Membre fantôme - Brian Evenson - Retour de Bifrost 119

En 2003, Brian Evenson frappait un grand coup littéraire avec sa novella The Brotherhood of Mutilation . Six ans plus tard, il donnait de ce texte une version longue avec le roman Last Days (sorti en français sous le titre La Confrérie des mutilés) . On y suivait les traces de Kline, un détective amputé du bras à la suite d'une affaire qui avait mal tourné, engagé pour trouver le coupable du meurtre du fondateur d'une secte inconnue jusqu'alors : La Confrérie des mutilés. D'investigations en interrogatoires (soumis à des contraintes aussi absurdes qu'invincibles) , Kline finissait par découvrir l'identité du meurtrier. Surtout, il se trouvait contraint de plonger dans un univers délirant et fanatique, un monde dans lequel les croyants amputent volontairement des parties de leur corps – le plus de parties étant le mieux, signe de foi et donc d'influence supérieures. Le monde clos des mutilés est religieux, paranoïaque, violent, organisé suivant une logique a...

Whodunnit à l'opéra - Aspic 5 - Gloris - Despujols


"Whodunnit à l'opéra" : tome 5 de la série d’enquêtes fantastiques Aspic, ou, pour être précis, tome 1 de l’enquête 3.

Après les rudes épreuves qu’a vécues Flora dans le tome 4, la résilience de la jeune femme met du temps à s’exprimer. Mélancolique, elle regarde avec apathie une vie qui lui paraît absurde. Même les efforts de ses amis pour lui redonner goût à la vie ne lui sont que d’un maigre secours.
Un terrible malheur personnel sortira Flora de sa torpeur - comme quoi, à quelque chose malheur est bon ! – juste au moment (planche 12 quand même et je le regrette) où se présente une nouvelle affaire, un mystère maléfique avec morts et menaces à l’Opéra de Paris.
On embarque donc avec les détectives pour l’Opéra Garnier (et l'en-dessous aussi) où se répète Faust et autour duquel rode monsieur Gaston Leroux.

Sur le scénario, peu de choses encore (trop peu à mon goût), du fait du temps (1/4 de la pagination quand même) consacré aux émois de Flora. Ca avance, tranquillement sans être renversant.

Sur le plan graphique en revanche, Jacques Lamontagne a été remplacé par Emmanuel Despujols. Et là, ça ne fonctionne pas. S’il avait toujours dessiné, peut-être, mais ici, la comparaison est inévitable. Traits moins fins, erreurs sur les corps, instabilité des visages, moindre niveau de détails, yeux souvent ratés, encrage (est-ce lui ?) parfois trop appuyés, imprécision générale et bonhomie - volontaire ou non - du style qui donnent l’impression de lire une version Junior (et pour Junior) du travail de Lamontagne.

Même les couleurs, pourtant par le même Lorien, semblent plus fades car moins mises en valeur par la présence d’un dessin qu’elles exaltent.

Déception graphique donc, et le scénario, pour l’instant, offre moins qu’il n’aurait pu. Une étoile pâlit.

Aspic t5, Whodunnit à l’opéra, Gloris, Despujols

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