Sept Vues sur les gorges d'Olduvaï - Mike Resnick

Les gorges d’Olduvaï en Tanzanie sont l’un des plus importants complexes préhistoriques du monde. Elles sont situées dans la vallée du Grand Rift , un lieu longtemps présenté comme le berceau de l’espèce humaine, celui où une petite bande de primates primitifs aurait mutée sous la pression des changements climatiques et environnementaux induits par la formation de la faille. A l’ouest du Rift, dans un environnement resté humide et arboricole, les primates primitifs auraient évolués en gorilles, chimpanzés et bonobos, alors qu’à l’est, sur une terre transformée en savane sèche, les premiers hominidés, mieux adaptés du fait de leur bipédie, auraient prospéré. Ils seraient donc nos très lointain ancêtres, premiers chaînons d’un modèle monocentrique qui résonne fort avec le darwinisme. Sept vues sur les gorges d'Olduvaï est une novella de Mike Resnick. Multiprimée (Hugo 95, Nebula 95, SF Chronicle 95, Premio Ignitus 96, Ozone 99) , la nouvelle est originale en ceci qu’elle présente u...

La Malédiction - Henry Lion Oldie - Vertiges de l'amour


Les éditions Lingva font beaucoup en France pour faire connaître la littérature russe, et singulièrement l’œuvre de Henry Lion Oldie. Cela se vérifie encore une fois avec la sortie de "La Malédiction", recueil de cinq nouvelles dont une inédite, celle qui donne son titre au recueil.

Dans les nouvelles d’Oldie, on croise un univers mental russe fait de truculence, d’emphase, d’humour, de nonsense parfois, sans oublier une forme mélancolique de nostalgie. Il y a tout ça dans ces nouvelles, touche par touche, à l’exception notable de la seconde Le huitième cercle du métro qui est la moins 'russe' dans la forme, jusqu’au point d’avoir des personnages dotés de prénoms anglais.

Il est beaucoup question d’amour dans les nouvelles rassemblées ici, un sentiment si indispensable, si puissant, et si facile à oublier. Il est aussi question de solitude, et d’amour impossible donc, quand ne restent qu’un homme et une femme sans descendance immédiate, ou, bien pire, quand toute l’humanité a disparu.

Je vais écrire ici juste quelques lignes sur chacun des textes, pour les présenter, puis, plutôt que de chroniquer moi-même, laisser à Henry Lion Oldie le soin de parler, mieux que je ne le ferais, de son œuvre. On lira donc dans "La Malédiction" :

Relève-toi, Lazar, une étrange nouvelle qui, entre superstition et marché noir, montre qu’on peut oublier son amour, qu’il ne faut pas jouer avec, qu’il ne peut être une monnaie d’échange. Can’t buy me love. Le texte vaut pour son ambiance.

Le huitième cercle du métro, un cauchemar dystopique à la Prix de tous les dangers qui parlera forcément aux habitués du RER B ou de la ligne 13.

Viens me voir dans ma solitude est un très beau texte nostalgique, en hommage à Roger Zelazny, qui montre le dernier espoir de couple entre Charon et la Mort quand plus personne n’a besoin de passer la rivière car tous l’ont déjà fait.

Nevermore est un hommage à Poe et un texte post-apo très fort qui laisse un goût de cendre froide dans la bouche.

La Malédiction, enfin, est une fantasy dans le style de La loi des mages dans laquelle on comprend, après une enquête officielle, pourquoi un mage a maudit un village entier. Il y est encore une fois question d’amour et de l’embellissement que ce sentiment apporte aux vies qui savent le cultiver.

A lire pour voyager dans des terres si proches géographiquement et si lointaines culturellement.

La malédiction, Henry Lion Oldie

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