The Trials of Empire - Richard Swan

Suite et fin de la trilogie de L'Empire du Loup , de Richard Swan, avec The Trials of Empire , qui vient conclure le cycle. Après un volume deux qui m'avait un peu laissé sur ma faim  – c'est souvent le cas avec les volumes centraux –, cette fin est tout à fait à la hauteur de l'ambitieuse trilogie de Swan. La lutte pour l'avenir de l'Empire, entamée dans le lointain minuscule village frontalier de Rill, culmine dans ce dernier tome. Elle se déroule autant dans le monde réel, en et hors les frontières de l'Empire, que dans les plans métaphysiques où résident et combattent les alliés et instigateurs de la tentative de renversement de l'Empire du Loup. Les héros du cycle et leurs alliés sont poussés dans leurs derniers retranchements lors de batailles tactiques épiques dont bon nombre ne sortiront pas vivants. Aux marches de l'Empire comme dans les rues même de la capitale, on combat et meurt par milliers, sous les ordres d'un Konrad Vonvalt qui do...

Angle Mort 12


Sortie du numéro 12 de la revue Angle Mort, porteuse maintenant d'une nouvelle une ambition : créer des ponts entre science et fiction afin d'imposer des épreuves de réalité. Revendiquant ce concept, qu'on trouve chez Boltanski par exemple en France (le titre de l'édito est transparent de ce point de vue), la revue affirme une volonté critique qui tourne volontairement le dos au surplomb scientifique, au péril de la neutralité axiologique. C'est son choix.

La revue cherche aussi à diversifier son contenu, proposant, en plus des quatre nouvelles (et trois interviews d'auteur) et de l'itw du graphiste Bruce Riley, un article scientifique de Peter Galison sur le concept de « scénario » et une interview de l'artiste désigneuse hitek Joëlle Bitton.

Qu'en est-il des nouvelles ?

L'ange au cœur de la pluie, de Aliette de Bodard, est une nouvelle sur les déchirements de la migration et de l'acculturation. Un vrai potentiel dans cette nouvelle qui est, hélas, trop courte pour convaincre. Rien n'a le temps de s'y développer. Dommage.

L'agénésie congénitale de l'idéation, de Raphael Carter (auteur mystérieux disparu depuis), est une nouvelle présentée comme une étude scientifique sur l’identification du « genre » (dois-je rappeler encore une fois que si le genre est social, le sexe - qu'il soit continu ou discret - est biologique ?). Quand on doit relire chaque page tellement on décroche à la lecture, ce n'est pas bon signe. Plus explicitement militant que le premier texte (ce qui lui valut un Prix James Tiptree Jr.), la nouvelle est aussi ennuyeuse que pouvait l'être le théâtre d'intervention, et pour les mêmes raisons.

Aujourd'hui je suis Paul, de Martin L. Shoemaker, est un texte émouvant sur une fin de vie, à partir d'un point de vue original. Là aussi, il aurait pu y avoir plus, mais on apprend dans l'interview que Shoemaker a l'intention d'écrire un roman qui prolonge la nouvelle. A suivre donc.

L'équation du wagon, de Jean-Marc Agrati. Si quelqu'un a compris, je suis preneur. Mais l'interview est très agréable à lire, et l'humilité d'Agrati agréable à entendre.

Angle mort 12

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