utile, à lire, faire lire, et travailler. Parallèlement à La démocratie des crédules.

Petit traité de hasardologie, Hubert Krivine

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