Mickey7 - Edward Ashton - Retour de Bifrost 119

Mickey7 est le roman SF de Edward Ashton qui a inspiré le film Mickey17 de Bong Joon-ho. Il raconte l'histoire de Mickey Barnes et de ses clones successifs lors d'une mission de colonisation sans retour de la planète Niflheim. Clones successifs car Mickey Barnes est un Consommable, volontaire pour effectuer les missions suicides exigées par les imprévus de la colonisation. Un drôle de job certes, mais un job rendu possible par la certitude qu'après sa(ses) mort(s) presque certaine(s) il sera reconstitué, souvenirs intacts ou presque, à partir du stock de protéines de la colonie ; et s'il a demandé ce misérable emploi c'est qu'il doit fuir d’urgence son monde d'origine à cause d'une énorme dette impayée. Outre le caractère douloureux et un peu dégradant de la fonction, Mickey a de nombreux autres problèmes : d'abord la planète Niflheim se révèle bien moins hospitalière que prévu, ensuite la mission comprend un pourcentage non négligeable de « natali...

Retour de chronique : Dernières nouvelles d’Œsthrénie - Anne-Sylvie Salzman

Retour de chronique du Bifrost 78

Actualité chargée pour Anne-Sylvie Homassel puisque paraît aussi, toujours chez Dystopia, "Dernières nouvelles d’Œsthrénie" qu’elle a écrit sous son identité d’Anne-Sylvie Salzman.

Une préface des Rémy puis six nouvelles liées racontent sur plusieurs décennies l’histoire de l’Œsthrénie, petit pays imaginaire d’Europe Centrale. Situé, hélas, à la croisée des chemins, l’Œsthrénie tente d’exister sous la surveillance malveillante, la domination plus ou moins explicite, et les agressions fréquentes, de l’Autriche, de la Roumanie, de la Turquie parfois. De décennies en décennies, d’une nouvelle à une autre, le lecteur suit les destins de personnages liés, qui sont aussi celui du pays lui-même, sur une échelle de temps allant d’un moment au XIXème à un autre au XXème, d’un monde féodal à une technocratie impériale. Il y a un peu des Soldats de la mer dans ce recueil, avec un fantastique beaucoup moins présent.

Ces dernières nouvelles entrainent leurs lecteurs à la découverte en profondeur d’un pays proche et pourtant différent. Elles le poussent à plonger dans son histoire, ses mœurs, ses coutumes (superbes scènes de mariage et d’enterrement), sa politique intérieure, sa religion, ses déboires géopolitiques. Sont longuement et précisément décrits dans un style à mi-chemin entre le conte et la chronique historique, les vies heurtées (entre mésalliance, terrorisme politique, ascension sociale fulgurante et déchéance aussi rapide) des quelques héros d’Œsthrénie et le destin brisé d’un pays indépendant - aussi peu que ce soit – qui fait une révolution avant d’être conquis en fait puis en droit. L’histoire du pays conditionne les vies. Le personnage principal, c’est l’Œsthrénie.

Le tout est minutieux, précis, parfois trop détaillé, d’autres fois un peu désincarné en raison des grandes échelles de temps, toujours plaisant à lire néanmoins.

Dernières nouvelles d’Œsthrénie, Anne-Sylvie Salzman

Commentaires

Vert a dit…
J'ai eu un peu de mal à en venir à bout pour ma part (et pourtant j'aime ce genre d'exercice en principe).
Gromovar a dit…
Happens. Next time maybe :)