Joiner and Rust - Lavie Tidhar

Un robot rend visite à un autre robot. Ils se connaissent depuis longtemps. Ils ont vécu quantité d'aventures ensemble. Chacun est pour l'autre ce qui ressemble le plus à un ami. Lavie Tidhar place son récit dans un monde où humains normaux, humains modifiés (volontairement ou à leur corps défendant) et robots, entres autres, cohabitent et vivent, semble-t-il, en aussi bonne intelligence que possible dans un système solaire qui connut de longues et cruelles guerres auxquelles les deux compères participèrent. Nihil novi sub sole.  Mais, pour l'instant, la paix règne, seuls subsistent les vestiges des conflits. Et un vieil ami peut aller voir son vieil ami pour se souvenir du bon vieux temps. Solarpunk sans doute (ce genre a des fans dont je ne suis pas) , fiction panier, salvaging SF, Joiner and Rust ( de Lavie Tidhar et lisible ici ) est tout cela et donc autant dire qu'il ne m'a guère captivé. Mais le monde est si plein de belles personnes que je ne doute pas qu...

La Grande Guerre des Lulus - Hautière - Hardoc

La guerre des Lulus continue dans les tomes 2, 3, et 4. Les années passent et la guerre, qui devait durer quelques semaines, ne finit toujours pas. Pour les cinq enfants perdus du récit, l'épreuve continue donc. Il faut survivre, se nourrir, résister au froid, survivre à la maladie et aux blessures qui menacent à chaque instant.
On héberge un déserteur allemand, Hans, dont on découvre que, loin des caricatures de la propagande, il est vraiment un brave homme. Puis, on est obligé de fuir, seuls, devant l'avancée des troupes.


On finit par atterrir au familistère de Guise où on est recueilli un temps, à grand risque pour les sociétaires.
On fait de belles rencontres, de mauvaises aussi, dans ce purgatoire qu'est l'arrière occupé du front, où l'on voit les Allemands vivre sur le pays en réquisitionnant nourritures et hommes, jusqu'aux enfants pour des brigades de glanage.
On fuit encore, pour la Suisse, et on se perd, jusqu'en Allemagne.


Et puis, on grandit. Aux premières inquiétudes de la puberté succèdent progressivement les troubles plus troublants de la promiscuité entre deux garçons qui sont presque des hommes et une fille qui devient une femme. Trois c'est toujours un de trop. La masse critique approche, la fin du quintet aussi.



Les albums sont toujours aussi touchants dans leur présentation d'une guerre vue de l'arrière par des enfants qui n'y comprennent pas grand chose mais en perçoivent les effets délétères.
On craint pour eux, sans cesse en danger même si leur propre innocuité apparente suffit souvent à les protéger.
On y assiste à des coming of age que l'exclusivité relationnelle rend douloureux.
On y voit des héros et des salauds, humains, si humains
On s'y régale du contraste entre le français parfait du narrateur ex-post et celui, approximatif, des enfants parlant, sans oublier celui, rustique, des forestiers, ni le ch'ti du familistère.
On attend la suite (1918) avec impatience en regrettant seulement le gimmick consistant à faire parler les Allemands en allemand ce qui oblige à lire la traduction de chaque bulle concernée en bas de la page - parfois la totalité des textes d'une page donnée.

La guerre des Lulus t2 à 4, Hautière, Hardoc

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