Gotham Central t4 - Brubaker - Rucka et al.

Quelques derniers mots pour signaler la sortie du tome 4 conclusif de la série Gotham Central . J'ai déjà dit tout le bien qu'on pouvait penser de la série . C’est absolument excellent, l’un des meilleurs comics policiers qu’on puisse lire, avec un Batman presque absent, ombre tutélaire qui protège la ville, surtout contre elle-même, et des policiers profondément humains qui tentent d’accomplir leur mission au milieu de la corruption et des destructions périodiques occasionnées par les guerres des super-héros. A Gotham, il faut encore plus de courage que dans le reste du monde pour sortir dans les rues avec un badge. Dans ce dernier numéro, on trouve réunies quatre histoires (+ en petit bonus la suite et fin des aventures de Josie McDonald avant son affectation à Gotham Central) . Loi naturelle montre la ville du point de vue d’un de ses innombrables flics ripous, devenu ici meurtrier. En voix off, il raconte sa misérable vie quotidienne, son manque d’empathie et son absence t...

Angle Mort 12


Sortie du numéro 12 de la revue Angle Mort, porteuse maintenant d'une nouvelle une ambition : créer des ponts entre science et fiction afin d'imposer des épreuves de réalité. Revendiquant ce concept, qu'on trouve chez Boltanski par exemple en France (le titre de l'édito est transparent de ce point de vue), la revue affirme une volonté critique qui tourne volontairement le dos au surplomb scientifique, au péril de la neutralité axiologique. C'est son choix.

La revue cherche aussi à diversifier son contenu, proposant, en plus des quatre nouvelles (et trois interviews d'auteur) et de l'itw du graphiste Bruce Riley, un article scientifique de Peter Galison sur le concept de « scénario » et une interview de l'artiste désigneuse hitek Joëlle Bitton.

Qu'en est-il des nouvelles ?

L'ange au cœur de la pluie, de Aliette de Bodard, est une nouvelle sur les déchirements de la migration et de l'acculturation. Un vrai potentiel dans cette nouvelle qui est, hélas, trop courte pour convaincre. Rien n'a le temps de s'y développer. Dommage.

L'agénésie congénitale de l'idéation, de Raphael Carter (auteur mystérieux disparu depuis), est une nouvelle présentée comme une étude scientifique sur l’identification du « genre » (dois-je rappeler encore une fois que si le genre est social, le sexe - qu'il soit continu ou discret - est biologique ?). Quand on doit relire chaque page tellement on décroche à la lecture, ce n'est pas bon signe. Plus explicitement militant que le premier texte (ce qui lui valut un Prix James Tiptree Jr.), la nouvelle est aussi ennuyeuse que pouvait l'être le théâtre d'intervention, et pour les mêmes raisons.

Aujourd'hui je suis Paul, de Martin L. Shoemaker, est un texte émouvant sur une fin de vie, à partir d'un point de vue original. Là aussi, il aurait pu y avoir plus, mais on apprend dans l'interview que Shoemaker a l'intention d'écrire un roman qui prolonge la nouvelle. A suivre donc.

L'équation du wagon, de Jean-Marc Agrati. Si quelqu'un a compris, je suis preneur. Mais l'interview est très agréable à lire, et l'humilité d'Agrati agréable à entendre.

Angle mort 12

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