Fistful of Antimatter - Rich Larson

Fistful of Antimatter , de Rich Larson, une référence sans doute au A Fistful of Dollars de Sergio Leone pour ce western spatial situé sur la planète Qopa. Fistful of Antimatter est lisible dans Clarkesworld 240 . Entre nouvelle longue et courte novella, Larson emmène son lecteur sur une planète coloniale peuplée d’humains aussi inégaux que ceux de la planète Terre. Dans les pas de Nuja, bandite, voleuse, mère de sept enfants (dont trois ont grandis dans un exowomb) qui constituent sa bande, Larson nous entraîne dans le désert désolé d’une planète qui ressemble furieusement au Far West, pour des aventures hautes en couleurs. Au menu : « attaque de diligences », gardes armés à déjouer, ville prospère vers laquelle convergent de vulnérables moyens de transport omnibus qui passent d’outpost en outpost, banque remplie comme une caverne d’Ali Baba devenant, de fait, la cible de tous les malandrins des environs. Ajoutons-y un Homme Décapité au corps de polycartilage, pourvu d’une boul...

Apotheosis - Ou Hypotheosis - Cthulhu anthology


"Apotheosis" est une anthologie sur Appel à textes éditée par Jason Andrew. Encore un effort pour être anthologiste.

Comment survivent les humains après l'arrivée des Grands Anciens ? Que devient la Terre ? Et l'Humanité ? Voilà les questions auxquelles il fallait répondre. Et, regrettons-le, les réponses données ici ne sont guère satisfaisantes.

Peu de textes intéressants dans cette anthologie. Beaucoup sont du pur post-apo - de qualité très variable - affublés d'oripeaux lovecraftiens. D'autres citent, citent, citent, dans une frénésie de name dropping qui signe le fanboy autant qu'elle dessert l'œuvre. Beaucoup enfin, et ce n'est pas exclusif des catégories ci-dessus, sont simplement médiocres. Quand à l'ouvrage lui-même, il tente de contenir tous les styles, du cyberpunk au noir, dans un mashup qui oublie souvent HPL si ce n'est comme topping. Que peut-on donc sauver d'Apotheosis ?

Étonnamment - ou pas-, la plus lovecraftienne de toutes, celle qui exprime le mieux le nihilisme matérialiste de Lovecraft, est celle qui le cite le moins. Le recueil s'ouvre donc sur l'angoissant The smiling people, d'Andrew Peregrine, qui transmet au lecteur la pleine évidence lovecraftienne de l’insignifiance humaine dans un texte qui, certes, est un peu prévisible, mais qui fait très bien le boulot de nous dire ce que sera la vie après les Anciens. On en sort en plaignant les fourmis, et l'anthologie terminée, on se dit que, finalement, on aurait pu s'en tenir là.

Sont corrects ensuite :

What songs we sing, de L K Whyte, une nouvelle qui sent le backwater, le bayou, et exprime l'horreur sectaire d'un monde sous totalitarisme étranger. Un traitement intéressant du culte et des cultistes.

Dilution solution, d'Adrian Simmons, met un peu de tech et de folie dans la chose, et c'est louable. Sans plus.

Earth worms, de Cody Goodfellow, est aussi ironique que déprimante sur le thème de la destruction environnementale. Plus pour le fond que pour la forme.

To the letter, De Jeffrey Fowler, une nouvelle à mi-go, amusante dans son approche très petite bourgeoise 50's à la Twilight Zone. Désespérée, donc dans le ton.

Paradise 2.0, de Glynn Owen Barrass, est une courte histoire de survival horror qui lorgne, dans son traitement, du côté des récits de zombie. Parce que j'aime bien le survival.

Dans The divine proportion, de Jeff Carter, une folle à lier tente de sauver le monde. On y parle de Nodens, le trop oublié.

Twilight of the gods, de Jonathan Woodrow, est une agréable petite histoire de corruption faustienne qui aurait pu être du pur fantastique.

Le reste n'est guère exaltant.

Et surtout, par-delà l'intérêt très relatif des textes, très peu capturent ce qu'est l'horreur lovecraftienne. La plupart seraient du fantastique ou de la SF classiques sans le name dropping. D'autres suggèrent une volonté de résistance inimaginable sous le joug des Anciens. D'autres encore anthropomorphisent ou rendent les Anciens et leurs serviteurs presque casual ; non, mon gars, un Ancien n'est pas un OG qui a réussi.
Textes de fanboys lecteurs de Lovecraft mais pas de Ligotti.

Bon, c'est court et pas cher. Et ça permet de lire The smiling people.

Apotheosis, Stories of Human Survival After The Rise of The Elder Gods, Jason Andrew (editor)

Commentaires

Anonyme a dit…
Tiberix : Je suis responsable de cette lecture que j'avais trouvé fort distrayante. Mea culpa. C'est aussi dire à quel point on fini par avoir du mal à lire avec une appétence quelconque des nouveautés dans le domaine de la SFFF.
Gromovar a dit…
Rien à excuser, le thème était tentant.

L'anthologie sur appel à textes c'est le casse-gueule par excellence, car c'est rarement Faulkner et Hemingway qui soumettent ;)
Anonyme a dit…
Tiberix : pour être fair play c'est rarement Faulkner et Hemingway en SFFF tout court. :'(