Le Dernier fils des dieux - Jean Baret

De Jean Baret on avait lu l'impressionnante trilogie Trademark et le surprenant Monde de Julia (avec Ugo Bellagamba) . Il était difficile de faire mieux ; ce n'est hélas pas le cas avec ce court roman un peu décevant dans sa forme. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 123, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : À l’aube de l’effondrement des sociétés humaines mondialisées, un journaliste reçoit un étrange carnet, journal intime d’un jeune homme, héritier d’une fortune sans commune mesure et retenu contre son gré par un colosse silencieux dans une prison de béton. Au fil des pages, il découvre la vie de débauche et l’arrogance de cette frange de la population qui agit comme les nouveaux dieux ; quelques-uns organisent par ennui, au sein d’un mystérieux club, des actions absurdes provoquant des désordres interna...

La guerre des Lulus - Hautière - Hardoc - Touchant


Lucas, Lucien, Luigi et Ludwig sont quatre orphelins hébergés à l’orphelinat de l’abbaye de Valencourt en Picardie. Inséparables car ils partagent une chambre à quatre, ils forment les Lulus, un groupe soudé comme les quatre doigts de la main d'un Mickey franco-belge.
Chacun connaît des autres ses espoirs, ses peurs, ses doutes, ses faiblesses. Chacun compte pour les autres et sait qu'il peut compter sur eux. Au sein de la micro-société de l'orphelinat, ils forment une communauté.

Coupés du monde par leur lieu de vie (un orphelinat clos près d'un petit village), la date de l'histoire (1914, donc sans TV, smartphones, etc.), et l'organisation de l'institution (qui fait tout pour épargner aux enfants le fracas du monde jusqu'à leur cacher la raison du départ précipité de l'instituteur, et les remplir en parallèle de l'amour et de la crainte de Dieu), les Lulus ignorent que la guerre arrive à leurs portes.

Alors, un jour qu'ils jouent dans le bois proche, un ordre d'évacuation d'urgence arrive. Orphelins et adultes doivent, sous la conduite de soldats français, quitter leur ville évacuée en raison de l'avancée allemande. On cherche les Lulus. En vain. Ils restent donc involontairement en arrière.
Passé la surprise du retour dans un orphelinat vide, les quatre garçons comprennent vite qu'ils sont maintenant seuls, et assez vite que c'est à cause de cette guerre dont ils avaient peu ou prou entendu parler. Ils comprennent aussi qu'ils vont devoir se débrouiller pour survivre en attendant le retour des Français. Un jour. Qui sait ?

Naïf au bon sens du terme, "La guerre des Lulus" est une jolie BD. Les Lulus sont seuls et apeurés, mais débrouillards aussi, enfantins mais pas puérils, plein d'interrogations et de métaphysique de bazar. Ils parviendront à survivre même si c'est difficile (on peut lire la BD comme un album post-apo, ça fonctionne très bien, les problématiques : nourriture, médicaments, environnement hostile, sont les mêmes).
Et, dans cette épreuve inédite, les Lulus ne sont pas les plus aptes. Ils sont jeunes, des enfants dans un monde où l'autorité des adultes est absolue. Vivant dans leur univers d'enfants, ils ignorent presque tout du monde, même proche, sont plein des bondieuseries de l'abbé, sont confondants de naïveté sur les questions les plus simples.
Mais les Lulus ont une force invincible, c'est leur solidarité, leur certitude de petits orphelins d'être dans le même bateau et de devoir se soutenir les uns les autres. Elle leur permettra, dans cet album, de survivre à l'hiver dans un village vidé tant de ses habitants que de ses provisions, et même d'intégrer – à titre exceptionnel – une petite fille belge perdue par ses parents lors de leur exil. Certes, elle n'est pas vraiment orpheline mais, à cet instant, elle l'est de facto. Alors...

Jolie histoire joliment racontée, "La guerre des Lulus" est une BD sur la Grande Guerre vue comme une aventure à la Robinson suisse. Rafraîchissante par rapport à tout ce qu'on en lit d'habitude. Un petit plaisir de vacances.

La guerre des Lulus t1, La maison des enfants trouvés, Hautière, Hardoc

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