Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

14-18 Le champ d'honneur : Qu'on en finisse !

Troisième tome de la série 14-18 de Corbeyran et Le Roux.

Avec "Le champ d’honneur", on entre dans la phase d’enlisement. Après une trêve de Noël que des moments fugaces de fraternisation entre damnés du front ont rendu mémorable, les affaires militaires, hélas, reprennent. La Guerre de mouvement - celle qui devait ramener les soldats dans leurs foyers avant Noël – a pris fin sans vainqueur évident, il est maintenant clair que la guerre sera longue.

Sur un territoire français en partie envahi, les troupes belligérantes s’apprêtent à s’enterrer pour des années. Le conflit approche de ce qu’on nommera la Guerre d’usure, monstruosité cynique dont le seul objectif était de vaincre en provoquant plus de pertes chez l’ennemi qu’on n’en subissait soi-même. Le nombre absolu des morts n’était plus déterminant pour les états-majors, seul importait le différentiel entre ses propres pertes et celles de l’ennemi.

Pour les huit amis engagés dans le conflit, le début de l’année 1915 est le moment où, tout enthousiasme ou sens du devoir bus, apparaissent lassitude, frustration, énervement. Six mois qu’on n’est pas rentrés, famille et vie civile manquent cruellement, d’autant que les premiers permissionnaires partent et engendrent des suspicions, infondées, de favoritisme. Entre les huit appelés dont Corbeyran nous raconte l’histoire, les tensions montent, fruits de l’éloignement, de la peur, et de l’ennui, résultats aussi des secrets, anciens ou actuels, que met à jour la promiscuité de la vie de campement.

C’est alors qu’une mission très dangereuse est confiée à la compagnie. Armand, ami et ici surtout caporal des sept autres, découvrira à cette occasion les affres du commandement, mais aussi la folie furieuse qui saisit le corps quand le poids des responsabilités et celui de la peur sont si lourds qu’on saute, sans même le vouloir, sur le moindre exutoire, si contestable soit-il, tant est grand le besoin d’évacuer la tension pour ne pas défaillir.

Aussi convaincant que les deux précédents, cet album plonge le lecteur, au ras du sol, dans les réalités de la guerre. Il y voit la barbarie des combats, les craquements qui altèrent peu à peu le vernis de civilisation, le cynisme insensible d’une hiérarchie militaire qui considère ses hommes comme des pions sur un échiquier et parle de sacrifice comme on dit gambit. Mêlant très habilement une phase combattante, superbement mise en scène, et les petits moments de la vie au campement, mais liant aussi passé et présent ou front et arrière, Corbeyran offre encore un récit qui touche et informe. La mise en image est très belle, classique mais fine, et magnifiquement colorisée.

14-18 t3, Le champ d’honneur, Corbeyran, Le Roux

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