Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

Angle Mort 12


Sortie du numéro 12 de la revue Angle Mort, porteuse maintenant d'une nouvelle une ambition : créer des ponts entre science et fiction afin d'imposer des épreuves de réalité. Revendiquant ce concept, qu'on trouve chez Boltanski par exemple en France (le titre de l'édito est transparent de ce point de vue), la revue affirme une volonté critique qui tourne volontairement le dos au surplomb scientifique, au péril de la neutralité axiologique. C'est son choix.

La revue cherche aussi à diversifier son contenu, proposant, en plus des quatre nouvelles (et trois interviews d'auteur) et de l'itw du graphiste Bruce Riley, un article scientifique de Peter Galison sur le concept de « scénario » et une interview de l'artiste désigneuse hitek Joëlle Bitton.

Qu'en est-il des nouvelles ?

L'ange au cœur de la pluie, de Aliette de Bodard, est une nouvelle sur les déchirements de la migration et de l'acculturation. Un vrai potentiel dans cette nouvelle qui est, hélas, trop courte pour convaincre. Rien n'a le temps de s'y développer. Dommage.

L'agénésie congénitale de l'idéation, de Raphael Carter (auteur mystérieux disparu depuis), est une nouvelle présentée comme une étude scientifique sur l’identification du « genre » (dois-je rappeler encore une fois que si le genre est social, le sexe - qu'il soit continu ou discret - est biologique ?). Quand on doit relire chaque page tellement on décroche à la lecture, ce n'est pas bon signe. Plus explicitement militant que le premier texte (ce qui lui valut un Prix James Tiptree Jr.), la nouvelle est aussi ennuyeuse que pouvait l'être le théâtre d'intervention, et pour les mêmes raisons.

Aujourd'hui je suis Paul, de Martin L. Shoemaker, est un texte émouvant sur une fin de vie, à partir d'un point de vue original. Là aussi, il aurait pu y avoir plus, mais on apprend dans l'interview que Shoemaker a l'intention d'écrire un roman qui prolonge la nouvelle. A suivre donc.

L'équation du wagon, de Jean-Marc Agrati. Si quelqu'un a compris, je suis preneur. Mais l'interview est très agréable à lire, et l'humilité d'Agrati agréable à entendre.

Angle mort 12

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