The Witling - Vernor Vinge - Les Traquenards de Giri

" The Witling " (Les Traquenards de Giri en VO ?!?) est le premier vrai roman du grand Vernor Vinge, publié en 1976. Giri, une planète sur laquelle vivent les Azhiri, un peuple humanoïde stocky aux puissants pouvoirs télépathiques. Les Azhiri communs peuvent « sentir » les structures ou les êtres, téléporter leur corps ou de la matière sur de grandes distances, tuer même en tordant l'usage de la téléportation. De ce fait, leur technologie est assez primitive, guère mieux que médiévale, tant leurs pouvoirs, de téléportation notamment, rendent inutiles de grands efforts de recherche dans le domaine des transports ou de l'armement. Pourquoi fabriquer des armes quand on tue par la pensée ? Pourquoi tracer des routes quand des lacs de transit suffisent ? Dans le même ordre d'idées, il n'y a en général pas de portes aux maisons – on se téléporte de pièce en pièce –, et le palais du Roi de l'été s'étend sur deux hémisphères quand celui du Roi de l'hiver

Les Druides 9 et World War Wolves 3 - Danse with Istin


"Le Temps des corbeaux" est le tome 9 de la série Les Druides. Il conclut le cycle 2 et sent très fort le tome final suivant au vu des remerciements des deux auteurs, Istin et Lamontagne.

L’enquête continue pour Gwenc’hlan et Taran, les deux héros du récit, druides de leur état. Qui est vraiment l’étrange famille de tueurs ? Frappent-ils au hasard ? Que veulent-ils ? Sont-ils aidés ? Et quel est leur lien avec le déplaisant Claudius ?
Après la destruction qui concluait le tome 8, il leur faut retourner dans le repaire des tueurs pour tenter de comprendre, alors que, dans le même temps, l’influence de l’Eglise catholique cherche à s’étendre en grignotant encore le territoire géographique et spirituel des druides, et qu’une terrible vengeance, fruit suri d’un pacte trahi, est sur le point de s’accomplir. Hurlements et malemorts s’enchainent en succession rapide vers un dénouement aussi tragique que surprenant.

Les qualités de la série sont encore présentes ici. Rien n’est direct, tout est travesti, mais tout finit par s’éclaircir d’une façon qui semble logique. Les personnages ne sont que rarement ce qu’ils paraissent, le Bien et le Mal ne sont pas toujours là où on les croit, et la pleine révélation de l’étendue des torts faits à la religion ancienne conduit à un retournement de situation fracassant et désespéré.
Le dessin et les couleurs, réalistes et beaux, plongent dans l’ambiance alors que le scénario incite le lecteur à tourner les pages de plus en plus vite pour enfin savoir.
Ainsi se conclut un agréable polar médiéval qui n’oublie pas de dire le mal que font, certes, les hommes mais aussi, surtout, les institutions hégémoniques.


Tome 3 de World War Wolves, intitulé "De Griffes et de Crocs" (tiens donc !).

On reprend là où on s’était arrêté dans le 2.
A Las Crucas, on apprend enfin qui est le loup infiltré, alors que ceux massés à l’extérieur du mur semble se préparer à un nouvel assaut. John Marshall trouve sa place dans le dispositif alors que les enfants de la famille semblent liés à la résolution finale de la crise.
Après Ryker’s Island, Malcolm et les prisonniers qu’il a sauvés tentent de fuir une New York aux mains des loups. Ca n’ira pas sans combat ni pertes.
L’aveugle Jérémy Lester et la petite Sarah rencontrent une étrange femme – déjà vue ailleurs – qui veut lutter comme eux mais de l’autre côté, en Blade lupin protégeant l'handicapé au pouvoir inexplicable.
Et, de plus en plus, le cercle géologique de Window Rock paraît être le lieu focal d’une malédiction vers lequel tous, peu ou prou, sont incités à converger par des visions ou des rêves.

Dans cet épisode comme dans les deux précédents, Istin alterne les fils narratifs comme dans une série TV. Il s’attache à décrire des personnages qui, passé le temps parfois long de la sidération, se relèvent pour survivre en développant leur potentiel de compétence, de courage, et de responsabilité. Il y a un peu moins de progression narrative dans ce tome que dans les précédents, Istin travaille plutôt ici la construction de la volonté et de la confiance des différents protagonistes, qualités qui leur seront indispensables pour passer de la simple survie à la reprise en main de leur destinée.
Deux détails bof : un personnage qui cite la lambada pour faire un mot d’esprit (je doute que quiconque se souvienne encore assez de cette regrettable danse pour l’utiliser dans un trait d’humour), et un Américain d’Arizona qui dit pouvoir toucher une bouteille d’Adelscott au fusil (encore plus gros doute).
Le dessin, en NB, fait le boulot dans un style série B qui colle parfaitement au récit.
Le tout est toujours agréable à lire, se démarque assez de Walking Dead pour ne pas faire double emploi, et commence à avoir de faux airs du Fléau de Stephen King.

Les Druides 9, Le Temps des corbeaux, Istin Lamontagne
World War Wolves 3, De Griffes et de Corcs, Istin, Radivojevic

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