No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

Family Guy in space


Décidément il faut que Nancy Kress arrête d’écrire des novellas, ou que j’arrête de les lire. C’est l’un ou l’autre.

USA, avenir proche, dystopie légère aperçue en fond (dystopie ou simplement le bordel politique et social possible à moyenne échéance). Un vaisseau alien est arrivé (il est déjà là au début du récit), a envoyé une ambassade à NY (évidemment), puis annoncé une terrible nouvelle à l’humanité. Un nuage de spores cosmiques virales approche de la Terre. Nous serons tous morts dans quelques mois.
A moins que, tous ensemble, aliens et humains mettent au point un vaccin (en quelques mois !).

Bon…
Une ou deux (trois ?) idées. Une utilisation de l’ADN mitochondrial qui explique pourquoi les aliens ne le sont pas tant que ça in fine (ils viennent d’ailleurs aussi pour retrouver ceux qui leur sont apparentés). Une organisation sociale alien, (très) vaguement esquissée, basée sur le clan familial. Les effets contrastés du premier contact. Etonnamment, l’effondrement social probable qu’amènerait la quasi certitude de l’annihilation imminente n’est pas abordé.

Et deux personnages en autant de fils alternés pour porter le récit : Marianne une scientifique dont on ne comprend pas ce qu’elle vient faire dans cette galère car, c’est elle-même qui le dit et en dépit de sa découverte initiale, le travail que lui demandent les aliens aurait pu être fait par n’importe quel technicien compétent. Noah, son fils, qui, divine surprise, s’avère être directement concerné par le projet alien. Quelle chance scénaristique !

L’histoire n’est jamais prenante et ceci pour plusieurs raisons. D’abord, des personnages sans grande profondeur qui sont plus des masques de théâtre destinés, par leur relation et ce qu’elle implique, à dramatiser un tant soit peu un récit qui ne l’est guère, dramatique. Justement, une tension jamais présente, alors que l’enjeu est pourtant le plus élevé possible, en raison d’un déroulé plat qui refuse toute accélération (et, cerise sur la gâteau, finit par s’écrouler comme un soufflé). Enfin, tout ceci sent vraiment le réchauffé. Il n’y a rien dans cette histoire qui ne rappelle pas autre chose. L’ADN mitochondrial déjà vu chez Egan dans Mitochondrial Eve (incluse dans le recueil Radieux). Le vaisseau alien à New-York et les aliens bienveillants rappellent Le jour où la Terre s’arrêta. Les quelques pompeuses cérémonies aliens m’ont fait penser à certaines scènes de Star Trek. Enfin, l’effet du contact à été traité (et surtout développé) par tant de gens que je ne les citerai pas ici.

Comment ce texte, après le déjà décevant After the Fall, Before the Fall, During the Fall, a-t-il pu se retrouver nominé Nebula 2015, c’est un mystère pour moi. A moins que le Nebula se spécialise maintenant dans la SF éducative publiable dans Playboy.

Yesterday’s Kin, Nancy Kress

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