L'Homme sans tête - Gene Wolfe

Dans le Bifrost 124 , il y a les rubriques habituelles. Critiques des nouveautés, scientifiction (dans laquelle Roland Lehoucq décortique le film Projet Dernière Chance ) , etc. Il y a un édito d'Olivier Girard qui parle de confiance dans le monde du livre, confiance entre les petites mains, par-delà la valse des généraux, confiance qui permet de travailler et de continuer à le faire en dépit des vicissitudes capitalistiques. Chroniquant le Trois Oboles pour Charon de Frank Ferric, j’écrivais « L’absurdité du conflit des hommes est le seul spectacle que l’éternité lui offre » . Je m’y tiens. Dans le Bifrost 124 , il y a un volumineux dossier sur le très prolifique et insaisissable Antoine Volodine. L’homme a ses fans, je n’en suis pas, je n’ai donc pas grand-chose à en dire si ce n’est que le dossier semble vraiment très complet, comprenant notamment une longue interview réalisée par Hugues Robert. Il y a aussi dans le Bifrost 124 , une très courte nouvelle de Gene Wolfe. L’H...

Légion - Brandon Sanderson - Pour la plage ou le train


"Légion" est une novella de Brandon Sanderson.

On y lit l’histoire de Stephen Leeds, un homme affublé de très nombreuses personnalités qu’il matérialise dans son esprit comme autant de compagnons de vie dotés chacun d’un nom, d’un physique et d’une personnalité - Ivy, Tobias, JC, pour n’en citer que trois sur plus de quarante. Leeds « loge » ses personnalités dans un manoir aux très nombreuses pièces, chacune « occupée » par l’un de ses aspects, et lorsqu’il se déplace, il en « emmène » quelques-unes avec lui, en fonction des besoins de la mission.
Car Leeds met parfois ses nombreux talents au service d'autrui. En effet, primus inter pares, Leeds est le chef d’orchestre d’une équipe protéiforme dont chaque membre représente la maîtrise qu’il a d’un domaine de compétence. En effet, c’est clair, Leeds est un génie aux talents variés autant qu'évolutifs, un génie capable par exemple d’apprendre une langue en quelques heures, ce qui conduit, par voie de conséquence, à l’apparition d’une nouvelle personnalité qui lui servira dorénavant d’interprète.
Imaginez un Sherlock Holmes qui aurait individualisé chacune de ses sous-routines intellectuelles.

Dans "Légion" - premier volume d’une série -, Leeds est contacté par une femme qui veut retrouver l’inventeur disparu d’un appareil photo capable de prendre des photos du passé. Une enquête qui les conduira jusqu’à Jérusalem, sur les traces de l'origine du christianisme.

Peu cher : 5.20 euros, rapide à lire : une heure max., "Légion" coûte peu au lecteur. Tant mieux car il offre peu aussi.
Certes, cette histoire n’est jamais déplaisante à lire. Certes l’incipit donne envie : « Je m’appelle Stephen Leeds et je suis parfaitement sain d’esprit. Mes hallucinations, en revanche, sont complètement cinglées. ». Mais, il ne se passe pas grand chose, quand même, dans cette petite centaine de pages. La confrontation entre les personnalités n’apporte guère plus que s’il s’agissait d’une vraie équipe et non d’hallucinations. L’humour du texte ne va pas bien loin. Et je passe sur le fond « géopolitique » qui fait plus Bob Morane que Huntington.

La 4ème dit : « l’occasion d’une enquête fascinante sur l’un des grands mystères de l’humanité », d’enquête il n’y a guère, et le mystère est toujours aussi épais une fois la dernière page lue. Moorcock faisait bien mieux dans Voici l'Homme, et pour ce qui est des personnalités multiples, autant lire Les Mille et Une vies de Billy Milligan, de Keyes. Certes ces deux romans sont plus longs, mais le format court l'était alors peut-être trop.

Légion, Brandon Sanderson

Commentaires

Lorhkan a dit…
Je te trouve un peu sévère, mais ta dernière phrase montre que tu attendais peut-être trop de ce court texte. On ne peut pas tout demander à une petite novella (Ken Liu étant l'exception ! :P ). ;)
Gromovar a dit…
Peut-être.
J'attendais mieux en tout cas, c'est sûr. C'est difficile de faire court et fort. Je trouve que ce texte, pas désagréable à lire, n'est pas fort. Je pense que je l'oublierai vite.
Lorhkan a dit…
Ce n'est pas un texte fort, mais ce n'est pas son but non plus je pense. Ton titre dit tout (ton titre, la dernière phrase, la boucle est bouclée ! :D ): c'est un texte léger pour amuser le lecteur et lui faire passer un bon moment. Mission accomplie pour moi.
shaya a dit…
En tout cas ton avis me confirme dans l'idée de rester sur des romans de Sanderson plutôt sur ses novellas, les auteurs qui écrivent de longs romans ne sont pas toujours bons dans cet exercice !
Gromovar a dit…
Le cas, en effet.