Beneath the Trees Where Nobody Sees - Horvath

Woodbrook est une charmante petite ville de l’Amérique rurale. Les gens y sont bienveillants. Ils s’entraident. Ils vivent et travaillent ensemble en bonne intelligence. Dessinée en images enfantines (avec même une voix off écrite sur des fragments de cahier d’écolier) , peinte en couleurs pastels, Woodbrook nous est présentée par Samantha, l’ourse qui tient le magasin de bricolage et compte parmi les piliers de la communauté.  A Woodbrook, la vie est paisible, tout le monde se connaît, on n’y ferme pas sa porte tant la délinquance y est minuscule – sache, lecteur, qu’on n’y a noté aucun meurtre depuis quarante ans. Et voilà qu’un crime atroce est commis et mis en scène lors de la parade qui célèbre les deux cent ans de la ville. C’est toute la bourgade qui est bouleversée par cet acte impensable. Beneath the Trees Where Nobody Sees est un album de Patrick Horvath, lettré par Hassan Otsmane-Elhaou. Prenant son lecteur à contre-pied, il présente un petit paradis rural qu’il plonge ...

Petit traité de hasardologie - Krivine contre la bétise


Un court post pour parler du très excellent "Petit traité de hasardologie" de Hubert Krivine. En des temps où le complotisme se nourrit autant de la malveillance de certains que de la méconnaissance mathématique des autres, ce type d'ouvrage de vulgarisation me parait extrêmement utile, de ceux qu'il faudrait mettre entre toutes les mains, ce qui serait bien plus efficace que tous les cours d'EMC infligés à corps perdu à des élèves confits dans l'huile des réseaux sociaux, de leurs approximations, et de leurs contre-vérités.

En 160 pages accessibles (pour peu qu'on fasse un tout petit effort de concentration), Krivine explique ce qu'on peut faire dire et surtout ce qu'on ne doit pas faire dire - car c'est tout simplement faux - aux probabilités. Très illustré d'exemples concrets, renvoyant en annexe pour les calculs mathématiques, Krivine éclaire sans aveugler. On en sort plus sage.

Pourquoi certaines choses sont-elles inconnaissables à part sous la forme - inévitablement insatisfaisante - de probabilités ?
Pourquoi ne faut-il pas confondre causalité et corrélation ?
Pourquoi est-il raisonnable d'aller à l’hôpital même si, objectivement, on y meurt beaucoup plus souvent que dans son lit ?
Pourquoi n'est-on pas sûr d'avoir 50 piles en tirant 100 fois à pile ou face ?
Pourquoi le manque d’informations suffisantes empêche-t-il de "prédire" ce qui va survenir ?
Que ne peut-on pas faire dire à une moyenne ?
Qu'est ce que la loi des grands nombres, ou une loi gaussienne, et que permettent-elles de "prédire" ? Pourquoi la régression à la moyenne explique-t-elle certaines réussites miraculeuses ?
Pourquoi la loi des séries est-elle une vue de l'esprit ?
Pourquoi est-il indispensable (en Bourse on aurait dû s'en souvenir) de savoir si des évènements distincts sont indépendants ou pas ?
Pourquoi, dans le cas d'évènements rares, faut-il se méfier comme de la peste des faux positifs ?
Pourquoi, enfin, certains évènements sont-ils chaotiques par nature et défient donc toute tentative de prévision ?

Utile, très utile, à lire, faire lire, et travailler. Parallèlement à La démocratie des crédules.

Petit traité de hasardologie, Hubert Krivine

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