Moreno - Rebelka - Et lorsque ma vengeance s'abattra sur vous

Ici et maintenant. Le père Stygian (sic!) est un exorciste officiel du Vatican, un praticien néanmoins dont les méthodes ne sont pas celles de l’officiel De Exorcismis et Supplicationibus Quibusdam . Non, le père Stygian, lui, utilise un rituel datant d’avant même la fondation de l’Église Catholique. Mais, si motivé et déterminé soit-il, le religieux est vieux, fatigué, son temps est compté. Il est donc plus qu’urgent pour lui de former un successeur. C’est du moins ce à quoi l’incite fortement la hiérarchie vaticane, car lui-même n’est guère enclin à exposer un nouveau novice aux horreurs des entités démoniaques. Nolens volens , le vieil exorciste voit donc débarquer dans son presbytère de Puerto Cristina, la ville la plus méridionale du monde, un prêtre bien plus jeune que lui, le père Barrera. En disgrâce depuis un accident mortel ayant impliqué un nourrisson, rongé par la culpabilité et en quête d’une peut-être impossible rédemption, le père Barrera devient l’apprenti de Stygian. I...

A borrowed man - Gene Wolfe - Du vieux avec du neuf

4 jours d’Utopiales + 1 semaine de transcription d’interviews + 2 semaines de gros temps professionnel + 1 « contretemps » personnel + 1 weekend de sidération après les attentats de Paris = 4 livres lus et non chroniqués, une chose jamais arrivée sur ce blog. Pour qu’à la Pile à lire ne s’ajoute pas une Pile à chroniquer, viendront 4 chroniques un peu rapides. Je prie ces 4 livres, et leurs auteurs, d’excuser un développement moins développé qu’il n’aurait pu/dû l’être ; parfois on est juste du mauvais côté du hasard.
En voici une.
Alors là, je vais être bref.

"A borrowed man" est le dernier roman de Gene Wolfe, auteur célèbre et multiprimé, et aussi homme de 84 ans. Je ne sais pas si son âge à joué dans ce qu’est "A borrowed man" mais j’incline à le croire.

Futur indéterminé mais pas trop lointain. Il n’y a plus, volontairement, qu’un gros milliard d’habitants sur terre et certains trouvent que c’est encore trop. Parmi ces habitants, un certain nombre sont des clones dans lesquels on a imprimé la mémoire d’un auteur mort ayant vécu après l’invention de la copie de personnalité. Ces clones, privés de tout droit, sont attachés à des bibliothèques publiques. Ils sont brulés – comme des livres – s’ils restent trop longtemps sans être consultés ou empruntés et sont traités comme des objets, dépourvus de personnalité juridique et donc de droits.

E. A. Smythe est un de ces clones. Il est un jour emprunté par une jeune femme, Colette Coldbrook, qui pense qu’étant donnée sa biographie originale il peut l’aider à solutionner un meurtre et à résoudre un mystère. Rapidement, il devient évident que des forces dans l’ombre intriguent, et qu’au delà du meurtre d’autres intérêts sont en jeu. Survivre, retrouver ne serait-ce que pour un temps son amour perdu, aider Colette qu’il s’est surpris à bien aimer en dépit de leur inégalité statutaire, tout en dissimulant autant que faire se peut son état à ses interlocuteurs, voila quels seront les objectifs de Smythe lors de ce qui est l’aventure d’un sans-droit dans un monde résolument inégalitaire.

Avec un mystère, une technologie (le clonage d’auteur) qui pouvait donner lieu à de grandes merveilles, un monde visiblement dystopique dans lequel un « détective » d’opportunité lutte contre des forces de l’ordre corrompues, ça sentait bon. Mais non.

Wolrd-building si minimal qu’on peut le qualifier d’étique. Casting minuscule évoluant dans un monde sans figurant. Situations simples au point d’en être soporifiques. Mélange grumeleux de SF filigranée dystopique et de banalités atroces (des voyages en bus ou en camionnettes dans un monde où le clonage est banal, seulement pour les écrivains ceci dit). Eléments SF très âge d’or tels que le robot parlant qui fait la cuisine, « l’avion » personnel, ou la maison de designer. Aucun transhumanisme. Des frères, des pères, des sœurs, un peu mais pas trop d’émoustillement sexuel, un couple chien et chat même par delà la mort. Un jeu, supposé être drôle j’imagine, entre deux niveaux de langue. La verbosité pénible d’un héros qui commente sans cesse ce qu’il fait, pourquoi il l’a fait et comment il aurait pu le faire. Du café nommé Kafe (ça fait SF je suppose). Et ne parlons pas de mystères scientifiques si totalement inexpliqués qu’ils feraient rougir un auteur pulp.

Gene Wolfe, retombé en enfance, fait du vieux avec du neuf. On a l’impression de lire un film de Frank Capra, on s’attend à voir Cary Grant et Audrey Hepburn arpenter une maison à la Jacques Tati. On se dit qu’on vient de lire une SF qui semble exhumée d’une couche géologique profonde tant elle est surannée.

A borrowed man, Gene Wolfe

Commentaires

arutha a dit…
Je me suis récemment aperçu que Gene Wolfe n'était pas fait pour moi ou que je n'étais pas fait pour Gene Wolfe, après une énième tentative de lecture de cet auteur. C'est peut-être aussi un peu parce que j'ai tenté l'aventure en anglais avec The fifth head of Cerberus. Mais quand même, quand même...
Gromovar a dit…
Ne t'y risque pas.